☕️ L’IA fait tourner ASML à plein régime
ASML, le fabricant néerlandais des machines de lithographie indispensables à la gravure des puces les plus avancées, tourne à plein régime grâce à l'essor de l'intelligence artificielle. Lors de la publication de ses résultats du troisième trimestre fiscal, le mercredi 14 octobre, l'entreprise a annoncé 11,7 milliards d'euros de chiffre d'affaires pour un bénéfice net de 4,96 milliards et une marge brute de 57,5 %. Les prévisions pour le quatrième trimestre sont encore plus élevées, entre 14,2 et 15,2 milliards d'euros de chiffre d'affaires, et les ventes de l'ensemble de l'exercice devraient s'établir entre 43 et 45 milliards. Son directeur général, Christophe Fouquet, a indiqué que le carnet de commandes comptait « beaucoup de commandes pour 2028 », mais aussi un vif intérêt de clients souhaitant déjà réserver pour 2029, et parfois même pour 2030. Parmi les clients figurent TSMC, NVIDIA, Samsung, SK Hynix, Micron, ainsi que SpaceXAI, dont le projet Terafab vise à doter Elon Musk de sa propre usine de semi-conducteurs.
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Résumé et traduction réalisés par Le Fil IA à partir de Next INpact. Lire l'article original →
Cette demande dépasse déjà les capacités de production du groupe. ASML avait annoncé en juillet une hausse de 30 % de ses capacités en 2027, puis de 30 % supplémentaires en 2028, mais Christophe Fouquet reconnaît étudier des moyens d'aller au-delà pour 2028. En attendant, l'entreprise veut atténuer la pénurie en améliorant les machines déjà installées et en commercialisant des versions mises à jour de ses modèles existants, capables de produire plus vite. Les clients devront aussi composer avec des hausses de prix : le directeur financier, Roger Dassen, les a prévenus qu'elles s'appliqueraient dès l'an prochain. Pour les fabricants de puces, cette rareté des équipements de lithographie constitue un goulot d'étranglement majeur, qui conditionne le rythme auquel l'industrie peut augmenter l'offre de processeurs pour l'IA et de mémoire. Elle confère à ASML un pouvoir de négociation considérable, et fait de cette société une pièce stratégique de la chaîne mondiale de l'IA, y compris pour l'Europe, alors même qu'elle ne vend aucune machine sur le continent.
Cette flambée s'inscrit dans la croissance exponentielle des projets de centres de données, pour lesquels les groupes investissent des centaines de milliards de dollars. Dopés par l'IA, les géants du cloud projettent ainsi 700 milliards de dollars d'investissements en 2026. ASML, qui détient une position unique avec ses scanners les plus avancés, dont le Twinscan EXE:5000, premier scanner lithographique High-NA de l'entreprise, profite directement de cette course à la capacité. Reste à savoir si le groupe parviendra à accélérer assez vite sa production pour suivre des clients qui planifient déjà leurs achats à l'horizon 2030, et si le niveau actuel des investissements dans l'IA se maintiendra aussi longtemps que son carnet de commandes le suppose.
ASML, fleuron industriel européen dirigé par le Français Christophe Fouquet, devient un maillon stratégique de la chaîne mondiale de l'IA, bien qu'elle ne vende aucune machine sur le continent.