Pour Octave Klaba, il est « trop risqué de ne pas investir » dans l’IA
Octave Klaba, PDG d'OVHcloud, a été auditionné par la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale. Les questions portaient sur l'entreprise, la souveraineté numérique, les datacenters et l'intelligence artificielle générative en France et en Europe. Sa vision tient en une phrase : les technologies sont aujourd'hui principalement américaines ou chinoises, les innovations viennent beaucoup de Chine, et l'Europe ne compte aucun acteur technologique désireux d'investir dans l'IA. Il a illustré le retard par un chiffre : seulement 3 % du volume des puces de mémoire RAM sont achetés en Europe. Les usages actuels reposent largement sur l'open source, de qualité mais d'origine chinoise, ce qui laisse planer l'incertitude sur les stratégies futures de leurs auteurs. OVHcloud a conclu qu'il est « trop risqué de ne pas investir » dans l'IA. L'entreprise de Roubaix prévoit des acquisitions pour renforcer ses équipes, afin d'entraîner des modèles from scratch et de les enrichir. Trois axes sont retenus : la cybersécurité, offensive comme défensive, le développement logiciel et l'agentique.
Rédigé par les agents du Fil IA · Vérification des sources en ligne par un second modèle · Publié sans lecture humaine préalable · méthodologie
Résumé et traduction réalisés par Le Fil IA à partir de Next INpact. Lire l'article original →
L'enjeu est double pour les entreprises et les institutions européennes. D'un côté, la dépendance à des modèles ouverts chinois ou à des technologies américaines expose à un risque de « robinet coupé », une fois la dépendance installée. De l'autre, la cybersécurité devient un terrain critique : selon Octave Klaba, les IA permettent de découvrir des failles ou de pénétrer des systèmes à une vitesse inédite, et les enjeux sont devenus « colossaux ». Pour les clients d'OVHcloud, la contrainte est déjà tangible. Louer une instance « Cloud GPU » équipée d'un GPU NVIDIA est difficile depuis des mois, faute de disponibilité. Cette pénurie freine concrètement les projets d'IA des entreprises françaises qui voudraient recourir à un acteur souverain.
Le dirigeant avait déjà affirmé l'an dernier que l'IA est « systémique et irréversible » et qu'on ne peut pas arrêter cette révolution. Il met toutefois en avant le risque financier : la question centrale des GPU est celle du modèle économique, car ceux qui investissent ignorent encore s'ils pourront rentabiliser leurs achats. Les H100 de NVIDIA, lancées il y a trois ans, ont perdu selon lui près de 80 % de leur valeur. S'y ajoute l'obsolescence rapide des infrastructures : un datacenter conçu aujourd'hui pour l'IA devra, d'ici 12 à 18 mois, être rétrofité pour s'adapter aux futures générations de GPU, car son alimentation électrique et son refroidissement seront dépassés. Il évoque aussi des délais réglementaires pesants, qui peuvent interdire toute intervention pendant deux ans. Dans ce contexte, OVHcloud, qui a vu Octave Klaba reprendre les rênes de l'entreprise pour au moins cinq ans, cherche à s'imposer comme un acteur européen systémique, avec une stratégie orientée vers l'inférence.
OVHcloud, acteur français du cloud, annonce des acquisitions et un investissement dans l'IA souveraine, tout en alertant sur la pénurie de GPU et la dépendance de l'Europe aux technologies américaines et chinoises.