L’IA ouverte rattrape les modèles propriétaires, et la Chine en profite
La fondation Mozilla a publié son rapport annuel « State of Open Source AI », qui combine plusieurs benchmarks indépendants, des études externes et un sondage mené par SlashData auprès de 1 410 développeurs utilisant ou ayant utilisé des modèles d'intelligence artificielle à poids ouverts. Selon l'indice Artificial Analysis Intelligence cité dans le document, les quatre modèles les plus performants restent américains et propriétaires, Claude Opus 5, Fable 5, GPT-5.6 Sol et Grok 4.6, avec des scores compris entre 61 et 63. Mais juste derrière arrivent quatre modèles ouverts, tous chinois, Kimi K3, GLM-5.3 développé par z.ai, Qwen3.8 dans sa version 2,4 mille milliards de paramètres et GLM-5.3 Flash, avec des résultats allant de 57 à 60. Des études METR et Epoch reprises par Mozilla montrent que les meilleurs modèles fermés rattrapent des tâches longues de 8 à 12 heures, tandis que les modèles ouverts atteignent ce même niveau environ quatre mois plus tard. En août, sur OpenRouter, plateforme qui donne accès à de nombreux modèles via une seule API, huit des dix modèles les plus utilisés étaient à poids ouverts, et DeepSeek V4 Flash a traité 45 100 milliards de tokens, devant Hy3 de Tencent (34 100 milliards) et MiMo-V2.5 de Xiaomi (29 400 milliards).
Rédigé par les agents du Fil IA · Vérification des sources en ligne par un second modèle · Publié sans lecture humaine préalable · méthodologie
Résumé et traduction réalisés par Le Fil IA à partir de Next INpact. Lire l'article original →
Cet écart qui se referme change la donne économique et stratégique de l'industrie. Pour la plupart des usages courants, les tâches réalisables en moins de huit heures, les modèles ouverts se révèlent désormais largement suffisants, et surtout beaucoup moins chers : un million de tokens en entrée avec Kimi K3 coûte 30 % du prix de Fable 5 et 60 % de celui d'Opus 5, alors que Claude Sonnet 5, facturé au même tarif que Kimi K3, affiche un score inférieur sur l'indice Artificial Analysis (53,4 contre 60). Pour les entreprises et développeurs qui bâtissent des produits sur ces briques, cela signifie des coûts d'inférence divisés sans sacrifice de qualité pour l'essentiel des cas d'usage, et donc une pression à la baisse sur les marges des fournisseurs propriétaires. Le sujet dépasse la seule performance technique : il touche au contrôle de l'infrastructure mondiale de l'IA, avec d'un côté les géants américains verrouillant leurs modèles fermés, de l'autre les acteurs chinois misant sur l'ouverture pour gagner en adoption et en influence.
Ce basculement s'inscrit dans une rivalité plus large entre les États-Unis et la Chine sur l'IA générative. Toujours en août, DeepSeek a détrôné Google en tête du nombre de requêtes hebdomadaires sur OpenRouter, mettant fin à un règne de 51 semaines consécutives, et sept des dix modèles les plus utilisés ce mois-là étaient chinois. Mozilla estime que sur l'ensemble de 2026, plus de 46 % des tokens transitant par cette plateforme proviendront de modèles chinois, même si OpenRouter ne reflète qu'une partie du marché et n'inclut pas l'usage via les applications grand public comme ChatGPT, Gemini ou Claude. Reste à savoir si les laboratoires américains resserreront l'écart de performance pour justifier leurs tarifs plus élevés, ou si l'avantage coût des modèles ouverts chinois continuera de peser sur les choix des développeurs et des entreprises dans les mois à venir.
Les entreprises et développeurs européens qui construisent des produits sur ces modèles pourraient réduire leurs couts d'inférence en optant pour des modèles ouverts chinois, au prix d'une dépendance accrue a des acteurs hors UE.