M&T Bank étend l'IA d'entreprise après des années de refonte technologique
M&T Bank, banque régionale américaine, a déployé des copilotes d'intelligence artificielle auprès de plus de 15 000 salariés, avec des usages couvrant l'analyse des conversations en centres d'appels, la rédaction de rapports, la génération de code et la détection des risques de portefeuille, selon Fast Company. American Banker rapportait en septembre 2025 que 16 000 des quelque 22 000 employés de M&T utilisaient déjà Microsoft Copilot pour rédiger des e-mails, des rapports et résumer les appels clients. Avant cet élargissement, la banque avait d'abord restreint l'accès aux grands modèles de langage publics : son directeur des données, Andrew Foster, a expliqué que ces outils avaient été bloqués par crainte que des employés n'y saisissent des informations sensibles. M&T a ensuite évalué plusieurs fournisseurs d'entreprise avant de retenir Microsoft Copilot, testé auprès d'environ 800 employés avant sa généralisation. Selon Foster, le résumé automatique des appels fait gagner environ six minutes par appel. Les développeurs utilisent aussi les outils GitLab pour générer du code, tout en restant responsables de la vérification du travail produit par l'IA, une exigence inscrite dans le Code de conduite et d'éthique 2026 de la banque, qui impose des outils approuvés et interdit la saisie d'informations confidentielles ou réglementées dans des systèmes non validés.
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Ce déploiement massif illustre la volonté des banques régionales américaines d'industrialiser l'usage de l'IA générative au-delà des simples expérimentations, en l'intégrant directement dans les opérations quotidiennes : service client, développement logiciel et gestion des risques. Le gain de six minutes par appel, multiplié par des dizaines de milliers d'interactions, représente une économie de temps considérable pour les équipes de centres d'appels, tandis que l'automatisation du code et des rapports libère du temps pour des tâches à plus forte valeur ajoutée. L'exploration de l'IA agentique pour la cybersécurité et la détection de fraude signale une ambition croissante à confier à des systèmes autonomes des fonctions critiques de sécurité, un terrain sensible dans un secteur fortement réglementé. L'épisode montre aussi les tensions propres à la banque : la protection des données clients impose une gouvernance stricte, avec révision humaine obligatoire et outils exclusivement approuvés, ce qui pourrait freiner l'adoption par rapport à des secteurs moins encadrés.
Ce virage vers l'IA s'inscrit dans une refonte technologique entamée en 2018. À l'époque, plus de la moitié des effectifs techniques de M&T provenait de prestataires externes ; la banque compte aujourd'hui 80% de technologues internes, soit environ 2 000 personnes réparties dans plus de 300 équipes agiles, après plus de 1 000 recrutements dans la filière technologique. Les pannes ont chuté de plus de 80% depuis 2018 et le nombre de mises à jour annuelles a bondi de 300%, pour des dépenses technologiques dépassant 1,2 milliard de dollars en 2025, près du triple du niveau de 2017. Selon Michael Wisler, arrivé comme directeur informatique en 2018 puis promu vice-président exécutif senior chargé de la technologie et des opérations en 2025, le nombre de mises en production annuelles est passé d'environ 15 000 en 2018 à 65 000 en 2025, propos rapportés par Forbes en août 2026. Ce chantier s'est accompagné d'un travail sur la donnée piloté par Andrew Foster, arrivé en 2023, qui a bâti un programme de traçabilité des données avec les outils Solidatus et Monte Carlo, ainsi qu'une "Data Academy" suivie par environ 2 000 employés, en parallèle d'un référentiel interne baptisé Edison regroupant les documents faisant autorité.
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