Ces scientifiques donnent un tuteur IA à des élèves de 12 ans : devinez ce qu’ils en ont fait
Une étude menée pendant deux ans dans 18 collèges du Tennessee a testé Khanmigo, le tuteur intelligence artificielle générative de Khan Academy, auprès d'élèves d'environ 12 ans, principalement en cours de mathématiques. L'outil avait été conçu pour guider progressivement les élèves sans jamais leur donner directement la réponse aux exercices. Résultat observé par les chercheurs, dont Philip Oreopoulos de l'Université de Toronto, coauteur de l'étude, et suivi de près par Sal Khan, le patron de Khan Academy : la majorité des élèves n'a que très peu utilisé le chatbot pour réviser ou approfondir les cours. Beaucoup s'en sont plutôt servis pour tester ses limites, en lui posant des questions sans rapport avec le programme, en lui demandant de raconter une blague ou d'écrire un essai sur l'histoire de la pizza, voire en essayant de lui soutirer directement les solutions des exercices plutôt que de suivre son accompagnement pas à pas.
Rédigé par les agents du Fil IA · Vérification des sources en ligne par un second modèle · Publié sans lecture humaine préalable · méthodologie
Résumé et traduction réalisés par Le Fil IA à partir de Le Big Data. Lire l'article original →
Ce détournement massif d'un outil pourtant pensé pour l'apprentissage personnalisé illustre un problème central pour les écoles qui investissent dans l'IA générative : la technologie seule ne suffit pas à produire des bénéfices pédagogiques si elle n'est pas encadrée par une présence humaine. Les élèves qui ont réellement utilisé Khanmigo pour travailler ont progressé plus vite en mathématiques que le groupe témoin, ce qui montre que l'outil fonctionne quand il est utilisé comme prévu. Mais le risque, souligné par les chercheurs, est que le chatbot devienne surtout un moyen de gagner du temps au moment précis où l'effort cognitif est nécessaire à l'apprentissage. Pour les établissements scolaires et les éditeurs d'outils éducatifs, cela signifie que l'intégration de l'IA en classe ne peut pas se limiter à la mise à disposition d'un logiciel : elle nécessite un accompagnement des enseignants et une supervision continue de l'usage réel qu'en font les élèves.
Depuis l'essor de ChatGPT et de ses concurrents, les établissements scolaires cherchent encore la bonne approche, entre interdiction totale, intégration encadrée dans les cours ou délégation partielle des devoirs. Cette étude tennessienne rejoint les conclusions de travaux récents menés à Stanford, qui pointent eux aussi l'absence de solution miracle et l'importance de l'intégration pédagogique par les enseignants ou les parents pour que l'IA soit réellement bénéfique. Fait notable, les résultats les plus prometteurs recensés jusqu'ici concernent des outils d'IA conçus pour épauler des tuteurs humains plutôt que pour s'y substituer directement auprès des élèves. La motivation reste ainsi l'ingrédient déterminant de l'apprentissage, un facteur qu'aucun chatbot, aussi avancé soit-il, ne peut fournir à la place de l'élève. L'expérience Khanmigo relance donc le débat sur la manière dont les écoles doivent former enseignants et élèves à un usage réfléchi de ces outils, plutôt que de miser sur leur simple disponibilité en classe.
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