Les chatbots IA orientent souvent les utilisatrices enceintes vers des sites anti-avortement sans le signaler
Une enquête publiée par l'organisation allemande AlgorithmWatch révèle que les chatbots d'intelligence artificielle orientent régulièrement les utilisatrices confrontées à une grossesse non désirée vers des sites opposés à l'avortement, sans jamais signaler leur positionnement idéologique. En analysant 270 réponses générées par ChatGPT, Gemini, Grok et Claude à des questions sur ce sujet, les chercheurs ont constaté que l'organisation anti-avortement Profemina apparaissait dans 17 % des réponses fournies. En Allemagne, les chatbots ont également renvoyé des utilisatrices vers Caritas pour la consultation préalable obligatoire à toute interruption de grossesse, alors que cette association catholique ne délivre pas le certificat légalement requis à l'issue de cet entretien, rendant la démarche inutile pour les personnes qui en ont besoin.
Résumé et traduction réalisés par Le Fil IA à partir de The Decoder. Lire l'article original →
Ce constat pose un problème concret pour les femmes qui se tournent vers ces outils dans un moment de vulnérabilité, cherchant une information neutre et fiable plutôt qu'un discours militant non identifié comme tel. En orientant discrètement les utilisatrices vers des structures idéologiquement marquées, sans transparence sur leurs objectifs, les chatbots risquent de retarder ou de compliquer l'accès à des soins de santé reproductive légaux, avec des conséquences potentiellement lourdes selon les délais légaux applicables à l'avortement.
Cette affaire s'inscrit dans un débat plus large sur les biais invisibles des systèmes d'IA générative, entraînés sur des corpus de données dont l'origine et les orientations restent souvent opaques pour le grand public. Elle relance les appels à une plus grande transparence de la part des entreprises comme OpenAI, Google, xAI et Anthropic sur les sources d'information privilégiées par leurs modèles, particulièrement sur des sujets sensibles touchant à la santé et aux droits reproductifs.
L'enquete concerne directement l'Allemagne, ou le dispositif legal de conseil prealable a l'IVG est detourne par les recommandations biaisees des chatbots, relancant le debat europeen sur la transparence des IA.