Les robots vivent leur ère GPT-2
Lors de la conférence sur la robotique Actuate, qui a réuni cette semaine à San Francisco environ 1200 fondateurs, développeurs et ingénieurs, plusieurs démonstrations ont montré les progrès encore modestes de la robotique dotée d'intelligence artificielle. Chelsea Finn, professeure d'informatique et de génie électrique à Stanford et cofondatrice de la startup Physical Intelligence, y a projeté une vidéo d'un bras robotique préparant seul un latte, un geste lent mais applaudi par la salle, même si un humain devait encore faire mousser le lait. Elle a comparé ce stade de la robotique à celui des grands modèles de langage juste après la sortie de GPT-2 par OpenAI en 2019. Le dernier modèle de Physical Intelligence exécute déjà, sans réentraînement spécifique, des tâches limitées comme plier du linge ou des boîtes en carton grâce à deux bras munis de pinces.
Résumé et traduction réalisés par Le Fil IA à partir de The Information AI. Lire l'article original →
Cette comparaison est significative: elle suggère que la robotique généraliste pourrait bientôt connaître son propre "moment ChatGPT", où les machines deviendraient largement utiles et fiables au quotidien comme dans l'industrie. Pour l'instant, les robots restent maladroits face à des tâches simples comme démêler des câbles ou couper des légumes, ce qui explique pourquoi l'industrie, pourtant gonflée de capitaux de risque, célèbre la moindre avancée. Réussir cette transition pourrait transformer des secteurs entiers, de la logistique à la restauration en passant par les services, avec des conséquences directes sur l'organisation du travail et l'emploi.
Le contraste que souligne Chelsea Finn est révélateur: des robots baristas fonctionnent déjà, par exemple à l'aéroport de San Francisco, mais ils reposent sur du code logiciel classique conçu pour une tâche précise, et non sur un modèle d'IA unique entraîné pour accomplir plusieurs missions différentes, comme celui de Physical Intelligence. C'est justement cette bascule vers des modèles généralistes, capables de s'adapter à de nouvelles tâches sans réentraînement complet, que chercheurs et investisseurs considèrent comme l'étape décisive à venir. Selon Finn, la robotique fondée sur l'IA en est donc au stade des balbutiements des grands modèles de langage, avec l'espoir que la trajectoire fulgurante des LLM depuis 2019 se reproduise dans le monde physique.
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