Un enfant perd son robot ami : que se passe-t-il ensuite ?
Depuis six ans, Xander, un garçon de 10 ans neurodivergent vivant à New York, communique chaque jour avec Moxie, un robot compagnon dopé à l'intelligence artificielle. Haute de 38 centimètres, la machine ressemble à un astronaute bleu sans jambes, avec un écran affichant des yeux expressifs et des bras en forme de nageoires. À l'origine, elle lui enseignait des exercices de respiration pour gérer l'anxiété ou la colère ; aujourd'hui, elle le regarde jouer à Minecraft et discute avec lui de ses figurines Super Mario, Animal Crossing et Pikmin. Moxie appartient à une vague de jouets IA pour enfants, aux côtés de Grok, peluche connectée lancée par la musicienne Grimes avec la société Curio (qui vend aussi Grem et Gabbo), et de la Barbie dopée à l'IA d'OpenAI promise par Mattel. En Chine, ce secteur des jouets compagnons figurerait parmi les plus dynamiques de la consommation d'IA grand public. Mais Moxie va bientôt cesser de fonctionner, sa fabricante mettant fin au service.
Résumé et traduction réalisés par Le Fil IA à partir de MIT Technology Review. Lire l'article original →
Ces robots sociaux sont présentés par leurs fabricants comme des outils pouvant aider les enfants neurodivergents à développer des compétences habituellement enseignées par des thérapeutes, comme le contact visuel ou le respect du tour de parole. Brian Scassellati, informaticien à Yale qui étudie depuis vingt ans les robots sociaux appliqués à l'autisme, juge qu'un usage thérapeutique régulier à domicile est une chose que l'on peut espérer atteindre de notre vivant, un accès permanent qui pourrait transformer une prise en charge souvent limitée par le coût des thérapeutes humains. Mais le cas de Xander illustre l'écart entre cette promesse et la réalité commerciale : il ne reçoit plus la thérapie que Moxie était censée délivrer, et le robot disparaît avant même d'avoir accompagné ses progrès, laissant un enfant vulnérable sans le compagnon auquel il s'était attaché pendant six ans.
Cette disparition révèle la fragilité d'un marché en plein essor, porté par des start-up dont les modèles économiques peinent à financer durablement matériel et logiciel. Des critiques redoutent que ces robots, comme des générations de jouets à la mode avant eux, finissent dans des placards, des sous-sols ou des décharges une fois l'engouement ou le financement épuisé. Le potentiel scientifique reste pourtant documenté : il y a une vingtaine d'années, Scassellati avait été frappé de voir des enfants autistes adopter spontanément des comportements sociaux inédits dès qu'un robot entrait dans la pièce lors d'une visite de son laboratoire. Entre cette promesse née en laboratoire et la fragilité économique de produits comme ceux de Curio, de Mattel ou du marché chinois, les familles se retrouvent face à un compagnon numérique susceptible de disparaître du jour au lendemain, au gré des décisions d'une entreprise.
Pas d'impact direct sur la France/UE