OpenAI sort sa fonction « recall » s’appuyant sur l’historique du clavier, des clics, etc.
OpenAI a annoncé le 13 août 2026, via un message publié sur le compte X de l'entreprise, le lancement d'une nouvelle fonctionnalité baptisée « Computer History » au sein de l'application de bureau ChatGPT. Disponible uniquement sur macOS, elle permet à ChatGPT de mémoriser l'activité de l'utilisateur sur les applications et sites web qu'il a lui-même autorisés, en enregistrant les clics, la saisie au clavier, les raccourcis utilisés, les changements d'application ainsi que le contexte fourni par le système d'accessibilité de macOS. Cette fonction est réservée aux abonnés ChatGPT Pro, Business et Enterprise, désactivée par défaut, et n'est pas encore proposée aux utilisateurs situés dans l'Espace économique européen, en Suisse ou au Royaume-Uni. Elle remplace « Chronicle Research Preview », une fonctionnalité lancée en avril par OpenAI pour Codex et reposant sur des captures d'écran, désormais abandonnée au profit de ce nouveau système entièrement repensé, sans captures d'images.
Résumé et traduction réalisés par Le Fil IA à partir de Next INpact. Lire l'article original →
Cette annonce marque un tournant potentiellement sensible pour l'industrie de l'IA, puisque OpenAI s'aventure sur un terrain déjà miné par la controverse : celui de la surveillance continue de l'activité informatique par une intelligence artificielle. En s'appuyant sur un flux d'événements plutôt que sur des captures d'écran, l'entreprise de Sam Altman cherche explicitement à limiter les critiques liées à la vie privée qui avaient visé Microsoft. Concrètement, cette mémoire persistante doit permettre à ChatGPT et à Codex de répondre à des questions en langage naturel sur les travaux récents de l'utilisateur, de reprendre une tâche interrompue, d'identifier des tendances dans les habitudes de travail et de transformer des processus répétitifs en automatisations. Pour les professionnels utilisant massivement leur ordinateur, cela représente un gain de contexte potentiellement précieux, mais aussi un nouveau vecteur d'exposition de données sensibles, professionnelles ou personnelles.
Cette initiative s'inscrit dans le sillage de Windows Recall, dévoilé par Microsoft en 2024 puis critiqué pour ses failles de sécurité et ses implications sur la confidentialité, au point d'être relancé en avril 2026 avec une architecture de sécurité revue et une activation non plus automatique mais optionnelle. OpenAI semble avoir tiré les leçons de cet épisode en optant d'emblée pour une désactivation par défaut et un déploiement progressif limité à macOS, hors zones à réglementation stricte comme l'Union européenne. Reste à savoir si l'entreprise étendra cette fonctionnalité à Windows et à l'Europe, et si son architecture technique, fondée sur les API d'accessibilité plutôt que sur l'image, suffira à apaiser les inquiétudes des utilisateurs face à ce qui reste, dans les faits, une forme de journalisation détaillée de leur activité numérique.
La fonctionnalité n'est pas déployée en France, dans l'UE, en Suisse ni au Royaume-Uni, ce qui illustre l'effet du cadre réglementaire européen sur le rythme de déploiement d'outils sensibles pour la vie privée.