
Mixture-of-Kittens (MoK) : Cursor publie en open source un mégakernel d'entraînement MoE déterministe pour racks GB300 NVL72
Cursor Research a mis en open source Mixture-of-Kittens (MoK), le megakernel d'entraînement pour architectures mixture-of-experts (MoE) qui alimente ses modèles Composer. L'outil fusionne toutes les étapes de communication et de calcul MoE en un seul kernel déterministe. Selon l'équipe Cursor, il atteint jusqu'à 2,37 fois le débit du meilleur baseline public disponible, et il fait déjà tourner l'entraînement de Composer sur des dizaines de milliers de GPU. MoK est publié sous licence Apache-2.0 sur GitHub, mais son accès matériel reste très restrictif : il exige des GPU NVIDIA Blackwell SM100 ou SM103, donc des racks GB200 NVL72 ou GB300 NVL72, ainsi que Python 3.12 ou plus récent, PyTorch 2.10 ou plus récent et CUDA toolkit 13.0 ou plus récent, avec des tampons inter-GPU reposant sur la mémoire symétrique de PyTorch. Les benchmarks de couche ont été menés sur un seul rack NVL72 avec un degré de parallélisme d'experts de 64, chaque GPU traitant 2 048 tokens avant routage, face à quatre baselines (NCCL+PyTorch, DeepEP+PyTorch, DeepEP+TransformerEngine, HybridEP+Megatron) sur des architectures telles que Kimi K2.7 Code, GLM-5.2, Qwen3.5-397B-A17B et DeepSeek-V4-Pro.
Cette barrière matérielle élevée signifie que seuls les laboratoires de pointe, les startups de modèles bien financées, les néoclouds GPU et les centres de calcul nationaux peuvent réellement déployer MoK ; les équipes travaillant sur un seul nœud ou huit GPU en sont exclues. Pour ceux qui possèdent la capacité NVL72, l'intérêt est concret : le préentraînement et le post-entraînement de modèles MoE de type DeepSeek-V3, mais aussi le renforcement par apprentissage on-policy et les ablations internes, domaines où le déterminisme du kernel devient un avantage direct pour la reproductibilité des résultats. Les secteurs concernés vont du développement de modèles d'IA à l'infrastructure cloud GPU, en passant par les outils de génération de code et la recherche quantitative.
Ce projet prolonge des travaux antérieurs de Cursor sur la partie calcul, avec ses propres kernels d'entraînement MXFP8 et NVFP4 et un chemin d'inférence MoE dit "warp décodé", qui traitaient la communication inter-GPU séparément. En production, cette communication est devenue le vrai goulot d'étranglement, la couche MoE pouvant consommer plus de la moitié du temps total d'entraînement. Le passage aux racks GB300 NVL72, qui regroupent 72 GPU dans un même domaine NVLink mais s'appuient sur des CPU Grace relativement lents, a imposé de minimiser drastiquement les synchronisations CPU-GPU. MoK répond à ce défi par trois choix de conception : une direction de communication adaptée à chaque opération (dispatch en pull, combine en push, la signalisation en pull mesurant 18 microsecondes contre 103 pour le push), une granularité de chevauchement calibrée entre les approches Comet et DeepEP, et un tampon circulaire de tokens de quelques centaines de mégaoctets qui élimine le CPU de la boucle critique.
Dans nos dossiers
Vu une erreur factuelle dans cet article ? Signalez-la. Toutes les corrections valides sont publiées sur /corrections.




