
L'agent de ChatGPT Work décrypté : le pari d'un milliard d'utilisateurs

Le 9 juillet dernier, OpenAI a lancé ChatGPT Work, son agent dédié au travail de connaissance, accompagné de trois nouveaux modèles déclinés en quatorze configurations et d'une fusion des applications de bureau ChatGPT et Codex. Trois semaines après son lancement, Work, associé à Codex, aurait dépassé les 10 millions d'utilisateurs. Ce chiffre s'inscrit dans une progression plus large de ChatGPT, qui aurait franchi le milliard d'utilisateurs mensuels actifs en juin et le milliard d'utilisateurs hebdomadaires ce mois-ci. Pour l'instant, Chat et Work coexistent comme deux modes distincts au sein de ChatGPT, mais le président d'OpenAI, Greg Brockman, a confirmé que les deux seraient fusionnés d'ici la fin de l'année. Work fonctionne sur le même moteur que Codex, avec les mêmes modèles, sous-agents et capacités de navigation web, mais son interface a été volontairement dépouillée des éléments techniques, comme les contrôles git ou les traces de différences de code, qui trahiraient son origine de programmation.
Concrètement, Work se connecte aux outils que les professionnels utilisent déjà au quotidien, Slack, la messagerie, Drive, les calendriers, les CRM et des centaines d'autres plugins, pour rassembler du contexte et produire un travail fini. Chaque session s'exécute dans un ordinateur virtuel isolé et puissant : les comptes Pro disposent de 8 processeurs, 20 Go de RAM et 64 Go de stockage, contre 14 Go de RAM pour les comptes Plus, avec un service Chrome géré que l'agent pilote via des appels d'outils. L'agent peut produire des feuilles de calcul, des documents et des présentations dans des visionneuses interactives, ainsi que des sites web hébergés et partageables par simple lien. Cette architecture représente un changement d'échelle important : elle ouvre potentiellement à un milliard d'utilisateurs hebdomadaires un accès à un agent capable de travailler seul pendant des heures sur des tâches complexes, bien au-delà du simple échange conversationnel.
Cette évolution s'inscrit dans une trajectoire entamée par OpenAI dès 2023 avec les Plugins, poursuivie lors de la Devday 2024 puis avec le lancement de Codex en 2025. Sur ordinateur, Work propose deux modes : un mode cloud, où les tâches tournent sur le même serveur distant que les versions web et mobile et se synchronisent entre elles, et un mode local, où l'agent agit directement sur la machine de l'utilisateur avec un contrôle complet de l'ordinateur, sans possibilité pour l'instant de transférer une tâche locale vers le cloud. Ce mode local s'apparente en réalité à Codex, débarrassé de ses indices visuels de développeur. La superposition de ces briques, héritées de Codex, de ChatGPT agent, d'Atlas et d'autres projets internes, rend l'offre actuelle complexe à saisir, mais elle préfigure la manière dont OpenAI entend faire travailler l'ensemble de sa base d'utilisateurs dans les mois à venir.
Vu une erreur factuelle dans cet article ? Signalez-la. Toutes les corrections valides sont publiées sur /corrections.




