OpenAI promeut son prochain modèle Astra avec la résolution de 10 problèmes de maths
OpenAI a dévoilé début août le nom de code utilisé en interne pour son prochain modèle phare, Astra, pas encore disponible au public, en affirmant qu'il a permis de résoudre dix problèmes de mathématiques. L'entreprise de Sam Altman présente ces résultats dans un billet de blog accompagné d'un PDF détaillant chaque démonstration, mais publié uniquement sur ses propres serveurs plutôt que sur une plateforme de preprint comme arXiv, où les chercheurs partagent habituellement leurs travaux. OpenAI ne mentionne le nom d'aucun mathématicien ayant supervisé ces recherches. L'entreprise précise que le coût total en jetons nécessaires pour retrouver les solutions reviendrait à environ 2 000 dollars aux tarifs de l'API Sol, une somme qui ne prend en compte que la reproduction finale des démonstrations, sans les nombreux essais-erreurs qu'il a fallu réaliser au préalable pour affiner les prompts.
Cette annonce ravive un débat déjà vif sur la place de l'IA générative en mathématiques et sur l'attribution des découvertes. Une partie de la communauté mathématique a signé la Leiden Declaration on Artificial Intelligence and Mathematics, qui liste cinq menaces : la multiplication d'arguments plausibles mais peu fiables voire faux, l'absence de citations correctes ou la violation de droits d'auteur, la mise en avant de résultats seulement quand l'IA a été utilisée, la diffusion de résultats sans véritables publications, et la perte d'autonomie de la discipline face aux entreprises qui développent ces IA. Le mathématicien David Madore résumait dès juin sur son blog que les entreprises d'IA utilisent les mathématiques comme un benchmark en apparence objectif pour démontrer leur supériorité, notamment dans le contexte de l'introduction en bourse d'OpenAI, l'objectif réel n'étant pas de faire avancer la science mais de vendre leurs produits.
Dans son billet, OpenAI tente de ménager cette communauté en reconnaissant que l'émergence de systèmes capables de contribuer à la recherche mathématique soulève des questions qu'une entreprise technologique ne peut trancher seule, tout en renvoyant la balle aux mathématiciens sur la question de l'attribution : selon elle, créditer un humain pour une démonstration entièrement générée par une IA donnerait une image faussée aussi bien de la contribution du système que du véritable travail intellectuel humain. La question de la paternité des résultats se pose avec d'autant plus d'acuité que l'IA accélère la mise en ligne des démonstrations : Scientific American rapportait récemment que deux équipes avaient publié, à moins de quatre heures d'intervalle sur arXiv, des articles résolvant le même problème de cryptographie quantique.
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