Google Earth : l'outil de deepfakes par IA n'a duré qu'un jour
Pompeii réimaginée grâce à Nano Banana 2 dans Google Earth: Google a lancé jeudi un outil permettant aux utilisateurs de modifier les images satellite de Google Earth via des prompts textuels, avant de le retirer dès le lendemain, vendredi. La fonctionnalité s'appuyait sur le modèle de génération d'images Nano Banana 2 et permettait de transformer des lieux réels par simple description écrite. Le journaliste Henk van Ess, du site Digital Digging, a testé l'outil en générant délibérément des images trompeuses, notamment des réfugiés près de la frontière mexicaine et un cratère de bombe à proximité d'un hôpital à Gaza. Interrogé jeudi, Google avait d'abord répondu que les images créées via Nano Banana 2 comportaient un filigrane numérique et que l'entreprise empêchait la "création d'images sur des sujets sensibles". Vingt-quatre heures plus tard, la position de Google avait changé et l'outil était suspendu.
Cet épisode illustre la difficulté des grandes entreprises technologiques à anticiper les usages détournés de leurs outils d'IA générative, même lorsque des garde-fous sont annoncés en amont. En permettant de créer de faux contenus visuels superposés à des images satellite réelles et reconnaissables, Google Earth offrait un vecteur de désinformation particulièrement crédible: des lieux authentiques, modifiés pour montrer des événements qui ne s'y sont jamais produits. Le filigrane numérique, présenté comme une garantie de transparence, n'empêchait ni la création ni la diffusion de ces images trompeuses, notamment sur des sujets géopolitiquement sensibles comme l'immigration ou les conflits armés.
Cette affaire s'inscrit dans un débat plus large sur la responsabilité des entreprises d'IA face aux deepfakes, alors que des outils de génération d'images de plus en plus réalistes se multiplient chez Google, OpenAI ou Meta. Le retrait rapide de la fonctionnalité, moins de 24 heures après son lancement, suggère que Google a sous-estimé les risques de désinformation avant la mise en ligne, malgré ses propres garde-fous annoncés. Reste à savoir si l'entreprise réintroduira l'outil avec des restrictions renforcées ou l'abandonnera définitivement, dans un contexte où la pression réglementaire sur l'IA générative continue de s'intensifier en Europe comme aux États-Unis.
Aucun impact direct sur une entreprise ou loi française, mais l'épisode alimente le débat réglementaire européen sur les deepfakes et l'encadrement de l'IA générative dans le cadre de l'AI Act.
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