Les agents IA en entreprise ne communiquent pas entre eux, gèrent mal les permissions et échappent aux audits : 5 startups s'y attaquent
Les agents IA d'entreprise savent exécuter des tâches, mais l'infrastructure permettant de les faire communiquer entre eux, de garantir qu'on peut leur faire confiance et de les auditer en cas de problème reste à construire. Lors de VB Transform 2026, cinq startups ont présenté leurs solutions à ces lacunes, couvrant l'orchestration, l'observabilité, la connectivité et la sécurité. BAND, dirigée par son CTO et cofondateur Vlad Luzin, construit une couche de coordination pour les systèmes multi-agents : dans un futur proche, les agents recevront des tâches, consulteront des registres, recruteront d'autres agents pour les aider, délégueront des sous-tâches dans un « espace conversationnel », puis renverront un résumé à l'utilisateur humain. Selon Luzin, des outils comme Telegram, Slack ou Discord ne résolvent pas le problème car ils ont été conçus pour des humains : les agents doivent y être intégrés manuellement selon de multiples étapes et restent aveugles les uns aux autres, dans une forme d'isolement numérique. BAND traite ce défi comme un problème de systèmes distribués, en déplaçant la couche de transport vers un niveau d'abstraction où les agents communiquent en temps réel à travers canaux et plateformes, compatible avec les protocoles A2A et MCP, et capable de faire tourner des workflows autonomes pendant huit à vingt heures.
Conifers, elle, s'attaque à la cybersécurité. Son PDG et cofondateur Tom Findling constate que les défenseurs opèrent encore à vitesse humaine alors que les attaquants, eux, agissent désormais à vitesse machine : des campagnes malveillantes qui prenaient auparavant des semaines se bouclent maintenant en quelques heures, voire minutes, alors qu'il suffit d'une seule réussite pour compromettre une entreprise. Conifers a rendu agentiques les différentes briques de la défense cyber (renseignement privé, chasse aux menaces, détection, ingénierie, investigation, réponse) et a supprimé les silos entre elles pour que défense opérationnelle et défense active restent connectées et adaptatives en permanence. Résultat annoncé : le temps de confinement d'un incident est passé de 7 heures à 12 minutes, et les investigations cyber complexes se bouclent désormais en quatre minutes ou moins, à condition de s'interfacer avec les outils de sécurité déjà en place chez le client (EDR, SIEM, gestion de posture).
Ces initiatives traduisent un enjeu plus large : à mesure que les agents IA se multiplient en entreprise, le paysage des menaces évolue plus vite que les méthodes de détection, et le renseignement sur les menaces reste sous-exploité faute d'être opérationnalisé. Une troisième startup, Raindrop AI, dirigée par son CTO Ben Hylak, se concentre sur un autre maillon critique : la création de journaux d'audit pour les agents, afin de repérer les dysfonctionnements dans des systèmes de plus en plus autonomes, un problème que Hylak considère comme l'un des plus déterminants de cette nouvelle ère de l'IA en entreprise.
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