Visa a utilisé Mythos pour traquer les bugs dans son propre réseau de paiement, puis a publié l'outil en open source
Visa a testé l'infrastructure qui fait tourner ses transactions dans le cadre du Projet Glasswing d'Anthropic, en soumettant son réseau de paiement à Claude Mythos. Ce réseau couvre plus de 200 pays et territoires, traite environ 160 devises et relie près de 5 milliards d'identifiants de paiement à plus de 175 millions de points de vente. Rajat Taneja, président technologie de Visa depuis 2019 (entré chez Visa en 2013 après avoir été CTO d'Electronic Arts, à la suite de 15 ans chez Microsoft), a détaillé l'expérience lors de VB Transform 2026. Avec Subra Kumaraswamy, responsable de la sécurité de l'information chez Visa, il a co-signé le 10 juin un billet annonçant la mise en open source, sur GitHub, du Visa Vulnerability Agentic Harness, ainsi qu'un livre blanc technique présentant douze pratiques architecturales jugées non négociables pour les infrastructures critiques. Selon Anthropic, les participants au Projet Glasswing ont identifié collectivement plus de 10 000 vulnérabilités à sévérité élevée ou critique dès le premier mois de tests sur des logiciels soutenant des systèmes critiques dans plusieurs secteurs.
Chez Visa, Mythos a mené une analyse contextuelle à l'échelle du système, capable de relier des failles mineures dispersées dans la pile logicielle pour construire des chaînes d'exploitation complètes, un travail que les tests d'intrusion classiques ne révèlent en général que tardivement. Certaines de ces failles présentaient une sévérité critique, mais l'architecture zero trust, la segmentation réseau et les défenses en profondeur de Visa ont empêché qu'elles soient exploitables de l'extérieur. Pour Taneja, la vraie leçon dépasse cette confirmation rassurante : dans un monde d'attaques agentiques, la défense doit elle aussi devenir agentique. Les outils d'analyse statique traditionnels restent utiles pour repérer des schémas de vulnérabilités connus, mais ils ne peuvent pas suivre un raisonnement adverse qui exploite la logique métier, les flux de données et les combinaisons de failles invisibles à la simple détection de signatures.
Plutôt qu'un nouveau scanner, Visa a construit un harnais, aujourd'hui à sa cinquième génération, un pipeline gouverné qui encadre des modèles d'IA de pointe dans des tâches de sécurité structurées, avec des contrôles déterministes, des points de contrôle de politique et une supervision humaine à chaque étape, organisé en quatre phases. Cette démarche s'inscrit dans un mouvement plus large où Anthropic elle-même estime que le goulot d'étranglement de la cybersécurité ne se situe plus dans la découverte des failles, mais dans leur vérification, leur divulgation et la rapidité des correctifs, un constat qui pousse des acteurs critiques comme Visa à repenser leurs méthodes de défense à l'ère de l'IA agentique.
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