Convaincue par Claude Mythos ? L’administration Trump s’en sert pour traquer les failles
L'administration Trump utilise désormais Claude Mythos, le modèle d'intelligence artificielle développé par Anthropic, pour renforcer la sécurité de ses logiciels gouvernementaux. Selon des informations rapportées par Reuters, la Cybersecurity and Infrastructure Security Agency (CISA) s'appuie sur cet outil pour passer au crible les dépôts de code utilisés par différentes administrations fédérales américaines. Une équipe spécialisée dans l'évaluation des surfaces d'attaque analyse ainsi automatiquement les logiciels afin de détecter d'éventuelles vulnérabilités. Les premiers résultats seraient déjà encourageants, Claude Mythos ayant permis d'identifier un grand nombre de failles nécessitant désormais des correctifs. La NSA avait pour sa part testé le modèle en amont pour analyser ses propres infrastructures informatiques, tandis que la CISA aurait obtenu un accès avant même la mise en place définitive des nouvelles règles d'utilisation encadrant ces technologies.
Cette utilisation illustre l'intérêt croissant des administrations pour l'automatisation de tâches techniques complexes, en particulier dans le domaine de la cybersécurité. L'audit de code représente traditionnellement des centaines d'heures de travail manuel pour des experts humains ; une IA spécialisée permet d'accélérer considérablement cette phase de détection, sans pour autant remplacer l'analyse humaine, qui garde le dernier mot sur la validation des failles identifiées. L'enjeu est de taille : repérer les vulnérabilités avant qu'elles ne soient exploitées par des cybercriminels ou des services de renseignement étrangers. Pour les agences fédérales, confrontées à une pression constante sur leurs systèmes numériques, ce type d'outil représente un gain de rapidité et d'efficacité potentiellement décisif dans la protection des infrastructures critiques du pays.
Cette adoption intervient toutefois dans un contexte marqué par des tensions récentes entre Anthropic et Washington. En juin dernier, l'administration avait temporairement restreint l'utilisation de plusieurs modèles Claude, dont Mythos, après la découverte d'une méthode permettant de contourner certaines de leurs protections internes. Anthropic avait alors suspendu l'accès mondial à plusieurs versions de son IA, le temps de renforcer ses mécanismes de sécurité, avant que les restrictions américaines ne soient finalement levées quelques semaines plus tard. Certaines agences fédérales avaient malgré tout continué à utiliser Claude Mythos dans des environnements contrôlés durant cette période. Ce contraste illustre bien la stratégie actuelle des autorités américaines, qui cherchent à encadrer des modèles d'IA jugés puissants tout en n'hésitant pas à les déployer lorsqu'ils offrent un avantage stratégique concret pour la sécurité nationale.
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