Que sait-on d’Arcadia, cette IA qui doit remplacer Palantir dans les systèmes de l’armée ?
Arcadia est une plateforme de commandement et de contrôle (C2) dopée à l'intelligence artificielle, développée conjointement par Mistral AI, Safran, Thales et Airbus, avec laquelle l'armée française espère se passer des services de l'américain Palantir sur le champ de bataille. Le système devait être testé courant juin lors de l'OTAN Coalition Warrior Interoperability Exercise (CWIX), un exercice consacré aux nouvelles technologies de communication entre les forces des pays membres de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord, mais n'a finalement pas été présenté à cette occasion. Cette annonce intervient dans la foulée d'une autre décision remarquée en juin : le ministre des Armées Sébastien Lecornu avait fait savoir que la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) abandonnait Palantir au profit de la solution française ChapsVision, avant que la DGSI elle-même ne se dise surprise par cette annonce, ayant pourtant renouvelé son contrat avec l'entreprise américaine six mois plus tôt. Palantir avait ensuite contesté la version du ministère.
Résumé et traduction réalisés par Le Fil IA à partir de Next INpact. Lire l'article original →
L'enjeu dépasse le seul choix technique : il s'agit pour la France de réduire sa dépendance à des outils de surveillance et d'analyse développés par une entreprise américaine, dans un contexte où les questions de souveraineté numérique se posent avec une acuité croissante, y compris au sein des administrations publiques. Remplacer Palantir dans les systèmes militaires par une solution conçue par des industriels français, capable en outre d'être proposée aux alliés de l'OTAN, permettrait à Paris de peser davantage dans les choix technologiques du bloc occidental tout en gardant la main sur des données sensibles liées à la défense.
Cette initiative s'inscrit dans une séquence plus large où la France multiplie les tentatives de constituer des alternatives souveraines aux géants américains de la tech, qu'il s'agisse de renseignement intérieur ou de systèmes militaires. Les détails techniques d'Arcadia, notamment son architecture décentralisée évoquée mais non détaillée publiquement, ainsi que le calendrier réel de ses futurs tests, restent à préciser, tout comme la manière dont l'armée compte gérer la transition avec les outils Palantir actuellement en service.
Ce projet vise a réduire la dépendance de l'armée française et de ses industriels a la technologie américaine Palantir, renforçant la souveraineté numérique et militaire de la France.
Bon, sur le papier, c'est logique : après le fiasco DGSI/ChapsVision, la France retente le coup avec du lourd, Mistral, Safran, Thales et Airbus main dans la main. Sauf que l'absence à CWIX, c'est un signal, pas un détail : quand un système souverain rate son premier grand oral face à l'OTAN, ça veut dire qu'il est encore loin d'être prêt pour le champ de bataille. Selon Le Fil IA, la vraie leçon de la séquence Palantir cet été, c'est que la souveraineté numérique française avance plus vite en communiqués de presse qu'en systèmes déployés.