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SociétéThe Decoder · 1 min de lecture

Un système d'IA a aidé des juges pakistanais à résorber d'énormes retards, avec un retour de 38,50 dollars par dollar investi

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Une expérimentation de terrain menée auprès de 1 559 juges pakistanais a testé un assistant d'intelligence artificielle baptisé JudgeGPT, conçu pour aider les magistrats à traiter leurs dossiers plus rapidement. Les résultats montrent une hausse de 6,3 % du taux de résolution des affaires chez les juges ayant utilisé l'outil. Mais cette amélioration ne s'est produite que chez les magistrats ayant reçu une formation pratique et encadrée à l'outil : sans cet accompagnement, l'effet positif disparaissait presque entièrement. Les chercheurs à l'origine de l'étude estiment que chaque dollar investi dans ce dispositif a généré un retour pouvant atteindre 38,50 dollars, un ratio exceptionnel pour un investissement dans une administration publique.

Ce résultat a une portée qui dépasse largement le cas pakistanais. Les systèmes judiciaires de nombreux pays, notamment dans les économies en développement, croulent sous des arriérés de dossiers qui peuvent retarder la justice de plusieurs années et fragiliser la confiance des citoyens dans les institutions. Un outil capable de réduire concrètement ces délais, à condition d'être correctement déployé, représente une piste sérieuse pour désengorger les tribunaux sans recruter massivement de nouveaux magistrats. L'étude souligne toutefois un point clé : la technologie seule ne suffit pas, c'est la formation des utilisateurs qui fait la différence entre un gain réel et un simple gadget inefficace.

Cette expérimentation s'inscrit dans un mouvement plus large d'adoption de l'IA générative par les administrations publiques, souvent freinée par des craintes sur la fiabilité, les biais ou l'acceptabilité auprès des professionnels concernés. Le cas pakistanais fournit ainsi des données rares et chiffrées sur l'efficacité réelle de ces outils en contexte judiciaire, et pourrait inciter d'autres pays à expérimenter des dispositifs similaires, à condition d'investir autant dans l'accompagnement humain que dans la technologie elle-même.

Impact France/UE

Aucun impact direct, mais cette expérience pakistanaise pourrait inspirer des expérimentations similaires dans les systèmes judiciaires européens confrontés à des retards de dossiers.

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