Chez Zillow, le responsable ingénierie affirme au VB Transform 2026 que le ROI de l'IA ne tient que s'il est mesuré avant le développement
Ces derniers mois, la question du retour sur investissement de l'intelligence artificielle en entreprise est revenue au centre des débats lors de la conférence VB Transform 2026, où Toby Roberts, vice-président senior de l'ingénierie chez Zillow, et Arvind Jain, cofondateur et directeur général de Glean, ont détaillé l'architecture bâtie pour gérer des parcours clients complexes. Zillow, plateforme immobilière qui intervient dans environ 80% des transactions immobilières aux États-Unis chaque année, fait face à un défi particulier : ses clients passent d'un appel téléphonique à un conseiller en prêt puis à un agent immobilier, parfois sur plusieurs mois, et s'attendent à ce que le contexte de leur dossier les suive tout au long du processus. Un simple chatbot ne pouvait pas porter ce fil conducteur. L'entreprise a donc construit sa propre couche de contexte persistante plutôt que de dépendre d'une seule interface de conversation externe, une décision prise rapidement une fois que l'équipe a examiné la réalité d'une transaction complète plutôt qu'une conversation isolée.
Contrairement à l'idée reçue selon laquelle la donnée est l'obstacle principal des projets d'IA en entreprise, Roberts a expliqué que chez Zillow, la vraie difficulté n'était pas là : l'entreprise avait déjà posé des bases solides avec une architecture en maillage de données, une traçabilité claire et une gouvernance intégrant permissions et identité. Le vrai problème a été de construire un système capable de se souvenir où en était un client dans son parcours et de transmettre cette information peu importe la plateforme utilisée ensuite. Cette approche a des conséquences concrètes pour les entreprises qui déploient de l'IA agentique à grande échelle : Zillow a pu attribuer de manière crédible une hausse de 40% du code livré à l'adoption de l'IA, mais uniquement parce qu'elle disposait déjà d'une base de métriques DORA établie des années avant le déploiement de l'IA, et non grâce au déploiement lui-même. Autrement dit, mesurer l'impact réel de l'IA suppose d'avoir fixé un point de référence avant de se lancer, pas après.
Sur le plan technique, Zillow s'appuie sur vingt ans d'historique en apprentissage automatique, hérité de produits comme Zestimate, pour privilégier des modèles plus petits et spécialisés plutôt qu'un modèle généraliste unique. En parallèle, l'entreprise utilise des milliers d'agents Glean en production, gérant des tâches répétitives avec des dizaines de milliers d'exécutions. Jain a présenté deux leviers de réduction des coûts propres à la plateforme de Glean : le routage vers des modèles moins chers pour la majorité des tâches, et un contexte précalculé qui évite à un agent de consommer des tokens à reconstruire son contexte à chaque requête, ce qui peut diviser par deux la consommation de tokens par rapport à un modèle comme Claude, plus lent selon lui car l'assemblage initial du contexte prend du temps. Jain insiste aussi sur l'intérêt de centraliser cette intégration une seule fois via la passerelle Glean MCP plutôt que de laisser chaque service, finance, juridique ou marketing, reconstruire ses propres connexions aux mêmes systèmes, un coût caché que la plupart des entreprises n'ont pas anticipé. Enfin, même avec une plateforme consciente des permissions, Zillow a ajouté des règles strictes et un contrôle de conformité permanent pour ses catégories de données les plus sensibles, refusant de faire confiance uniquement à l'héritage automatique des droits d'accès.
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