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RégulationArs Technica AI · 1 min de lecture

Apple et Google doivent cesser de tirer profit des applis de dénudage par IA, selon le procureur de San Francisco

Résumé IASources croisées · 2Impact UE
Source originale ↗·
Egalement couvert par :Wired AI

Cette semaine, le procureur de la ville de San Francisco, David Chiu, a envoyé des lettres de mise en demeure à Apple et Google, leur réclamant le retrait de 13 applications dites de "nudification" de leurs boutiques respectives, selon des informations rapportées par Wired. Ces applications, basées sur l'intelligence artificielle, permettent de transformer en quelques clics des photos ordinaires de personnes réelles en images à caractère explicite. Concrètement, ces outils autorisent leurs utilisateurs à supprimer numériquement les vêtements d'une personne, à modifier ses traits, à la placer dans des positions sexualisées, ou encore à superposer le visage d'une victime sur le corps nu d'une autre personne. Dans son courrier, Chiu affirme que les boutiques d'applications enfreignent les lois californiennes qui interdisent de soutenir des services créant de la pornographie deepfake.

Cette démarche vise directement les géants technologiques qui hébergent ces applications, et non uniquement leurs développeurs, une approche qui pourrait établir un précédent important. En tenant Apple et Google responsables du contenu distribué via leurs plateformes, les autorités californiennes cherchent à couper l'accès à ces outils à la source, plutôt que de poursuivre une multitude de petits éditeurs souvent difficiles à identifier ou basés à l'étranger.

Cette action s'inscrit dans une inquiétude croissante face à la prolifération des deepfakes pornographiques non consentis, un phénomène amplifié par la démocratisation des outils d'IA générative. Plusieurs États américains ont déjà renforcé leur arsenal juridique sur ce sujet ces derniers mois, et la pression monte désormais directement sur les plateformes de distribution d'applications pour qu'elles exercent un contrôle plus strict avant publication.

Impact France/UE

Cette action juridique californienne n'a pas d'effet direct sur le droit français ou européen, mais elle pourrait influencer le débat sur la responsabilité des plateformes de distribution d'applications, un sujet déjà couvert par des dispositions sur les deepfakes pornographiques non consentis en France et par le futur encadrement européen de l'IA.

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OpenAI et Google fournissent leurs IA à des entreprises chinoises blacklistées par le Pentagone

OpenAI et Google fournissent leurs modèles d'intelligence artificielle à des filiales singapouriennes d'Alibaba, Baidu et Tencent, trois groupes technologiques chinois pourtant inscrits sur la liste noire du Pentagone. C'est le Financial Times qui a révélé cette information le 10 juillet 2026, confirmée directement par les deux entreprises américaines. Le point clé de cette affaire réside dans une faille juridique : la réglementation américaine interdit l'accès à certains services d'IA avancés depuis la Chine continentale, mais elle ne s'applique pas automatiquement aux filiales de ces mêmes groupes lorsqu'elles sont établies à l'étranger, à Singapour en l'occurrence. Résultat, ces entités peuvent légalement signer des contrats avec OpenAI ou Google et accéder à leurs modèles, alors même que leur maison mère fait l'objet d'une surveillance de sécurité de la part de Washington. Aucune des deux entreprises ne reconnaît de violation des sanctions américaines, puisque le montage reste, sur le papier, parfaitement conforme aux règles en vigueur. Cette situation ravive les craintes autour de la distillation, une technique qui permet d'entraîner un nouveau modèle d'IA à partir des réponses générées par un modèle plus performant, sans avoir besoin d'accéder à son architecture interne. En clair, une entreprise chinoise pourrait, via une filiale à Singapour, interroger massivement les modèles américains pour en reproduire une partie des capacités et accélérer le développement de ses propres systèmes. OpenAI affirme limiter l'accès de ses services aux juridictions où des garde-fous existent et dit surveiller les usages suspects. Google avance un discours similaire, précisant que ses conditions d'utilisation interdisent explicitement la distillation, tout en reconnaissant que ses services restent disponibles à Singapour comme à Hong Kong. Les deux groupes admettent toutefois qu'un blocage géographique ne suffit pas toujours à empêcher des acteurs déterminés de contourner les restrictions techniques. Cette affaire met en lumière les limites de la stratégie américaine de restriction technologique face à la Chine, censée freiner les progrès de l'IA chinoise via des contrôles à l'exportation et des interdictions d'accès. Elle révèle aussi des divergences stratégiques entre laboratoires occidentaux. Anthropic, par exemple, applique une politique nettement plus stricte que ses concurrents en refusant tout accès à ses modèles avancés aux sociétés dont le siège social se trouve en Chine, y compris via des filiales installées à l'étranger. Ce contraste illustre les choix différents faits par les grands acteurs de l'IA entre expansion commerciale et prudence géopolitique, alors que Washington cherche à colmater les brèches de son dispositif de sanctions technologiques.

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Personne n'a besoin de l'IA pour chercher sur Internet, dit le tribunal dans sa décision contre Google
2Ars Technica AI 

Personne n'a besoin de l'IA pour chercher sur Internet, dit le tribunal dans sa décision contre Google

Un tribunal allemand a rendu une décision préliminaire contre Google, jugeant le géant américain responsable des fausses affirmations générées par son outil AI Overviews. L'affaire, révélée par le média spécialisé The Decoder, implique deux éditeurs qui ont découvert que l'intelligence artificielle de Google les associait publiquement à des pratiques frauduleuses. L'une des formulations incriminées était sans ambiguïté : "Oui, [le site] est connu pour des pratiques commerciales douteuses et est souvent perçu comme une arnaque." Malgré l'envoi d'une lettre de mise en demeure plus tôt dans l'année 2025, Google n'a pas corrigé ces affirmations trompeuses, poussant les éditeurs à porter l'affaire devant la justice. Le tribunal a rejeté l'argument avancé par Google selon lequel les utilisateurs comprennent généralement que les réponses de l'IA ne sont pas toujours exactes et doivent être vérifiées. Cette décision ouvre un précédent juridique potentiellement applicable à tous les moteurs de recherche intégrant de l'IA, ainsi qu'aux chatbots qui reformulent et synthétisent des sources tierces. Jusqu'ici, les entreprises technologiques s'abritaient derrière le caractère probabiliste de l'IA pour éviter toute responsabilité éditoriale. Ce jugement remet directement en cause cette stratégie défensive : les plateformes pourraient désormais être tenues juridiquement responsables des affirmations factuellement incorrectes ou diffamatoires produites automatiquement par leurs systèmes. Pour les éditeurs de presse et les entreprises ciblées par de fausses informations générées par IA, c'est une ouverture concrète vers des recours juridiques effectifs. L'affaire s'inscrit dans un contexte de déploiement massif des interfaces de recherche augmentée par l'IA, portées par Google AI Overviews, Perplexity ou Bing Copilot, qui affichent des réponses synthétisées directement dans les résultats de recherche. Ces fonctionnalités soulèvent depuis leur lancement des questions profondes sur la fiabilité des informations présentées, les droits des éditeurs dont le contenu est aspiré, et la responsabilité des plateformes. La décision allemande pourrait inciter les régulateurs européens à renforcer le cadre juridique autour des systèmes génératifs, et contraindre les géants tech à développer des mécanismes bien plus robustes de vérification et de correction de leurs outils d'IA.

UEUn tribunal allemand contraint Google à assumer la responsabilité éditoriale de ses AI Overviews, créant un précédent juridique qui pourrait inciter les régulateurs européens à renforcer la responsabilité des plateformes pour les contenus générés par IA.

💬 L'argument "les utilisateurs savent que l'IA peut se tromper" était du flan dès le départ, et ce tribunal allemand vient de le dire clairement. Quand ton système génère publiquement qu'un site est une arnaque, tu ne t'abrites pas derrière le caractère probabiliste du modèle, c'est tout. Ce précédent, c'est le genre de pression qui va forcer les plateformes à construire des garde-fous sérieux, bien plus que n'importe quel rapport de régulateur.

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Entrainement des IA et droit d’auteur : le Sénat inverse la charge de la preuve
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Entrainement des IA et droit d’auteur : le Sénat inverse la charge de la preuve

Le Sénat français a adopté à l'unanimité, le 8 avril 2026, une proposition de loi instaurant une présomption d'utilisation des contenus culturels protégés par le droit d'auteur lors de l'entraînement des systèmes d'intelligence artificielle. Portée par la sénatrice Agnès Evren (LR), le texte dispose que toute œuvre protégée par un droit d'auteur ou un droit voisin est présumée avoir été utilisée par un fournisseur d'IA dès lors qu'un indice rend cette utilisation vraisemblable, par exemple, si un chatbot est capable de citer des extraits d'un livre. En cas de contentieux, ce ne sera donc plus au créateur de prouver que son œuvre a été moissonnée, mais à l'opérateur de l'IA de démontrer qu'il ne l'a pas utilisée de façon irrégulière. La proposition doit désormais passer en première lecture à l'Assemblée nationale. Ce renversement de la charge de la preuve modifie structurellement le rapport de force entre ayants droit et géants technologiques. Jusqu'ici, les créateurs, auteurs, éditeurs, musiciens, journalistes, se trouvaient dans l'impossibilité pratique de prouver que leurs œuvres avaient servi à entraîner des modèles dont les données d'entraînement restent opaques, souvent protégées par le secret des affaires. La nouvelle présomption leur offre un levier juridique concret : obliger les entreprises d'IA à justifier leurs pratiques devant un tribunal, ou, mieux, à négocier des accords de licence en amont pour éviter les procédures. Pour l'industrie de l'IA, cela implique une pression accrue vers la transparence sur les corpus d'entraînement, avec des conséquences potentielles sur les modèles entraînés massivement sur du contenu web non licencié. La proposition s'inscrit dans un mouvement plus large de régulation du rapport entre IA et propriété intellectuelle. Au niveau européen, le rapport de l'eurodéputé Alex Voss, voté le 11 mars 2026 au Parlement européen, recommandait déjà d'instaurer une présomption réfragable similaire, bien que limitée aux cas de non-respect des obligations de transparence prévues par l'AI Act. Le Sénat français va donc plus loin que Bruxelles, ce qui n'a pas manqué de susciter des réserves du côté du gouvernement : les ministres de la Culture et du Numérique ont mis en garde contre les risques de judiciarisation excessive et d'insécurité juridique, préférant privilégier la voie de la négociation. Ce débat illustre la tension persistante entre la nécessité de protéger la création culturelle et celle de ne pas entraver le développement d'une industrie dans laquelle la France et l'Europe cherchent à peser face aux acteurs américains et chinois.

UELes fournisseurs d'IA opérant en France devront désormais prouver qu'ils n'ont pas utilisé irrégulièrement des œuvres protégées, sous peine de contentieux, ce qui les pousse à négocier des licences ou à documenter leurs corpus d'entraînement pour le marché français et, potentiellement, européen.

💬 C'est le renversement qu'on attendait depuis que les premiers procès ont calé faute de preuves. Obliger les opérateurs à justifier leurs corpus plutôt que d'imposer aux créateurs de prouver le pillage, c'est enfin remettre la charge du côté qui a les moyens de l'assumer. Reste à voir ce que l'Assemblée en fait, et si le gouvernement ne vide pas le texte de sa substance sous prétexte de "compétitivité".

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4Next INpact 

☕️ Présomption d’usage de contenus culturels dans l’IA : les tentatives d’influence de Google

Le Sénat français a adopté le 8 avril 2026 une proposition de loi sur l'intelligence artificielle qui introduit un mécanisme inédit : une présomption d'usage des contenus culturels par les développeurs de systèmes d'IA. Concrètement, dès qu'un modèle est capable de générer du contenu "dans le style" d'un auteur, ou qu'il restitue des extraits visiblement protégés par le droit d'auteur, la preuve est réputée établie que ces œuvres ont bien servi à l'entraînement. Ce principe s'appuie notamment sur des précédents documentés : des extraits de Harry Potter ont ainsi été retrouvés dans les données d'entraînement de modèles appartenant à Meta et à Mistral. Avant l'adoption du texte, Google a déployé trois stratégies distinctes pour en atténuer la portée, selon les informations révélées par L'Informé. La première stratégie consistait à restreindre le champ de la présomption aux seuls "contenus culturels de qualité", c'est-à-dire aux œuvres référencées dans les catalogues d'organismes de gestion collective, excluant de fait une large part de la création numérique. La deuxième visait à modifier l'articulation du texte avec l'exception de "fouille de données" (text and data mining, ou TDM) issue de la directive européenne de 2019 sur le droit d'auteur dans le marché unique numérique. Cette exception est régulièrement invoquée par les fournisseurs d'IA pour légitimer le moissonnage de contenus protégés, ce que le Sénat qualifie explicitement de "détournement" de l'objectif initial. La troisième tentative cherchait à empêcher l'application rétroactive du texte aux litiges déjà ouverts au moment de son entrée en vigueur. Le Sénat a rejeté les trois propositions. Ces manœuvres s'inscrivent dans un phénomène bien documenté : les grandes entreprises numériques américaines exercent un lobbying intense sur les processus législatifs européens et nationaux, laissant parfois des traces directes jusque dans la rédaction des textes. La bataille autour de cette loi française est particulièrement significative car elle touche à une question centrale pour l'ensemble de l'industrie de l'IA : la légitimité de l'entraînement sur des œuvres protégées sans accord ni rémunération des créateurs. Si l'étape sénatoriale est franchie sans que les propositions de Google n'aient abouti, le texte doit encore passer devant l'Assemblée nationale, où les pressions pourraient se faire à nouveau sentir. L'issue de ce débat aura des répercussions bien au-delà de la France, à l'heure où plusieurs pays cherchent à encadrer les pratiques d'entraînement des modèles d'IA à grande échelle.

UELa loi française adoptée au Sénat introduit une présomption d'usage des contenus culturels dans l'entraînement des modèles d'IA, créant une obligation juridique directe pour les développeurs opérant en France et posant un précédent potentiel pour l'encadrement européen des pratiques d'entraînement.

💬 Le Sénat qui renvoie Google à la case départ trois fois de suite, c'est rare. La présomption d'usage, c'est malin : au lieu de prouver que les modèles ont pillé les œuvres (quasi impossible), on part du principe que si tu peux l'imiter, tu l'as ingéré. Reste l'Assemblée nationale, et là les dés ne sont pas encore jetés.

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