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RobotiqueIEEE Spectrum AI · 2 min de lecture

Le socle logiciel pour robots polyvalents

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X Square Robot, entreprise chinoise spécialisée dans l'IA incarnée, mise sur une pile technologique intégrée pour doter les robots d'une capacité générale, faute de recette éprouvée comme celle qui a fonctionné pour les grands modèles de langage. Sa stack combine des données d'interaction, un modèle du monde capable de prédire les changements physiques, et un modèle d'action regroupant perception, planification, raisonnement et décision, le tout réuni dans une architecture baptisée World Unified Model. L'entreprise a développé un système de collecte de données, l'Universal Manipulation Interface, commercialisé sous le nom QUANXTA Zero Series : des humains portant un dispositif à double pince enregistrent des démonstrations, sans passer par la téléopération d'un robot. La particularité tient à un contrôle qualité strict, avec une boucle d'inspection qui rejoue physiquement un échantillon de trajectoires sur un vrai robot ; seules celles qui accomplissent réellement la tâche sont retenues comme valides. Une pince qui se referme une fraction de seconde trop tôt, par exemple, ressemble à une saisie réussie dans les données mais a en fait repoussé l'objet, et se trouve donc écartée. X Square Robot pré-entraîne ensuite ses modèles sur un large volume de démonstrations humaines avant d'ajouter une petite quantité de données robotiques réelles pour ancrer le modèle à la dynamique précise de la machine.

Cette approche s'attaque à ce que l'entreprise considère comme le principal frein au développement de robots généralistes : non pas le nombre de paramètres des modèles, mais le coût et la qualité des données d'interaction. Selon X Square Robot, la combinaison de données humaines bon marché et d'un faible volume de données robotiques permet d'atteindre des performances comparables à un jeu de données entièrement robotique, pour un coût de collecte environ 20 fois inférieur, principalement parce que le dispositif portable coûte beaucoup moins cher à déployer qu'une flotte de robots téléopérés. Pour l'industrie, cela change la donne économique de l'entraînement robotique et pourrait accélérer l'émergence de robots capables de transférer leurs compétences d'une tâche à une autre, voire d'une machine à une autre, un problème resté largement irrésolu jusqu'ici.

Le choix de publier cette pile en accès ouvert s'inscrit dans un débat plus large sur la manière de construire l'IA incarnée : faut-il un modèle unique et massif, ou un ensemble de composants complémentaires partageant une base de code commune, comme le défend X Square Robot avec ses modèles du monde et d'action présentés comme indépendants mais liés ? L'entreprise mise sur trois principes structurants : considérer l'interaction, et non la simple trajectoire, comme unité de base des données robotiques ; viser un pré-entraînement directement exploitable plutôt qu'une simple initialisation à affiner ; et modéliser le comportement autour d'événements physiques plutôt que de simples découpages temporels. Ces choix, encore débattus dans le secteur, positionnent X Square Robot parmi les acteurs qui tentent de définir la future norme technique des robots généralistes, dans un contexte de concurrence croissante entre laboratoires chinois et occidentaux sur ce terrain.

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En 2026, une nouvelle génération de modèles d'IA dits "physiques" s'impose comme la colonne vertébrale de la robotique industrielle et de recherche. Ces systèmes ne génèrent pas du texte, mais des commandes motrices : ils permettent à des robots réels d'exécuter des tâches complexes dans des usines, entrepôts et laboratoires. Dix modèles dominent ce paysage. NVIDIA a lancé sa série GR00T N dès mars 2025 au GTC, avec une première version ouverte et personnalisable. La version N1.7, publiée le 17 avril 2026 en accès anticipé, est un modèle de 3 milliards de paramètres, sous licence Apache 2.0, entraîné sur 20 854 heures de vidéo égocentrique humaine couvrant plus de 20 catégories de tâches. NVIDIA a également identifié la première loi d'échelle pour la dextérité robotique : passer de 1 000 à 20 000 heures de données humaines double les performances. Google DeepMind, de son côté, a dévoilé Gemini Robotics 1.5 en septembre 2025, un modèle vision-langage-action bâti sur Gemini 2.0, et a publié le 14 avril 2026 une version Gemini Robotics-ER 1.6 améliorant le raisonnement spatial, développée en collaboration avec Boston Dynamics. Ces avancées marquent un tournant concret pour l'industrie robotique. Des partenaires comme Agile Robots, Agility Robotics, Foxlink, NEURA Robotics et Lightwheel testent ou déploient déjà ces systèmes sur du matériel réel. Les modèles permettent désormais à des robots bimanuels d'accomplir des tâches en plusieurs étapes, de lire des instruments complexes, ou d'apprendre à partir de simples vidéos d'humains au travail, sans nécessiter des mois de génération de données synthétiques. NVIDIA a réduit ce délai à environ 36 heures grâce à son architecture GR00T-Dreams. Pour les opérateurs industriels, cela signifie des cycles de déploiement raccourcis et une polyvalence accrue des robots sans reprogrammation manuelle lourde. Ce bond technologique s'inscrit dans une convergence entre les grands modèles de langage et la robotique physique, amorcée depuis 18 mois environ. Des acteurs comme Physical Intelligence, avec ses modèles pi0 et pi0.5 basés sur le flow matching, Figure AI avec Helix, ou encore OpenVLA et le SmolVLA open-source d'HuggingFace LeRobot, enrichissent un écosystème désormais très dense. NVIDIA s'appuie également sur ses Cosmos World Foundation Models pour simuler des environnements d'entraînement réalistes. La compétition s'intensifie entre approches ouvertes, comme GR00T N1.7, et systèmes propriétaires à accès restreint comme Gemini Robotics 1.5, dont la disponibilité reste limitée à des partenaires sélectionnés. Les prochains mois verront probablement les premières mises en production à grande échelle dans les lignes d'assemblage et la logistique automatisée.

UEL'entreprise allemande NEURA Robotics figure parmi les partenaires industriels testant ces systèmes, et les opérateurs européens de la logistique et de l'assemblage pourraient bénéficier de cycles de déploiement robotique significativement raccourcis.

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