Zhipu : après le succès de son IA GLM, le laboratoire chinois préparerait sa propre puce IA
Zhipu, le laboratoire chinois derrière le modèle GLM, envisagerait de développer sa propre puce IA, selon des informations rapportées par The Information. Le projet en serait au stade des discussions préliminaires : l'entreprise aurait entamé des échanges avec plusieurs concepteurs chinois de semi-conducteurs, sans qu'aucun partenaire n'ait été retenu à ce jour. L'objectif viserait la conception d'un processeur ASIC, un circuit spécialisé et non un GPU polyvalent, taillé sur mesure pour faire fonctionner les modèles GLM. Le calendrier resterait long : plus de deux ans seraient nécessaires pour constituer une équipe dédiée, concevoir la puce, la tester, puis adapter l'ensemble de la couche logicielle qui l'exploite. Cette réflexion intervient alors que le dernier modèle de Zhipu, GLM-5.2, connaît une adoption fulgurante, avec un volume quotidien de tokens traités multiplié par 27 en une seule semaine après son déploiement sur la plateforme Vercel.
Cette accélération soudaine change la donne pour Zhipu. Une demande de calcul qui explose implique des besoins en puissance considérablement accrus, dans un contexte où les laboratoires chinois doivent composer avec les restrictions américaines sur l'exportation des GPU Nvidia les plus avancés. Concevoir sa propre puce ne relèverait donc plus d'un simple choix stratégique mais d'une nécessité pour sécuriser l'accès au calcul et réduire une dépendance technologique jugée risquée. Un ASIC, conçu spécifiquement pour les modèles GLM, promettrait en théorie une meilleure efficacité énergétique et un coût d'inférence réduit une fois les modèles stabilisés, un enjeu direct pour la rentabilité de Zhipu à mesure que son usage se généralise auprès des développeurs et des entreprises.
Cette démarche s'inscrit dans un mouvement plus large de course à l'indépendance matérielle dans l'IA. Google, OpenAI, ByteDance et Alibaba ont déjà développé leurs propres puces pour limiter leur dépendance aux fournisseurs externes, OpenAI ayant récemment dévoilé la sienne. BYD a de son côté conçu une puce autonome maison, et Reuters a récemment révélé que DeepSeek explorerait également des puces personnalisées afin de réduire sa dépendance envers Huawei et Nvidia. Zhipu ne ferait donc que suivre une tendance déjà bien engagée chez les géants technologiques, chinois comme américains. Reste à savoir si l'entreprise parviendra à transformer ce projet encore embryonnaire en réalité industrielle, dans un secteur des semi-conducteurs où deux années peuvent suffire à rebattre entièrement les cartes du marché.
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