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RégulationLe Big Data10h· 2 min de lecture

Droit d’auteur & IA : Hollywood accuse Midjourney… mais cache-t-il les mêmes pratiques ?

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Disney, Universal et Warner Bros. poursuivent Midjourney en justice, accusant l'entreprise d'avoir entraîné son modèle d'intelligence artificielle générative sur des œuvres protégées par le droit d'auteur sans autorisation ni licence. En réponse, les avocats de Midjourney ont déposé la semaine dernière une nouvelle requête devant le tribunal pour tenter d'obtenir des documents internes des trois studios : leurs jeux de données d'entraînement pour d'éventuels outils d'IA maison, leurs stratégies commerciales sur cette technologie, ainsi que les présentations faites à leurs conseils d'administration sur le sujet. Cette démarche intervient après une décision de justice rendue en juin, qui avait limité la capacité de Midjourney à obtenir des informations détaillées sur les pratiques des studios en matière d'IA. Avec cette nouvelle requête, l'entreprise cherche donc à élargir le périmètre des documents accessibles dans le cadre de la procédure.

L'enjeu dépasse le simple duel judiciaire entre une société d'IA et des studios hollywoodiens. Si Midjourney parvient à démontrer que Disney, Universal et Warner Bros. utilisent en interne des méthodes d'entraînement comparables à celles qu'ils dénoncent, cela pourrait fragiliser leur position juridique et nourrir la défense de Midjourney sur les questions d'usage loyal et d'éventuel abus de procédure. Plus largement, l'affaire pourrait redéfinir les standards de transparence exigés des grands groupes de médias sur leurs propres usages de l'IA, à un moment où beaucoup développent en coulisses des outils génératifs pour la production, les effets visuels ou le marketing. Un précédent dans un sens ou dans l'autre pèserait sur l'ensemble des litiges similaires opposant ayants droit et entreprises d'IA aux États-Unis.

Pour Bobby Ghajar, l'un des avocats de Midjourney, la logique est simple : si les studios recourent eux-mêmes à des pratiques similaires, cela révélerait qu'entraîner des modèles sur des contenus protégés sans licence spécifique est une pratique courante, y compris chez les plus grands acteurs du secteur. Il souligne que les studios avaient déjà transmis certains documents destinés au public, mais qu'aucun ne mentionnait d'éventuels outils d'IA développés en interne. De leur côté, les représentants des trois studios, dont David Singer, rejettent cette lecture. Ils maintiennent que leur seul objectif est d'empêcher Midjourney de reproduire sans autorisation leurs films, séries et personnages, une position qu'ils jugent identique à celle de tout détenteur de droits d'auteur face à une contrefaçon, que celle-ci implique ou non de l'intelligence artificielle. Le tribunal devra désormais trancher sur l'étendue des documents que Midjourney pourra consulter.

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Le Sénat français a adopté à l'unanimité, le 8 avril 2026, une proposition de loi instaurant une présomption d'utilisation des contenus culturels protégés par le droit d'auteur lors de l'entraînement des systèmes d'intelligence artificielle. Portée par la sénatrice Agnès Evren (LR), le texte dispose que toute œuvre protégée par un droit d'auteur ou un droit voisin est présumée avoir été utilisée par un fournisseur d'IA dès lors qu'un indice rend cette utilisation vraisemblable, par exemple, si un chatbot est capable de citer des extraits d'un livre. En cas de contentieux, ce ne sera donc plus au créateur de prouver que son œuvre a été moissonnée, mais à l'opérateur de l'IA de démontrer qu'il ne l'a pas utilisée de façon irrégulière. La proposition doit désormais passer en première lecture à l'Assemblée nationale. Ce renversement de la charge de la preuve modifie structurellement le rapport de force entre ayants droit et géants technologiques. Jusqu'ici, les créateurs, auteurs, éditeurs, musiciens, journalistes, se trouvaient dans l'impossibilité pratique de prouver que leurs œuvres avaient servi à entraîner des modèles dont les données d'entraînement restent opaques, souvent protégées par le secret des affaires. La nouvelle présomption leur offre un levier juridique concret : obliger les entreprises d'IA à justifier leurs pratiques devant un tribunal, ou, mieux, à négocier des accords de licence en amont pour éviter les procédures. Pour l'industrie de l'IA, cela implique une pression accrue vers la transparence sur les corpus d'entraînement, avec des conséquences potentielles sur les modèles entraînés massivement sur du contenu web non licencié. La proposition s'inscrit dans un mouvement plus large de régulation du rapport entre IA et propriété intellectuelle. Au niveau européen, le rapport de l'eurodéputé Alex Voss, voté le 11 mars 2026 au Parlement européen, recommandait déjà d'instaurer une présomption réfragable similaire, bien que limitée aux cas de non-respect des obligations de transparence prévues par l'AI Act. Le Sénat français va donc plus loin que Bruxelles, ce qui n'a pas manqué de susciter des réserves du côté du gouvernement : les ministres de la Culture et du Numérique ont mis en garde contre les risques de judiciarisation excessive et d'insécurité juridique, préférant privilégier la voie de la négociation. Ce débat illustre la tension persistante entre la nécessité de protéger la création culturelle et celle de ne pas entraver le développement d'une industrie dans laquelle la France et l'Europe cherchent à peser face aux acteurs américains et chinois.

UELes fournisseurs d'IA opérant en France devront désormais prouver qu'ils n'ont pas utilisé irrégulièrement des œuvres protégées, sous peine de contentieux, ce qui les pousse à négocier des licences ou à documenter leurs corpus d'entraînement pour le marché français et, potentiellement, européen.

💬 C'est le renversement qu'on attendait depuis que les premiers procès ont calé faute de preuves. Obliger les opérateurs à justifier leurs corpus plutôt que d'imposer aux créateurs de prouver le pillage, c'est enfin remettre la charge du côté qui a les moyens de l'assumer. Reste à voir ce que l'Assemblée en fait, et si le gouvernement ne vide pas le texte de sa substance sous prétexte de "compétitivité".

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💬 Malin, ce coup de billard à trois bandes. Midjourney retourne l'accusation contre ses plaignants : si Disney et Warner utilisent aussi des modèles entraînés sur des données douteuses en interne, leur procès s'effondre sur son propre argument. Ce dossier va au-delà d'un simple litige : il va forcer l'industrie du cinéma à choisir entre défendre le droit d'auteur ou continuer à utiliser l'IA générative en coulisses sans le crier sur les toits.

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UESi adoptée, cette loi française inverserait la charge de la preuve en matière de droits d'auteur pour l'IA, contraignant Mistral AI et tous les développeurs de modèles actifs en France à démontrer qu'ils n'ont pas utilisé d'œuvres protégées, ou à négocier des accords de rémunération avec les ayants droit, un précédent susceptible d'influencer la régulation européenne.

💬 C'est la loi qui aurait dû exister il y a trois ans. Renverser la charge de la preuve, ça met fin à la logique absurde où c'est l'auteur spolié qui doit prouver qu'il s'est fait spolier. L'argument Mistral est compréhensible, mais si payer des droits aux créateurs les "fragilise", c'est qu'il y avait un problème de modèle économique depuis le début.

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L'Afrique du Sud détient environ 88 % des réserves mondiales de métaux du groupe du platine, des matériaux indispensables à la fabrication de semi-conducteurs et donc à l'infrastructure même de l'intelligence artificielle. Elle abrite le plus grand marché de centres de données du continent africain, évalué à 2,16 milliards de dollars en 2024. Pourtant, le projet de politique nationale sur l'IA, récemment retiré après avoir été rendu public, ne tire aucun parti de cette position stratégique exceptionnelle. Une nouvelle commission a été annoncée pour réviser ce texte, mais le mal est plus profond : aucun mécanisme de vérification n'a empêché la publication d'un document truffé de références erronées, révélant une défaillance systémique dans la façon dont les gouvernements adoptent l'IA. Le vide politique laissé par ce projet avorté se comble dans les faits par une compétition frontale entre les écosystèmes technologiques chinois et américain. Huawei propose désormais aux entreprises africaines un bundle combinant le modèle de langage DeepSeek à ses propres infrastructures cloud et stockage, à des prix inférieurs de plus de 90 % aux offres concurrentes. En face, Microsoft a annoncé un investissement de 5,4 milliards de rands (300 millions de dollars) en cloud et en IA en Afrique du Sud d'ici fin 2027, s'ajoutant à un précédent engagement de 20,4 milliards de rands. Google, AWS et Oracle disposent déjà de régions cloud dans le pays. Ces investissements ne sont pas neutres : l'infrastructure Huawei est documentée comme un vecteur d'objectifs stratégiques chinois, notamment via son réseau de surveillance Safe Cities, tandis que les hyperscalers américains imposent des modèles fermés, des tarifs fixés unilatéralement et des conditions d'accès que nul gouvernement africain n'a réellement négociées. L'ironie de la situation est saisissante : l'Afrique du Sud extrait les minerais qui rendent l'IA possible, mais se retrouve traitée dans sa propre politique comme simple consommatrice de systèmes qu'elle n'a pas façonnés. Sans politique précisant ce qu'elle exige en contrepartie de l'accès à son marché, son levier structurel reste inutilisé. C'est pourtant le seul pays en développement disposant d'un pouvoir de négociation suffisant pour obtenir des conditions réellement différentes de celles que dictent Pékin ou Silicon Valley. Si l'Afrique du Sud renonce à exercer ce rapport de force, elle offre un précédent révélateur : même une position géologique dominante ne suffit pas à imposer des termes équitables dans la gouvernance mondiale de l'IA.

UELe cas sud-africain illustre les risques de dépendance aux infrastructures IA étrangères, un enjeu que l'UE tente précisément d'adresser via l'AI Act et ses politiques de souveraineté numérique.

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