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RégulationThe Decoder2h· 1 min de lecture

Hollywood veut interdire Seedance, mais souhaiterait aussi continuer a l'utiliser

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Bytedance, la maison mère de TikTok, se retrouve au cœur d'une controverse à Hollywood avec son outil de génération vidéo par IA, Seedance. Une vidéo devenue virale mettant en scène des versions générées par IA de Brad Pitt et Tom Cruise a poussé la Motion Picture Association (MPA) à envoyer sa toute première mise en demeure adressée à une entreprise d'intelligence artificielle. Ce geste marque un tournant : jamais l'organisation qui représente les grands studios américains n'avait engagé une telle démarche juridique contre un acteur de l'IA générative. Pourtant, selon Joel Kuwahara, producteur d'animation sur Les Simpson, plusieurs studios continueraient discrètement à utiliser Seedance en interne, selon une logique du type "don't ask, don't tell".

Cette contradiction illustre la position inconfortable dans laquelle se trouve l'industrie du cinéma face aux outils d'IA générative. D'un côté, les studios redoutent que des outils comme Seedance ne portent atteinte au droit à l'image des acteurs et n'ouvrent la voie à des utilisations non autorisées de visages et de voix de stars, avec des conséquences juridiques et réputationnelles potentiellement lourdes. De l'autre, ces mêmes outils offrent des gains de temps et de coûts significatifs pour des tâches de prévisualisation, d'animation ou d'effets visuels, ce qui explique leur adoption discrète par certaines équipes de production, malgré les réserves affichées publiquement.

Ce double discours révèle les tensions plus larges qui traversent Hollywood autour de l'IA générative depuis les grèves de la Writers Guild et du syndicat des acteurs SAG-AFTRA en 2023, qui avaient déjà porté la question de l'utilisation de l'IA sur les plateaux et dans les contrats. Bytedance, déjà scruté aux États-Unis pour ses liens avec la Chine via TikTok, ajoute ici un nouveau front de friction avec l'industrie du divertissement américain. L'issue de ce bras de fer entre mise en demeure officielle et usage officieux pourrait influencer la manière dont d'autres studios et syndicats encadreront, à l'avenir, le recours aux outils vidéo génératifs.

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Le gouvernement américain a ordonné vendredi soir à Anthropic de suspendre immédiatement l'accès à Mythos 5 et Fable 5, ses deux modèles les plus avancés dans le domaine de la cybersécurité. La directive s'appuie sur des impératifs de sécurité nationale et mobilise les pouvoirs de contrôle des exportations dont dispose Washington, un arsenal juridique habituellement réservé aux technologies militaires et aux semi-conducteurs. Anthropic, dont le siège est à San Francisco, n'a eu d'autre choix que de se conformer dans l'immédiat. Cette décision marque un tournant dans la régulation de l'IA générative aux États-Unis. En ciblant spécifiquement les capacités cyber des modèles, Washington envoie un signal clair : certaines aptitudes de l'IA, jugées trop sensibles, relèvent désormais du domaine régalien. Pour les entreprises qui utilisaient ces modèles dans leurs outils de sécurité informatique, la coupure est immédiate et sans alternative garantie. Pour l'industrie dans son ensemble, le précédent est considérable : si les autorités peuvent suspendre un produit commercial au nom de la sécurité nationale, chaque laboratoire d'IA doit désormais intégrer ce risque réglementaire dans sa stratégie produit. Ce mouvement s'inscrit dans une tendance de fond observée depuis 2023, où Washington tente de reprendre la main sur la diffusion des technologies d'IA les plus puissantes, notamment face à la concurrence chinoise. Les contrôles à l'exportation des puces Nvidia avaient ouvert la voie ; le ciblage des modèles eux-mêmes constitue une étape supplémentaire. La question qui se pose désormais est celle de la réponse des autres acteurs du secteur : OpenAI, Google DeepMind et Meta développent tous des modèles aux capacités similaires, et observent attentivement la façon dont Anthropic négocie la suite.

UELes contrôles d'exportation américains sur les modèles IA pourraient restreindre immédiatement l'accès des entreprises européennes aux outils de cybersécurité fondés sur ces modèles, les exposant à un risque réglementaire unilatéral émanant de Washington.

💬 C'est le précédent qu'on craignait tous. Washington vient de démontrer qu'un modèle IA peut être coupé du jour au lendemain, exactement comme on coupe l'accès à une puce Nvidia, au nom de la sécurité nationale. Les boîtes européennes qui avaient intégré ces modèles dans leurs outils de sécu viennent de découvrir leur vraie dépendance.

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AI Act : les Eurodéputés veulent repousser des échéances clés et interdire les IA générant les deepfakes sexuels
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AI Act : les Eurodéputés veulent repousser des échéances clés et interdire les IA générant les deepfakes sexuels

Le Parlement européen a adopté une résolution visant à reporter certaines échéances clés de l'AI Act, le règlement européen sur l'intelligence artificielle entré en vigueur en août 2024. Les eurodéputés souhaitent notamment décaler l'application de plusieurs obligations pour donner plus de temps aux entreprises et aux États membres de s'y conformer. La chambre propose également d'inscrire dans le texte une interdiction explicite des applications d'IA permettant de générer des deepfakes sexuels non consentis. Ces ajustements ont des conséquences directes pour les développeurs et fournisseurs de systèmes d'IA en Europe : un délai supplémentaire signifie moins de pression immédiate sur la conformité, mais aussi un signal que la mise en œuvre du texte reste complexe. L'interdiction des deepfakes sexuels répond à une demande croissante de protection des victimes — majoritairement des femmes — face à une pratique en forte hausse facilitée par les outils génératifs grand public. L'AI Act est le premier cadre légal mondial complet sur l'IA, fruit de trois ans de négociations entre le Parlement, le Conseil et la Commission européenne. Son déploiement progressif jusqu'en 2026 fait l'objet de tensions entre ambitions réglementaires et compétitivité industrielle, dans un contexte où l'Europe cherche à ne pas décrocher face aux géants américains et chinois de l'IA.

UELe Parlement européen propose de reporter certaines échéances de l'AI Act et d'interdire explicitement les deepfakes sexuels non consentis, modifiant directement le calendrier de conformité pour tous les développeurs et fournisseurs de systèmes d'IA opérant sur le marché européen.

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☕️ Le Parlement européen repousse la régulation de l’IA et veut interdire la nudification
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☕️ Le Parlement européen repousse la régulation de l’IA et veut interdire la nudification

Le Parlement européen a adopté ce jeudi une position officielle sur la simplification du règlement sur l'intelligence artificielle, avec 569 voix pour, 45 contre et 23 abstentions. Les députés proposent de repousser l'entrée en vigueur des obligations pour les systèmes d'IA à haut risque du 2 août 2026 au 2 décembre 2027, soit près d'un an et demi de délai supplémentaire. Les systèmes couverts par la législation sectorielle européenne de sécurité et de surveillance du marché sont, eux, repoussés au 2 août 2028. Par ailleurs, les règles sur le marquage numérique des contenus générés par IA — images, vidéos, textes, audio — sont décalées à novembre 2026, alors qu'elles devaient entrer en vigueur cet été. En parallèle, les députés introduisent une interdiction explicite des outils de « nudification », ces applications qui utilisent l'IA pour créer ou manipuler des images sexuellement explicites ressemblant à une personne réelle identifiable sans son consentement. Ces reports témoignent d'une tension profonde au sein des institutions européennes entre l'ambition régulatrice et la pression économique. Repousser les obligations pour les systèmes à haut risque signifie que des outils d'IA déployés dans des domaines sensibles — recrutement, crédit, justice, médecine — pourront continuer à opérer sans audit formel pendant encore deux ans. Pour les entreprises tech, c'est un répit bienvenu ; pour les associations de défense des droits numériques, c'est une capitulation devant les lobbys industriels. L'interdiction des outils de nudification apporte en revanche une réponse concrète à une urgence documentée : l'Internet Watch Foundation a alerté cette semaine sur la multiplication d'images et vidéos pédocriminelles générées par IA, soulignant l'ampleur du problème dès maintenant, bien avant toute entrée en vigueur d'un cadre légal. Ce vote s'inscrit dans le septième paquet omnibus de simplification proposé par la Commission européenne depuis novembre 2025, qui cherche à alléger les contraintes réglementaires pesant sur les entreprises dans un contexte de compétition accrue avec les États-Unis et la Chine. Le vote de position du Parlement ouvre désormais la voie aux négociations avec le Conseil de l'UE, puis à un trilogue avant le vote définitif sur la version consolidée de l'AI Act. La question du marquage des contenus IA est particulièrement sensible : des bases de données recensent déjà près de 12 000 sites d'actualités entièrement générés par IA, rendant la traçabilité de l'origine des contenus d'autant plus urgente. Le calendrier législatif révisé laisse donc plusieurs mois supplémentaires pendant lesquels ces contenus circuleront sans obligation d'identification.

UELe Parlement européen vote pour repousser les obligations de l'AI Act pour les systèmes à haut risque jusqu'en décembre 2027, offrant un sursis aux entreprises françaises et européennes déployant l'IA dans des secteurs sensibles (recrutement, crédit, médecine), tout en introduisant une interdiction explicite des outils de nudification.

💬 L'interdiction des outils de nudification, c'est du concret là où il en fallait vraiment. Mais repousser les obligations sur les systèmes à haut risque jusqu'en 2027, ça veut dire deux ans de plus sans audit formel pour des IA qui décident de ton crédit ou de ton embauche, et franchement c'est un cadeau aux lobbys industriels habillé en simplification. Reste à voir si le Conseil fait mieux au trilogue, mais j'y crois moyen.

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L'UE veut réguler l'IA mais dépend de la coopération d'OpenAI et Anthropic
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L'UE veut réguler l'IA mais dépend de la coopération d'OpenAI et Anthropic

L'Union européenne peine à exercer une supervision concrète sur les modèles d'IA les plus puissants, faute d'accès garanti aux systèmes qu'elle souhaite évaluer. OpenAI a proposé à la Commission européenne un accès direct à son nouveau modèle GPT-5.5 Cyber pour des évaluations de sécurité, et des discussions sont déjà en cours. Du côté d'Anthropic, la situation est plus bloquée : après quatre à cinq réunions portant sur son modèle Mythos, les régulateurs n'ont toujours pas obtenu l'accès demandé. Ce décalage révèle une fragilité structurelle du cadre réglementaire européen. L'AI Act, présenté comme le premier règlement contraignant au monde sur l'intelligence artificielle, n'impose pas encore de mécanismes d'accès obligatoires et opposables aux modèles les plus avancés. Résultat : les régulateurs ne peuvent pas auditer ce qu'on ne leur montre pas. Si les grandes entreprises américaines choisissent de coopérer à des degrés très différents, c'est toute la crédibilité de la supervision européenne qui s'en trouve fragilisée, et avec elle la confiance du public dans l'efficacité réelle de ces règles. La situation intervient alors que l'Europe accélère la mise en oeuvre de l'AI Act, dont les premières obligations pour les modèles à usage général sont entrées en vigueur en août 2024. Les modèles dits "à risque systémique" sont soumis à des exigences de transparence renforcées, mais les mécanismes d'audit indépendants restent en construction. L'Europe se retrouve dans une position inconfortable : vouloir réguler des technologies qu'elle ne produit pas, face à des entreprises dont le siège, les ressources juridiques et les leviers de négociation sont aux États-Unis.

UEL'AI Act ne dispose pas encore de mécanismes d'accès contraignants pour les modèles à risque systémique, exposant une fragilité structurelle dans la capacité de supervision des régulateurs européens face aux grands fournisseurs américains.

💬 Anthropic refuse l'accès depuis cinq réunions, OpenAI joue le jeu pour l'instant : ce décalage dit tout sur ce que "régulation" veut vraiment dire ici. L'AI Act a des obligations de transparence, mais sans droit d'audit opposable, c'est un règlement qui demande poliment. Reste à voir combien de temps les coopérations volontaires tiendront quand les audits commenceront à coûter quelque chose.

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