Kling AI vaut déjà 15 milliards de dollars : pourquoi son modèle économique convainc les investisseurs ?
Kling AI, la filiale d'intelligence artificielle du groupe chinois Kuaishou, vient de finaliser une levée de fonds qui la valorise à environ 15 milliards de dollars. L'opération apporte près de 3 milliards de dollars de capitaux frais, dont 19 milliards de yuans (environ 2,79 milliards de dollars) injectés directement par Kuaishou. Tencent participe à hauteur de 200 millions de dollars, aux côtés de 21 autres investisseurs indépendants parmi lesquels Baidu, la branche cloud d'Alibaba, ainsi que plusieurs fonds publics et sociétés liées au cinéma et à la télévision, selon le South China Morning Post. À l'issue de l'opération, la participation de Kuaishou dans sa filiale reculera à 68 %. Lancée en juin 2024, Kling AI a dépassé 20 millions de dollars de revenus mensuels dès décembre 2025, soit un rythme annualisé de 240 millions de dollars, contre 100 millions de dollars seulement en mars de la même année. Ce seuil est atteint en à peine 19 mois d'existence, une progression que Kuaishou a rendue publique pour appuyer la valorisation retenue lors de cette levée.
Cette trajectoire financière change la nature du dossier pour les investisseurs. Jusqu'ici, la génération vidéo par IA était surtout jugée sur ses prouesses techniques ; elle démontre désormais qu'elle peut générer des revenus récurrents et croissants, à un moment où de nombreux acteurs du secteur continuent d'accumuler des dépenses de calcul sans prouver une capacité équivalente à monétiser leurs produits. Kling AI revendique plus de 60 millions de créateurs touchés dans le monde depuis son lancement, une base d'utilisateurs qui, selon les investisseurs, constitue un avantage concurrentiel déterminant. L'entreprise peut en outre s'appuyer sur l'écosystème de sa maison mère : la plateforme de vidéos courtes de Kuaishou compte environ 700 millions d'utilisateurs actifs mensuels, un vivier de distribution et d'usages vidéo que peu de concurrents peuvent égaler.
Cette levée s'inscrit dans un pari plus large sur l'avenir de la création de contenus assistée par IA. Kling AI cherche à se positionner comme un véritable studio de création centralisé, capable de séduire aussi bien les créateurs individuels que des secteurs disposant de budgets de production visuelle conséquents. Sa nouvelle série de modèles, baptisée 3.0, promet un meilleur contrôle narratif et davantage de cohérence dans les vidéos générées, deux limites qui freinaient jusqu'à présent l'adoption professionnelle de ces outils. La composition du tour de table, mêlant géants technologiques chinois et acteurs du divertissement, laisse entrevoir une bataille naissante pour le contrôle des futurs outils de production vidéo par IA, dans un marché où la Chine cherche à s'imposer face aux acteurs américains du secteur.
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