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BusinessLe Big Data7h· 2 min de lecture

Les copilotes ne suffisent plus : AWS et Aily Labs misent sur l’IA qui prend des décisions

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Après la vague des copilotes d'entreprise, AWS et Aily Labs annoncent un partenariat pour déployer des agents d'intelligence décisionnelle auprès des entreprises du Fortune 500. L'annonce, relayée début décembre 2025, positionne ces agents comme disponibles sur AWS Marketplace et adossés à Amazon Bedrock, la plateforme de modèles de fondation d'Amazon. Cinq fonctions métier sont visées en priorité : la finance, la chaîne d'approvisionnement, la fabrication, la recherche et développement, ainsi que le commerce. Au cœur du dispositif, Aily Labs propose un « Super Agent » qui orchestre plusieurs centaines de modèles de machine learning et des milliers d'agents d'entreprise, capables de suivre des indicateurs de performance, de repérer un risque ou une opportunité, de simuler différents scénarios, puis de recommander ou d'exécuter une décision. Grâce à Amazon Bedrock, le système peut faire appel à plusieurs modèles de fondation, dont ceux d'Anthropic, et orienter chaque tâche vers le modèle jugé le plus adapté. Pour les clients déjà présents sur AWS, Aily Labs affirme pouvoir déployer sa solution en une seule journée, directement dans l'infrastructure de données et les mécanismes de sécurité existants du client.

Cette évolution marque un changement de nature dans l'usage de l'IA en entreprise. Là où un copilote se contente de produire une synthèse ou d'assister un salarié dans une tâche, l'agent décisionnel entend répondre directement à une question opérationnelle : que faut-il faire, quelles en seront les conséquences, et quelle action peut être engagée immédiatement. Un système capable de relier une baisse de la demande à la production, aux niveaux de stocks et aux prévisions financières touche ainsi directement à la performance de l'entreprise, et non plus seulement à la productivité individuelle d'un employé. Pour les grands groupes visés en premier lieu, notamment dans les secteurs pharmaceutique et des biens de consommation, l'enjeu commercial est également important : la facturation peut être centralisée sur le compte AWS existant et intégrée aux engagements de dépenses cloud déjà négociés, ce qui simplifie l'adoption sans créer de nouveau fournisseur à référencer.

Le problème que cible Aily Labs n'est pas la rareté des données mais leur fragmentation. Les grandes entreprises accumulent déjà d'importants volumes d'informations dans leurs systèmes financiers, leurs chaînes logistiques, leurs usines ou leurs activités commerciales, mais ces données restent enfermées dans des silos distincts. Les méthodes traditionnelles, fondées sur des rapports statiques et des analyses manuelles, ralentissent les arbitrages et peuvent faire manquer des opportunités. En s'appuyant sur l'infrastructure et la sécurité déjà en place chez AWS, sans imposer de nouveaux audits de conformité, ce partenariat illustre une tendance plus large du secteur du cloud à intégrer l'IA générative directement dans les processus de décision des grandes entreprises, plutôt que de la cantonner à un rôle d'assistance périphérique.

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Microsoft et Amazon ont annoncé coup sur coup la création de divisions dédiées au Forward Deployed Engineering (FDE), c'est-à-dire au placement direct d'ingénieurs IA chez leurs clients entreprise. Chez Microsoft, cette nouvelle entité baptisée Microsoft Frontier Company doit mobiliser 2,5 milliards de dollars d'investissement et réunir 6 000 experts métier et ingénieurs. Selon Judson Althoff, CEO de Microsoft Commercial Business, elle doit devenir « l'organisation d'ingénierie la plus importante, compétente et orientée vers l'obtention de résultats concrets et mesurables pour les clients », chargée de co-concevoir et déployer des systèmes d'IA à grande échelle avec les entreprises clientes. De son côté, Amazon Web Services a annoncé plus tôt dans la semaine sa propre division Forward Deployed Engineering, avec un investissement de 1 milliard de dollars. OpenAI avait ouvert le bal dès le mois de mai en rachetant l'ESN Tomoto pour créer The OpenAI Deployment Company, financée par 19 investisseurs pour plus de 4 milliards de dollars. Une semaine auparavant, Anthropic avait dévoilé un dispositif comparable, en s'associant à des acteurs financiers pour bâtir une structure commerciale où ses ingénieurs travaillent aux côtés d'intégrateurs partenaires afin d'accélérer le déploiement de projets fondés sur les modèles Claude, sans que le montant investi soit précisé. Google Cloud a lui aussi annoncé début juin son intention de recruter massivement sur ce créneau. Cette course au FDE traduit un changement de modèle économique pour les géants de l'IA, qui ne se contentent plus de vendre des accès API ou du cloud mais placent désormais des compétences humaines directement dans les équipes de leurs clients pour garantir des résultats métiers concrets. Pour les entreprises, cela promet des déploiements plus rapides et mieux adaptés à leurs cas d'usage réels, mais soulève aussi la question du contrôle : Microsoft insiste ainsi sur sa capacité à proposer des modèles OpenAI, Anthropic, Microsoft AI ou open source « sans jamais perdre le contrôle au profit d'un acteur unique », signe que la crainte d'un enfermement chez un fournisseur unique est bien présente chez les clients. Le concept de FDE a été popularisé par Palantir, qui en a fait une marque de fabrique jusque dans des contrats sensibles, à l'image de la DGSI française, où la société française ChapsVision vient justement de lui souffler le contrat en mettant en avant cette même approche de proximité terrain. Face à la difficulté persistante des entreprises à transformer leurs projets d'IA en résultats mesurables, les hyperscalers et laboratoires d'IA généralisent désormais cette méthode, ouvrant une nouvelle guerre des talents autour des ingénieurs de déploiement.

UELa societe francaise ChapsVision illustre cette dynamique en remportant face a Palantir le contrat de la DGSI grace a une approche similaire de deploiement d'ingenieurs sur le terrain.

💬 Microsoft, Amazon, Google, OpenAI, Anthropic : tout le monde envoie ses ingénieurs bosser directement chez le client, et ça dit tout du vrai problème de l'IA en entreprise. Ce n'est plus une histoire d'accès API, c'est une guerre de service après-vente à coups de milliards, parce que sans quelqu'un sur place pour faire tourner le truc, les projets IA restent des PowerPoint. Et ce qui devrait alerter les DSI, c'est que ChapsVision vient de piquer le contrat de la DGSI à Palantir avec exactement la même recette : la vraie bataille n'est plus le modèle, c'est qui a les mains dans le cambouis.

BusinessOpinion
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Netomi lève 110 millions de dollars, Accenture et Adobe misent sur l'IA pour le service client
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Netomi lève 110 millions de dollars, Accenture et Adobe misent sur l'IA pour le service client

Netomi, startup basée à San Francisco spécialisée dans les systèmes d'IA pour le service client en entreprise, a annoncé jeudi avoir levé 110 millions de dollars lors d'un tour de table mené par Accenture Ventures, avec la participation d'Adobe Ventures, WndrCo, Silver Lake Waterman, NAVER Ventures, Metis Strategy et Fin Capital. Jeffrey Katzenberg, cofondateur de DreamWorks et associé directeur de WndrCo, rejoint le conseil d'administration. Ce financement s'ajoute à un premier cercle d'investisseurs prestigieux comprenant Greg Brockman (cofondateur d'OpenAI), Demis Hassabis (cofondateur de Google DeepMind) et Mustafa Suleyman (directeur de Microsoft AI). L'opération ne s'arrête pas à l'apport de capitaux : Accenture a simultanément conclu une alliance mondiale avec Netomi pour déployer la plateforme auprès de ses clients du Fortune 100, mobilisant des centaines de consultants formés à l'outil. Adobe Ventures prévoit quant à elle d'intégrer Netomi dans son écosystème agentique Brand Concierge, donnant à la startup un accès direct à la couche logicielle qu'utilisent déjà de nombreuses grandes marques pour gérer leurs sites web et leurs parcours clients. Ce tour de table révèle une fracture qui se dessine dans l'IA d'entreprise : non plus entre ceux qui disposent d'un chatbot et ceux qui n'en ont pas, mais entre ceux capables de prouver que l'IA fonctionne dans les environnements réels, complexes et fortement encadrés des grandes organisations, et ceux qui brillent surtout en démonstration. Selon le PDG Puneet Mehta, un déploiement type chez un grand compte peut générer un impact de plusieurs dizaines de millions de dollars, certains clients étant sur une trajectoire à plusieurs centaines de millions. Gartner prédit que 40 % des applications d'entreprise intégreront des agents IA spécialisés d'ici fin 2026, contre moins de 5 % en 2025. Le marché autour de Netomi illustre l'intensité des enjeux. Sierra, la startup d'agents IA dirigée par l'ex-co-PDG de Salesforce Bret Taylor, a levé 350 millions de dollars à une valorisation de 10 milliards en septembre 2025 et réalisé trois acquisitions en 2026 à lui seul. Decagon a triplé sa valorisation à 4,5 milliards de dollars en janvier 2026 lors d'une Série D à 250 millions. Salesforce, ServiceNow et Intercom intègrent tous en urgence des agents IA dans leurs plateformes existantes, le Fin AI d'Intercom ayant franchi le seuil de 100 millions de dollars de revenus annuels récurrents à 0,99 dollar par résolution. Dans ce contexte, la levée de Netomi se distingue moins par son montant que par sa construction stratégique : l'alliance entre le réseau de distribution mondial d'Accenture, la présence d'Adobe dans la gestion de l'expérience numérique et le bilan de déploiements en production de Netomi représente une tentative coordonnée d'inscrire l'IA non comme une surcouche de chatbot, mais comme l'intelligence centrale qui gouverne l'ensemble des expériences digitales des entreprises.

UELa généralisation des agents IA spécialisés dans le service client d'entreprise, 40 % des applications d'ici fin 2026 selon Gartner, concerne directement les grandes organisations françaises et européennes qui devront évaluer ces solutions dans leurs stratégies de transformation numérique.

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SAP tente de reprendre la main sur les données d’entreprise avec DREMIO et PRIOR LABS
3FrenchWeb 

SAP tente de reprendre la main sur les données d’entreprise avec DREMIO et PRIOR LABS

SAP a annoncé quasiment en simultané deux acquisitions stratégiques majeures : Dremio, spécialiste américain des architectures lakehouse bâties sur le format ouvert Apache Iceberg, et Prior Labs, une startup allemande qui développe des modèles d'intelligence artificielle spécialement conçus pour les données tabulaires, le format de prédilection des entreprises. Les termes financiers des deux transactions n'ont pas été divulgués. Ces mouvements s'inscrivent dans la volonté de l'éditeur de Walldorf de repositionner sa plateforme cloud SAP Business Technology Platform comme le système nerveux des données d'entreprise à l'ère de l'IA. L'enjeu est considérable : les grandes entreprises disposent de vastes stocks de données structurées dans des ERP, des entrepôts de données et des lacs de données disparates, et peinent à les exploiter pour alimenter des agents IA ou des analyses prédictives. En intégrant Dremio, SAP offrirait à ses clients la capacité d'interroger ces données en temps réel sans les déplacer, grâce à la couche de requête universelle qu'Iceberg permet. Prior Labs, de son côté, apporte des modèles capables d'apprendre directement sur des tableaux sans pré-entraînement massif, ce qui accélère drastiquement le déploiement de l'IA sur les données métier. SAP se retrouve dans une course serrée face à Salesforce, Microsoft et ServiceNow, tous en train de muscler leurs capacités IA sur les données d'entreprise. L'approche "lakehouse ouvert" de Dremio tranche avec les silos propriétaires traditionnels, un argument commercial puissant face aux clients méfiants du vendor lock-in. Ces deux rachats signalent que SAP parie sur une architecture de données ouverte et fédérée comme socle de sa prochaine génération d'agents IA d'entreprise.

UESAP, entreprise allemande et leader mondial des ERP, renforce sa plateforme IA avec l'acquisition de Prior Labs (startup allemande), impactant directement les milliers d'entreprises françaises et européennes clientes de SAP.

💬 SAP qui mise sur Apache Iceberg et une architecture ouverte, ça change vraiment quelque chose par rapport à leur approche historique. Prior Labs m'intrigue plus que Dremio, en fait : des modèles qui apprennent directement sur des données tabulaires sans pré-entraînement massif, c'est exactement ce dont les équipes métier ont besoin pour déployer de l'IA sans passer par six mois de data prep. Reste à voir si SAP sait intégrer sans casser ce qui faisait l'intérêt de ces deux boîtes.

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☕️ Quand l’IA agentique coûte plus cher que de payer ses employés humains
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Les grandes entreprises technologiques font face à une équation économique qui commence à gripper sérieusement leurs ambitions d'IA : la facturation à l'usage des agents IA, calculée en tokens et non plus en abonnements forfaitaires, rend ces systèmes plus onéreux que les employés humains qu'ils sont censés remplacer ou assister. Le CTO d'Uber, Praveen Neppalli Naga, a reconnu avoir épuisé la totalité de son budget IA 2026 en seulement quatre mois. Bryan Catanzaro, vice-président en charge de l'apprentissage profond appliqué chez Nvidia, est encore plus direct : pour son équipe, le coût de la puissance de calcul dépasse désormais celui des salaires. Microsoft, après avoir encouragé en décembre dernier des milliers de ses développeurs à utiliser Claude Code d'Anthropic, vient d'annuler ces licences et les contraint à migrer vers GitHub Copilot CLI. Ce même GitHub Copilot, qui avait limité fin avril les nouveaux abonnements individuels, basculera en juin vers une facturation indexée sur la consommation réelle de tokens. Cette pression économique a engendré un phénomène pervers baptisé « tokenmaxxing » : des employés génèrent artificiellement de l'activité IA pour gonfler leurs statistiques de consommation, moins pour produire du code utile que pour paraître surproductifs aux yeux de leur hiérarchie. Amazon a fixé comme objectif que 80 % de ses développeurs utilisent l'IA chaque semaine et suit leur consommation de tokens. Meta est allé plus loin encore, avec un tableau de bord interne attribuant le statut de « Token Legend » aux plus grands consommateurs. Ce que ces pratiques révèlent, c'est que les métriques de tokens sont devenues des indicateurs de performance managériale avant d'être des mesures de valeur créée. La question de fond est structurelle : les modèles agentiques consomment beaucoup plus de tokens par tâche que les modèles classiques, et cette intensité ne sera pas compensée par la baisse des coûts unitaires. Un rapport Gartner estime que le coût d'inférence sur un LLM sophistiqué pourrait chuter de 90 % d'ici 2030, mais prévoit néanmoins que le coût total de l'IA continuera d'augmenter si la consommation progresse plus vite que la déflation tarifaire. Jensen Huang, PDG de Nvidia, imaginait récemment un futur où 100 agents IA travailleraient aux côtés de chaque employé humain de son entreprise, une vision qui semble économiquement intenable dans le modèle de facturation actuel. L'industrie se retrouve donc devant un choix structurant : soit les prix s'effondrent suffisamment vite, soit les entreprises doivent revoir radicalement leur usage de l'IA agentique, sous peine de financer des dépenses dont le retour reste difficile à démontrer.

UELes entreprises européennes qui adoptent des agents IA à grande échelle sont exposées aux mêmes pressions économiques liées à la facturation à l'usage, remettant en question la viabilité budgétaire de leurs projets d'IA agentique.

💬 Uber qui épuise son budget IA en quatre mois, Nvidia qui dit que le compute dépasse les salaires : c'est pas un bug, c'est le modèle. Les agents consomment structurellement 10 à 100 fois plus de tokens qu'un chat classique, et aucune baisse de prix unitaire ne rattrapera ça avant 2-3 ans. Le tokenmaxxing chez Amazon et Meta, des gens qui gonflent leur conso pour paraître productifs sur un dashboard, c'est juste le signe qu'on a mis la mauvaise métrique au centre.

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