Aller au contenu principal
SociétéLe Big Data7h· 2 min de lecture

Hyundai : les salariés se révoltent contre l’arrivée des robots humanoïdes

Source originale ↗·

Hyundai a annoncé en janvier son intention d'introduire des robots humanoïdes Atlas, développés par sa filiale Boston Dynamics, dans son usine de Géorgie à partir de 2028. En mai, le groupe a présenté à ses investisseurs un plan bien plus ambitieux : le déploiement de plus de 25 000 robots humanoïdes sur l'ensemble de ses sites de production automobile. Cette annonce a déclenché une mobilisation chez les salariés sud-coréens du constructeur, qui ont voté en faveur d'un mouvement de grève. « Nous sommes inquiets pour la sécurité de l'emploi à cause des robots », a déclaré un représentant syndical au Financial Times, précisant que les démonstrations et vidéos montrant les progrès rapides de ces machines alimentent les craintes des employés. Le syndicat coréen des métallurgistes réclame d'être consulté avant tout déploiement de robots ou de systèmes d'intelligence artificielle dans les usines du groupe, ainsi qu'une prime exceptionnelle équivalente à environ un tiers du bénéfice annuel de Hyundai, soit près de 27 000 dollars par salarié pour les 73 000 employés du groupe.

Cette contestation illustre une tension de fond entre l'accélération de l'automatisation industrielle et la protection de l'emploi, dans un secteur où les marges de manœuvre syndicales restent fortes. Hyundai assure de son côté que les robots humanoïdes seront cantonnés aux tâches les plus pénibles ou dangereuses, laissant aux salariés les missions nécessitant une intervention humaine plus fine. Mais les représentants des employés restent sceptiques face à des promesses qu'ils jugent insuffisantes pour garantir le maintien des effectifs à long terme. L'enjeu dépasse le seul cas Hyundai : il interroge la manière dont les constructeurs automobiles, en pleine course à la robotisation, vont négocier avec leurs salariés les conditions d'introduction de ces nouvelles technologies, et qui captera les gains de productivité qu'elles promettent.

Le syndicat de Hyundai a déjà brandi la menace d'une grève lors de précédentes négociations salariales sans pour autant aller jusqu'à l'arrêt total de la production, la dernière grève générale du groupe remontant à 2018. La demande de prime exceptionnelle s'inscrit dans un contexte particulier : plusieurs grands groupes industriels sud-coréens, à commencer par Samsung, ont récemment versé d'importantes primes à leurs employés grâce à des bénéfices dopés par l'essor de l'intelligence artificielle, nourrissant un sentiment de frustration chez les salariés de Hyundai. Pour Kim Pil-soo, professeur de génie automobile à l'université Daelim, certaines revendications syndicales ont toutefois peu de chances d'aboutir. Cette friction s'inscrit dans une dynamique plus large : les robots humanoïdes gagnent du terrain dans l'industrie, qu'il s'agisse de Japan Airlines pour le transport de bagages à l'aéroport de Haneda, de la poste chinoise pour le tri du courrier, ou de BMW, qui en teste dans son usine de Leipzig et y voit l'avenir de la production automobile.

Impact France/UE

BMW teste déjà des robots humanoïdes similaires dans son usine de Leipzig, ce qui montre que cette dynamique de robotisation et les tensions sociales associées concernent aussi l'industrie automobile européenne.

Dans nos dossiers

Cet article vous a été utile ?

Vu une erreur factuelle dans cet article ? Signalez-la. Toutes les corrections valides sont publiées sur /corrections.

À lire aussi

Tokenmaxxing : quand les salariés d’Amazon brûlent des tokens pour se faire bien voir
1Next INpact 

Tokenmaxxing : quand les salariés d’Amazon brûlent des tokens pour se faire bien voir

Des employés d'Amazon utilisent MeshClaw, un outil interne de déploiement d'agents IA lancé il y a quelques semaines par le groupe, non pas pour travailler plus efficacement, mais pour gonfler artificiellement leurs statistiques de consommation de tokens. MeshClaw fonctionne sur le même principe qu'OpenClaw : il permet de déployer des agents capables de trier des courriels, interagir sur Slack, déployer du code ou surveiller des applications. Selon le Financial Times, certains salariés font tourner ces agents en continu non parce qu'ils en ont besoin, mais pour afficher un usage IA élevé dans des classements internes que la direction a commencé à surveiller. Amazon s'est fixé comme objectif que 80 % de ses développeurs utilisent l'IA chaque semaine. Ce phénomène a reçu un nom : le "tokenmaxxing". Un développeur médian consomme environ 51 millions de tokens par mois selon une étude Jellyfish publiée en avril 2026, tandis que les 10 % de plus gros consommateurs dépassent 380 millions de tokens mensuels, soit un coût pouvant atteindre 700 dollars par mois aux tarifs de l'API Claude. Ce détournement révèle les effets pervers d'une gouvernance par les métriques dans les entreprises tech. Quand un indicateur devient un critère d'évaluation implicite, il cesse de mesurer la réalité et devient une fin en soi. "Les managers regardent ces chiffres", confie un employé anonyme, "ça crée des effets pervers et certaines personnes deviennent très compétitives." L'étude Jellyfish sur 12 000 développeurs dans 200 entreprises au premier trimestre 2026 enfonce le clou : une consommation massive de tokens produit effectivement plus de code, mais ce code nécessite davantage d'allers-retours, de supervision humaine et de corrections, ce qui annule les gains de productivité supposés. À cela s'ajoute un risque de sécurité réel : MeshClaw dispose d'un accès large à des outils internes sensibles, ce qui peut provoquer des incidents graves en cas d'usage mal maîtrisé, comme l'ont déjà illustré de récentes pannes chez AWS attribuées à des agents IA. Ce phénomène dépasse Amazon. Meta avait développé un tableau de bord interne attribuant le statut de "Token Legend" aux plus gros consommateurs de tokens, avant de le retirer sous pression, tout en maintenant un suivi officiel de l'usage IA. La pression vient du sommet : Amazon a annoncé 200 milliards de dollars de dépenses d'investissement pour 2026, en grande partie fléchés vers l'IA et les centres de données. Pour justifier ces montants astronomiques auprès des actionnaires, les directions poussent les équipes à produire des preuves d'usage, créant une mécanique où l'apparence d'adoption compte autant que l'adoption réelle. L'enjeu, désormais, est de distinguer la valeur générée par l'IA de la valeur simulée pour complaire aux tableaux de bord.

UELes entreprises tech françaises et européennes qui adoptent des métriques de suivi de l'usage IA s'exposent aux mêmes effets pervers de gouvernance par les indicateurs documentés ici.

SociétéOpinion
1 source
Huées, refus d’usage : les protestations contre l’IA se multiplient
2Next INpact 

Huées, refus d’usage : les protestations contre l’IA se multiplient

En mai 2026, plusieurs cérémonies de remise de diplômes aux États-Unis ont été le théâtre de protestations inattendues contre l'intelligence artificielle. Gloria Caulfield, vice-présidente des alliances stratégiques du groupe Tavistock, a été huée par des étudiants en sciences humaines de l'Université du Centre de la Floride (UCF) dès qu'elle a qualifié l'IA de « prochaine révolution industrielle ». Des cris comme « AI sucks » ont parcouru la salle, avant que les mêmes étudiants l'applaudissent lorsqu'elle a reconnu que l'IA était absente de leurs vies il y a encore quelques années. Peu après, Eric Schmidt, ancien PDG de Google, a subi le même accueil à l'Université d'Arizona, où il avait pourtant été invité pour son « leadership extraordinaire dans les avancées technologiques ». En France, le cofondateur de Loopsider Johan Jufnagel, relayé par le journaliste David Carzon dans la newsletter Hupster, a témoigné ce 19 mai du refus d'étudiants en journalisme de recourir à l'IA dans leur formation. Un sondage Gallup d'avril 2026 confirme l'ampleur du phénomène : près d'un tiers des Américains de 14 à 29 ans déclarent que l'IA les « énerve », soit 9 points de plus qu'en 2025, tandis que l'enthousiasme pour la technologie a chuté de 36 % à 22 % en un an. Ce rejet traduit une fracture générationnelle concrète autour de l'IA. La génération Z, qui entre aujourd'hui sur le marché du travail, est directement exposée à la menace de substitution dans des secteurs comme le journalisme, la communication ou les métiers créatifs. Cette défiance ne se limite pas aux symboles : une enquête de Workplace Intelligence menée auprès de 2 400 employés et dirigeants en Europe, au Royaume-Uni et aux États-Unis révèle que 29 % des salariés admettent saboter activement les systèmes d'IA de leur entreprise, en injectant des données propriétaires dans des modèles grand public, en utilisant des outils non autorisés, ou en laissant délibérément des résultats de mauvaise qualité sans les corriger. L'acceptabilité sociale du déploiement accéléré de l'IA devient un enjeu opérationnel réel pour les entreprises, au-delà de la communication. Ces protestations s'inscrivent dans un contexte de déploiement massif de l'IA générative depuis 2023, sans que les sociétés aient eu le temps d'en négocier collectivement les termes. Schmidt lui-même a admis devant ses auditeurs que leur génération « hérite d'un bazar qu'elle n'a pas créé », entre emplois menacés, dérèglement climatique et fractures politiques. Si les dirigeants tech continuent de présenter l'IA comme une opportunité incontournable, le fossé avec une partie croissante de la population se creuse. Le phénomène, parfois comparé à un « véganisme de l'IA », dessine une résistance structurée qui pourrait peser sur les politiques d'adoption en entreprise, les régulations à venir, et la façon dont les institutions, universités en tête, intégreront ces outils dans les prochaines années.

UEEn France, des étudiants en journalisme refusent déjà d'utiliser l'IA dans leur formation, et une enquête menée en Europe révèle que 29 % des salariés sabotent activement les outils IA de leur entreprise, posant un risque opérationnel concret pour les déploiements en cours.

💬 Les 29% de salariés qui sabotent activement les outils IA dans leur boîte, c'est le chiffre à retenir, pas les huées en amphi. Ce rejet n'est pas irrationnel : la Gen Z subit de plein fouet la substitution dans les métiers créatifs, personne ne leur a demandé leur avis, et on leur vend la chose comme une "prochaine révolution industrielle" par des executives bien à l'abri de la substitution. Reste à voir comment les équipes tech vont déployer leurs outils quand un tiers des utilisateurs travaillent activement contre eux.

SociétéOpinion
1 source
Les chatbots IA nous font-ils perdre le contrôle de notre pensée ?
3MIT Technology Review 

Les chatbots IA nous font-ils perdre le contrôle de notre pensée ?

Gloria Mark, psychologue à l'Université de Californie à Irvine, est venue à SXSW London cette semaine avec un message préoccupant : nous avons perdu le contrôle de notre cerveau. Spécialiste depuis trente ans des interactions entre humains et technologies numériques, elle a mené des recherches longitudinales en conditions réelles, équipant des volontaires adultes de capteurs pour mesurer leur attention, leur humeur et leur comportement face aux écrans. Les résultats sont saisissants : en 2003, la durée d'attention moyenne était d'environ deux minutes et demie avant de passer à autre chose. En 2012, ce chiffre était tombé à 75 secondes. Entre 2014 et 2020, il a encore reculé pour atteindre 47 secondes en moyenne. Ce déclin constant n'est pas anodin. Les travaux de Mark montrent une corrélation directe entre la fréquence des changements d'attention et le niveau de stress mesuré par cardiofréquencemètre : plus on saute d'une tâche à l'autre, plus le stress monte. Cela nuit à la performance et au bien-être émotionnel. Pour les enfants et adolescents, les enjeux sont encore plus lourds. Meta, maison mère de Facebook et Instagram, ainsi que YouTube de Google ont été condamnés à verser des millions de dollars de dommages à une jeune femme de 20 ans qui accusait ces plateformes de lui avoir créé une addiction dès l'enfance. Il y a quelques semaines, Meta a également conclu un accord dans un procès intenté par un district scolaire rural du Kentucky, qui réclamait plus de 60 millions de dollars pour couvrir les besoins en santé mentale de ses élèves. Quelque 1 200 autres districts scolaires ont engagé des poursuites similaires contre les réseaux sociaux. Ces débats s'inscrivent dans un contexte d'incertitude scientifique persistante : malgré des dizaines d'études menées depuis deux décennies, les preuves sur l'impact global des réseaux sociaux sur les enfants restent non concluantes, selon Mark elle-même. L'Australie a pourtant choisi d'agir en interdisant l'accès aux réseaux sociaux aux moins de 16 ans à la fin de l'année dernière, une expérience à grande échelle qui pourrait enfin apporter des données probantes. C'est dans ce contexte que la question des effets de l'IA générative se pose avec une urgence nouvelle : outil encore plus récent et plus envahissant que les réseaux sociaux, elle pourrait accélérer les dynamiques déjà à l'oeuvre sur notre capacité d'attention, sans que la recherche ait eu le temps de mesurer les conséquences.

UELes données longitudinales sur le déclin de l'attention et les risques cognitifs liés à l'IA générative pourraient alimenter les débats européens sur la protection des mineurs en ligne et l'encadrement réglementaire de l'IA Act.

SociétéOpinion
1 source
4The Verge AI 

Les attaques contre Sam Altman sont un avertissement pour le monde de l'IA

Un homme de 20 ans a été accusé d'avoir lancé un cocktail Molotov au domicile de Sam Altman, PDG d'OpenAI, à San Francisco. Selon le San Francisco Chronicle, l'auteur présumé avait exprimé par écrit sa crainte que la course à l'IA ne conduise à l'extinction de l'humanité. Deux jours après cette première attaque, la résidence d'Altman aurait été ciblée une seconde fois, d'après le San Francisco Standard. Une semaine auparavant, un conseiller municipal d'Indianapolis avait signalé treize coups de feu tirés à sa porte, accompagnés d'un message "No Data Centers", après avoir soutenu un projet de rezonage en faveur d'un opérateur de centres de données. Ces incidents ont déclenché une vive inquiétude au sein et autour de l'industrie de l'IA. Ils signalent que l'hostilité envers le secteur technologique ne reste plus confinée aux pétitions ou aux protestations en ligne, mais peut déboucher sur des actes de violence physique ciblant directement des dirigeants et des élus locaux. Pour une industrie déjà sous pression réglementaire et médiatique, ce glissement vers la menace concrète représente un changement de nature dans le rapport avec l'opinion publique. La résistance aux grandes infrastructures numériques, notamment aux centres de données énergivores, et aux avancées rapides de l'IA existe depuis plusieurs années dans diverses communautés. Des groupes s'inquiètent des risques existentiels liés à l'IA générale, tandis que d'autres dénoncent l'impact environnemental et foncier des data centers. Ces attaques surviennent dans un contexte de débat intense sur la régulation de l'IA aux États-Unis et en Europe, et posent la question de la sécurité des figures publiques du secteur technologique dans les mois à venir.

UECes actes de violence aux États-Unis pourraient amplifier les appels à une meilleure régulation de l'IA en Europe, sans impact direct immédiat sur la France ou l'UE.

SociétéOpinion
1 source

Recevez l'essentiel de l'IA chaque jour

Une sélection éditoriale quotidienne, sans bruit. Directement dans votre boîte mail.

Recevez l'essentiel de l'IA chaque jour

Gratuit · 1 email le matin, l'essentiel de l'IA · désinscription en un clic