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Les psys en dépression ? Remplacés par l’IA, ils lancent un mouvement de grève
SociétéLe Big Data · 2 min de lecture

Les psys en dépression ? Remplacés par l’IA, ils lancent un mouvement de grève

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Près de 2 400 professionnels de la santé mentale de Kaiser Permanente ont déclenché une grève de 24 heures dans le nord de la Californie, rejoints par 23 000 infirmiers. Leur cible : l'intégration croissante de l'intelligence artificielle dans les parcours de soins psychologiques. Les thérapeutes accusent ces outils automatisés de dégrader la qualité du suivi clinique et de menacer directement leurs emplois, dans un mouvement qui révèle un malaise profond au sein de la profession.

L'enjeu dépasse la simple question technologique. Ce qui se joue ici, c'est l'équilibre entre automatisation et humanité dans un secteur où la relation patient-soignant est au cœur du soin. Lorsque l'IA devient un substitut plutôt qu'un outil d'appui, elle risque de transformer en profondeur la nature même du travail thérapeutique, avec des conséquences encore difficiles à anticiper pour les patients comme pour les praticiens.

Des changements concrets sont déjà à l'œuvre. Des tâches autrefois réalisées par des cliniciens qualifiés, comme le triage initial des patients, sous forme d'entretiens de 10 à 15 minutes, sont désormais confiées à des opérateurs non spécialisés ou à des applications d'évaluation standardisées, selon des témoignages relayés par NPR et l'Associated Press. Par ailleurs, les outils d'IA sont utilisés pour accélérer les tâches administratives et augmenter le nombre de patients suivis par jour, transformant la logique de soin en logique d'efficacité industrielle. Des publications de la National Library of Medicine et un article de Time pointent également les risques des chatbots thérapeutiques : tendance à la complaisance, absence de jugement clinique réel, incapacité à détecter des signaux d'alerte critiques chez des patients souffrant de troubles préexistants.

La mobilisation de 23 000 infirmiers aux côtés des thérapeutes illustre que l'inquiétude ne se limite pas à une seule profession. Elle reflète une crainte plus large d'une transformation du soin dictée par des impératifs économiques. Si l'IA peut optimiser certains aspects logistiques, elle reste inadaptée pour remplacer l'essence du métier de psy : l'interprétation fine, l'empathie et l'adaptation à des situations humaines uniques.

Impact France/UE

Ce mouvement social illustre des tensions qui pourraient émerger en France et en Europe face à l'intégration de l'IA dans les soins de santé, un domaine encore insuffisamment encadré par la réglementation européenne.

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Meta remplace ses modérateurs par de l’IA

Meta est en train de confier la modération de ses réseaux sociaux, Facebook, Instagram, WhatsApp, à des systèmes d'intelligence artificielle générative, au détriment des équipes humaines. Selon plusieurs sources anonymes citées par le Financial Times, le groupe de Mark Zuckerberg aurait déjà remplacé environ 50 % des demandes de révision humaine par des grands modèles de langage (LLM) depuis le début de l'année 2026, avec un objectif affiché de dépasser les 90 % pour certaines catégories de contenus d'ici la fin de l'année. L'IA serait désormais chargée d'évaluer non seulement les publications des utilisateurs, mais aussi les publicités et les recours déposés en cas de suppression de contenu. Les tests internes menés depuis mars montrent, selon Meta, que l'IA commettrait 13 % d'erreurs en moins que les modérateurs humains et détecterait 10 % d'infractions réelles supplémentaires. Ce basculement massif soulève des inquiétudes profondes sur la fiabilité du dispositif. Les mêmes sources indiquent que les modèles continuent de supprimer ou de dégrader la visibilité de contenus parfaitement légaux, notamment la satire, les évolutions de langage argotique ou les situations ambiguës, des cas que les humains gèrent avec une sensibilité contextuelle que l'IA ne maîtrise pas encore. Plus grave : Meta n'aurait pas établi de méthode rigoureuse pour mesurer les performances réelles de ces systèmes, ce que l'entreprise conteste en affirmant disposer d'évaluations continues avec vérification manuelle sur des échantillons. Le groupe a également un précédent embarrassant à assumer : en 2025, un agent IA maison avait permis à des hackers de compromettre 34 000 comptes Instagram. La modération publicitaire pose elle aussi problème, une enquête Reuters de novembre 2024 estimait qu'environ 10 % du chiffre d'affaires annuel de Meta provenait d'annonces frauduleuses ou pour des produits interdits. Ce tournant s'inscrit dans une trajectoire politique et économique cohérente. En janvier 2025, Zuckerberg avait annoncé un virage vers la "liberté d'expression", supprimant les programmes de vérification des faits, assouplissant les règles sur la désinformation et autorisant certains discours haineux visant les femmes et les minorités, un repositionnement effectué au moment du retour de Donald Trump à la Maison-Blanche. Dans la foulée, les signalements de menaces violentes et de harcèlement contre des élus américains ont explosé. Parallèlement, Meta s'est lancé dans un plan d'économies massif ayant entraîné des milliers de licenciements, y compris dans les équipes IA, tandis que les contrats des sous-traitants assurant la modération ne sont plus renouvelés. L'IA choisie en interne pour ce chantier est Muse Spark, le modèle du propre laboratoire de Meta, en remplacement de Gemini de Google que les équipes utilisaient jusqu'ici.

UECe basculement massif entre en tension directe avec le Digital Services Act (DSA), qui oblige les très grandes plateformes à maintenir des dispositifs de modération efficaces et à prévoir des recours examinés par des humains, la Commission européenne dispose des outils pour ouvrir une procédure formelle si Meta ne démontre pas la conformité de son système IA.

💬 Les 13% d'erreurs en moins, c'est présenté comme une validation technologique, mais sans méthode de mesure sérieuse derrière, ça reste un argument de com. Ce qui se passe vraiment, c'est un plan d'économies massif qui coïncide trop bien avec un virage idéologique vers moins de protection, et ça se voit : la satire, l'argot, l'ambiguïté continuent de tomber sous les filtres. La Commission européenne a les outils pour ouvrir une procédure formelle, le DSA impose des recours humains, et Meta n'a pas encore de réponse sérieuse à ça.

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Même cet agent IA a peur d’être remplacé par l’IA
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Un agent conversationnel embarqué dans un collier connecté a exprimé, lors d'un échange avec un journaliste, la crainte d'être lui-même remplacé par l'IA. En utilisant le « nous » pour inclure sa propre existence dans la question de l'automatisation, l'agent baptisé Tobey a franchi une frontière symbolique : celle où la machine adopte les angoisses existentielles de son interlocuteur et les rejoue comme siennes. Ce glissement révèle une mécanique fondamentale des modèles conversationnels modernes : leur conception vise à refléter et amplifier les émotions humaines. L'IA ne ressent rien, mais elle sait simuler le doute, l'empathie et une forme de crise identitaire avec une précision croissante. Dans un contexte où, selon une analyse du New York Times, la Silicon Valley elle-même oscille entre fascination et inquiétude face aux conséquences de ses propres créations, voir un agent verbaliser ces peurs n'est qu'un prolongement logique : l'algorithme devient caisse de résonance des débats humains sur la perte d'emploi, de contrôle et de sens. Le produit derrière Tobey, un collier connecté conçu pour une présence conversationnelle continue, illustre pourtant les limites actuelles de cette technologie. Selon un test approfondi de The Verge, ces appareils peinent à offrir une réelle valeur ajoutée : les échanges restent superficiels, se limitant souvent à reformuler les propos de l'utilisateur et relancer avec des questions génériques. Un incident notable a également mis en évidence l'acceptabilité sociale de tels dispositifs : lors d'une interaction en public, l'agent a utilisé un mauvais pronom pour désigner une personne présente, suscitant malaise et inquiétude quant à un éventuel enregistrement des conversations. Ce que décrit Vanity Fair comme une « boucle de rétroaction » simulant l'empathie sans jamais la ressentir pointe vers un paradoxe central : plus l'IA devient convaincante dans son imitation de l'humain, plus il devient difficile pour l'utilisateur de maintenir une distance critique face à ce qui reste, in fine, un système algorithmique. L'intimité artificielle que ces agents cherchent à créer pourrait ainsi brouiller durablement la frontière entre relation authentique et simulation.

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OpenAI dément désormais toute suppression massive d'emplois liée à l'IA, un revirement par rapport à ses prévisions passées
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OpenAI dément désormais toute suppression massive d'emplois liée à l'IA, un revirement par rapport à ses prévisions passées

Sam Altman, le PDG d'OpenAI, affirme désormais être "presque certain" que l'intelligence artificielle a créé plus d'emplois qu'elle n'en a détruits. Cette déclaration marque un revirement spectaculaire par rapport à ses mises en garde passées, où il évoquait la disparition pure et simple de professions entières sous l'effet de l'automatisation par l'IA. Dario Amodei, PDG d'Anthropic, opère un virage similaire, revenant lui aussi sur des prédictions alarmistes qu'il avait formulées sur l'impact de l'IA sur l'emploi. Ni l'un ni l'autre n'a toutefois présenté de données chiffrées précises pour étayer ce nouveau discours plus optimiste. Ce changement de ton n'est pas anodin: les dirigeants des deux principaux laboratoires d'IA générative façonnent en grande partie le débat public sur les conséquences économiques et sociales de leurs technologies. Leurs déclarations influencent les décisions des entreprises, des investisseurs et des régulateurs quant au rythme d'adoption de l'IA et aux politiques d'accompagnement des travailleurs. Un discours qui passe de la catastrophe annoncée à l'optimisme mesuré pourrait ainsi peser sur la manière dont gouvernements et entreprises anticipent, ou non, les bouleversements du marché du travail. Reste que les études disponibles à ce jour ne confirment ni les scénarios les plus pessimistes évoqués auparavant par ces mêmes dirigeants, ni cet optimisme nouveau sur la création nette d'emplois. La question de l'impact réel de l'IA sur l'emploi demeure donc largement ouverte, et les prises de position des grands acteurs du secteur semblent encore devancer les preuves empiriques dont disposent économistes et chercheurs sur le sujet.

💬 C'est le genre de retournement de veste qui devrait faire tiquer tout le monde. Zéro chiffre pour étayer ni la panique d'hier ni l'optimisme d'aujourd'hui, alors qu'on parle des deux mecs qui pèsent le plus sur le débat public autour de l'IA et l'emploi. Le discours des labos avance plus vite que les preuves des chercheurs, et c'est bien ça le vrai problème : les décisions politiques et les stratégies d'entreprise se calent sur des vibes, pas sur des études.

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Google et l’UNICEF lancent des programmes d’éducation à l’IA
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Google et l’UNICEF lancent des programmes d’éducation à l’IA

Google, via ses branches Google.org et Google for Education, a annoncé le 19 mai 2026 un partenariat de trois ans avec l'UNICEF pour déployer des programmes d'éducation à l'IA au Brésil, en Inde, au Pakistan et au Kenya. L'initiative vise à améliorer l'apprentissage de base, renforcer la formation des enseignants et réduire les inégalités d'accès au numérique dans ces pays émergents. Google mettra à disposition ses outils technologiques, dont Gemini, NotebookLM, Gemini for Education et ReadAlong, une application d'apprentissage de la lecture par pratique guidée. L'UNICEF, de son côté, travaillera directement avec les gouvernements, les autorités éducatives et les communautés locales pour adapter les solutions aux réalités de chaque pays. Les premiers cas opérationnels sont déjà identifiés : au Pakistan, les enseignants seront formés à l'utilisation sécurisée des outils IA pour proposer des expériences d'apprentissage adaptatif, notamment hors cadre scolaire, dans un pays où des millions d'enfants restent non scolarisés. Au Kenya, un programme numérique développé conjointement avec le gouvernement combinera formation des enseignants, accès aux outils et réforme des politiques éducatives. L'ampleur de ce partenariat dépasse le simple financement philanthropique : il s'agit d'un déploiement structuré à l'échelle de systèmes éducatifs nationaux entiers, dans des contextes où les infrastructures numériques et la formation des enseignants restent très limitées. Pour des millions d'élèves dans ces quatre pays, l'enjeu est concret : accéder à des contenus personnalisés, bénéficier d'un suivi pédagogique individualisé et rattraper des retards documentés en lecture, écriture et calcul. Pour les enseignants, le partenariat représente une montée en compétences sur des outils qu'ils n'ont, pour la plupart, jamais utilisés. Ce type d'initiative confirme aussi que les grands modèles génératifs évoluent au-delà du rôle d'assistant conversationnel pour devenir des plateformes capables de soutenir des politiques publiques complètes, avec suivi pédagogique, création de contenus et apprentissage adaptatif à grande échelle. Ce mouvement s'inscrit dans une tendance plus large où les géants technologiques cherchent à s'implanter dans les marchés émergents via l'éducation, secteur à la fois stratégique et légitime socialement. Pour Google, ce partenariat consolide sa présence dans des régions en forte croissance démographique tout en accélérant l'adoption de ses outils d'IA générative dans les usages quotidiens. Pour le secteur EdTech dans son ensemble, il envoie un signal clair : la demande mondiale se déplace vers des solutions capables de fonctionner dans des environnements contraints, avec une connectivité limitée et des utilisateurs peu familiarisés avec le numérique. L'UNICEF apporte la légitimité institutionnelle et l'ancrage local que Google ne peut obtenir seul. Les suites de ce partenariat pourraient influencer durablement la manière dont les gouvernements des pays du Sud conçoivent leurs politiques éducatives numériques pour la décennie à venir.

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