Après Anthropic, et si les États-Unis décidaient de couper les meilleures IA ? Macron s’inquiète
Emmanuel Macron a profité du sommet du G7, le 17 juin 2026, pour exprimer publiquement ses inquiétudes face à la capacité des États-Unis à couper l'accès aux meilleurs modèles d'intelligence artificielle. Son intervention s'appuie directement sur une décision prise quelques jours plus tôt par Washington : l'administration Trump a interdit à Anthropic d'exporter ses modèles les plus avancés, Fable 5 et Mythos 5, invoquant des raisons de sécurité nationale après un signalement d'Amazon sur d'éventuelles failles. Sam Altman (OpenAI) et Dario Amodei (Anthropic) étaient présents au déjeuner de travail sur l'IA organisé en marge du G7, aux côtés de Donald Trump et de plusieurs dirigeants mondiaux. La décision de blocage reste en vigueur malgré les critiques de nombreux spécialistes en cybersécurité, qui soulignent que des capacités comparables à celles de Mythos 5 existent déjà dans d'autres modèles accessibles publiquement.
Ce qui préoccupe Macron dépasse largement le cas Anthropic. Si un gouvernement peut suspendre l'accès à un modèle d'IA stratégique du jour au lendemain, aucune entreprise étrangère ne dispose d'une garantie durable. Les sociétés qui ont construit leurs services sur des IA américaines se retrouvent exposées à un risque systémique : celui de voir leurs outils essentiels disparaître sur décision unilatérale de Washington. Le Premier ministre indien Narendra Modi partage cette analyse et estime que les démocraties doivent pouvoir accéder aux meilleurs modèles pour protéger leurs infrastructures critiques. Pour les fournisseurs américains eux-mêmes, la situation n'est pas sans danger : leurs partenaires internationaux pourraient accélérer leur recherche d'alternatives, fragilisant ainsi leur position dominante sur le marché mondial.
L'épisode relance le débat sur la souveraineté numérique, un sujet que l'Europe tente de traiter depuis plusieurs années sans avoir réussi à réduire significativement sa dépendance aux grandes plateformes américaines. Dans le domaine de l'IA, la réalité est particulièrement difficile à contourner : les modèles les plus performants proviennent encore majoritairement des États-Unis, ce qui rend les appels à diversifier les sources peu convaincants pour les entreprises en quête d'efficacité. Pour répondre à ces inquiétudes, les dirigeants du G7 ont évoqué la mise en place d'un programme de "partenaires de confiance", qui permettrait à certains pays et entreprises non américains de conserver un accès privilégié aux modèles avancés d'Anthropic ou d'OpenAI. Une piste encore floue, mais qui traduit l'urgence ressentie par les alliés des États-Unis face à un risque de dépendance technologique qui n'était jusqu'ici qu'hypothétique.
Macron a alerté au G7 sur le risque systémique pour les entreprises européennes dépendantes des IA américaines, après que Washington a bloqué l'export des modèles Anthropic, une décision qui accélère l'urgence d'une souveraineté numérique européenne.
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