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Projet Solara : Microsoft veut remplacer la bonne vieille informatique par des agents IA
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Projet Solara : Microsoft veut remplacer la bonne vieille informatique par des agents IA

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Microsoft a dévoilé le projet Solara lors de sa conférence BUILD, une plateforme ambitieuse visant à faire des agents IA le nouveau paradigme central de l'informatique. Steven Bathiche, directeur de l'Applied Sciences Group chez Microsoft, a présenté ce système comme une infrastructure "de la puce au cloud" capable de faire tourner plusieurs agents spécialisés en parallèle. Pour matérialiser cette vision, Microsoft a conçu deux prototypes en collaboration avec ses partenaires Qualcomm et MediaTek : un badge connecté équipé d'un écran tactile, d'un microphone, d'une caméra, d'une connexion 5G et d'un lecteur d'empreintes digitales, ainsi qu'un terminal de bureau compact, évoquant un radio-réveil ou un écran connecté de cuisine, conçu pour rester en permanence accessible à côté d'un PC et pouvant se transformer en poste Windows 365 lorsqu'il est branché à un moniteur externe.

L'enjeu est considérable pour Microsoft : la société parie que l'interaction utilisateur va fondamentalement basculer des applications traditionnelles vers des agents capables d'interpréter des intentions et de coordonner logiciels et services en arrière-plan, sans qu'aucune interface graphique classique ne soit nécessaire. Ce faisant, Microsoft se positionne pour contrôler la couche d'abstraction qui remplacera ses propres produits historiques, Windows, Office, dont la pertinence s'érode dans ce scénario. L'entreprise tente ainsi de ne pas se retrouver dans la position de Kodak face au numérique : elle préfère cannibaliser elle-même son modèle plutôt que de le laisser faire par ses concurrents.

Ce virage s'inscrit dans une course industrielle plus large où plusieurs acteurs cherchent à définir l'appareil post-smartphone. OpenAI et le designer Jony Ive travaillent eux aussi sur un dispositif centré sur l'IA, qui pourrait selon l'analyste Ming-Chi Kuo ressembler à un smartphone classique. Le risque pour Microsoft reste que ses prototypes Solara ressemblent à des réinventions de catégories déjà existantes : un badge qui rappelle un smartphone miniature, un terminal de bureau qui n'est pas sans évoquer un Google Nest Hub ou un Amazon Echo Show. L'histoire de l'informatique, du métavers aux Google Glass, montre que les ruptures de paradigme annoncées avec fracas peinent souvent à convaincre le grand public, qui finit par revenir au smartphone. La pertinence de Solara dépendra moins de la qualité des prototypes que de la capacité des agents IA à tenir leurs promesses d'autonomie et de fiabilité dans des usages quotidiens réels.

Impact France/UE

L'adoption d'agents IA comme couche d'abstraction principale soulèverait des enjeux de souveraineté numérique pour l'Europe, notamment en termes de dépendance accrue envers des écosystèmes propriétaires étrangers.

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Microsoft veut rendre les utilisateurs accros à son agent IA Scout
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Microsoft veut rendre les utilisateurs accros à son agent IA Scout

Microsoft a présenté Scout lors de sa conférence Build 2026, un agent IA autonome et permanent conçu pour s'intégrer profondément dans l'écosystème Microsoft 365. Contrairement à Copilot, qui répond à des sollicitations ponctuelles, Scout agit de manière proactive : il surveille Teams, Outlook, OneDrive, SharePoint, le calendrier et les e-mails pour anticiper les besoins de l'utilisateur. Concrètement, il peut repérer des réunions importantes, organiser automatiquement des rendez-vous, bloquer des créneaux dans l'agenda pour boucler un projet, préparer des documents avant une réunion ou signaler qu'une décision traîne et risque de faire déraper un planning. Scout possède aussi sa propre identité traçable : toutes ses actions sont journalisées et les opérations critiques nécessitent une validation humaine. Selon des documents internes publiés par 404media, plus de 1 000 employés Microsoft l'utilisent déjà, dont le PDG Satya Nadella. L'agent est pour l'instant en aperçu privé, mais le document interne révèle qu'il s'est imposé comme "l'un des outils internes les plus demandés chez Microsoft, sans annonce officielle, sans marketing". Cette approche représente un changement de paradigme dans l'usage professionnel de l'IA. Là où Copilot restait un assistant réactif, Scout ambitionne de devenir un collaborateur permanent qui apprend les habitudes de travail, identifie les projets prioritaires et anticipe les tâches récurrentes. Pour les entreprises clientes de Microsoft 365, cela signifie un agent qui réduit la charge cognitive des équipes en automatisant la coordination et la gestion du temps, deux des principaux goulots d'étranglement dans les organisations. L'enjeu commercial est considérable : Microsoft a investi des milliards dans ses infrastructures IA et cherche à transformer cet investissement en adoption massive au sein des entreprises. Ce qui rend le lancement de Scout particulièrement significatif, c'est la technologie qui le propulse : OpenClaw, une bibliothèque open source devenue une référence dans le monde des agents autonomes capables de manipuler des applications, des fichiers et des services en continu. Ironie du calendrier, Microsoft avertissait encore en février 2026 des risques de sécurité liés à OpenClaw, jugeant la technologie trop risquée pour les environnements d'entreprise en raison de ses privilèges étendus. L'éditeur a depuis changé de position et s'engage désormais à contribuer directement au projet, affirmant qu'il va "ajouter la sécurité, la gouvernance et l'intégration Microsoft 365" à la base existante. Ce revirement contraste avec l'approche de Meta, qui développe sa propre alternative propriétaire baptisée Hatch depuis qu'OpenAI a recruté Peter Steinberger, le créateur d'OpenClaw. Microsoft choisit l'intégration là où Meta choisit la bifurcation, un pari qui pourrait s'avérer décisif dans la course aux agents d'entreprise.

UEMicrosoft 365 étant massivement déployé dans les entreprises françaises et européennes, l'arrivée de Scout soulève des questions concrètes pour les DSI sur la gouvernance d'agents IA autonomes ayant accès aux données internes.

💬 En février, Microsoft nous expliquait qu'OpenClaw était trop dangereux pour les environnements d'entreprise. Quatre mois après, c'est la même techno qui fait tourner Scout en prod chez Satya Nadella, sans annonce officielle, juste des gens qui l'adoptent en interne. Ce revirement, ça en dit plus sur la pression concurrentielle que sur une vraie conviction technique.

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Solara : Microsoft lance son propre système d’exploitation pour l’IA
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Le 2 juin 2026, lors de sa conférence Build, Microsoft a dévoilé Solara, une nouvelle plateforme logicielle conçue spécifiquement pour alimenter une catégorie émergente d'appareils centrés sur l'intelligence artificielle. Contrairement à ce que l'on pourrait attendre du géant de Redmond, Solara ne repose pas sur Windows mais sur Android, choix délibéré pour s'adapter aux contraintes matérielles des appareils compacts et peu énergivores. Pour illustrer le concept, Microsoft a présenté deux prototypes : un écran connecté comparable à un Amazon Echo Show, équipé de reconnaissance faciale pour accéder à différents agents IA, et un badge portable intégrant caméra, lecteur d'empreintes et transcription en temps réel, activable d'une simple pression pour donner à l'agent la capacité de voir, d'entendre et de comprendre l'utilisateur. Ces deux dispositifs ne seront pas commercialisés directement par Microsoft, mais serviront de modèles de référence pour les fabricants tiers. L'enjeu de Solara dépasse la simple annonce produit : Microsoft tente de définir les règles d'une nouvelle catégorie d'appareils, celle des gadgets IA autonomes, dont l'industrie technologique parle depuis des années sans avoir trouvé de formule viable. En positionnant Solara comme une plateforme pensée "dès le départ" pour des agents intelligents, l'entreprise cherche à répliquer ce que Google a accompli avec Android dans le mobile : imposer un socle commun que les fabricants adoptent massivement. Des partenaires comme AccuWeather, Best Buy, CVS Healthcare et Target participent déjà à des programmes pilotes, ce qui suggère un intérêt réel du côté des entreprises prêtes à intégrer ces interfaces dans leurs environnements professionnels et commerciaux. Le choix d'Android révèle une inflexion culturelle significative chez Microsoft, qui reconnaît implicitement que Windows n'est plus la réponse universelle à tous les usages. Depuis l'explosion des grands modèles de langage en 2022-2023, l'industrie cherche le facteur de forme idéal pour les agents IA : ni smartphone, ni ordinateur classique, mais un objet intermédiaire, permanent et contextuel. Microsoft, qui a massivement investi dans OpenAI et intégré Copilot dans l'ensemble de sa suite logicielle, cherche maintenant à étendre son influence jusqu'à la couche matérielle. Solara reste toutefois à un stade précoce de développement, et le succès du projet dépendra de la capacité des fabricants partenaires à produire des appareils convaincants, accessibles et suffisamment utiles pour justifier une adoption à grande échelle.

UESi Solara s'impose comme standard de référence, les fabricants d'appareils européens pourraient être amenés à l'adopter, mais aucun partenaire ni enjeu réglementaire européen n'est mentionné à ce stade.

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Microsoft Agent 365 ; la plateforme conçue pour piloter vos assistants IA
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Microsoft Agent 365 ; la plateforme conçue pour piloter vos assistants IA

Microsoft a mis en disponibilité générale le 1er mai 2026 sa plateforme Agent 365, un centre de contrôle centralisé conçu pour superviser l'ensemble des agents et assistants IA déployés au sein d'une organisation. Présentée une première fois lors du Microsoft Ignite du 18 novembre 2025, la plateforme s'intègre à la Frontier Suite et à Copilot Studio. Elle repose sur cinq piliers fonctionnels : inventaire des agents actifs, contrôle des opérations, visualisation des activités, interopérabilité entre systèmes, et sécurité des données. L'interface unique agrège toutes ces informations pour les directions informatiques qui gèrent simultanément plusieurs assistants spécialisés, certains dédiés à la relation client, d'autres aux processus internes. L'enjeu est considérable : contrairement aux assistants conversationnels classiques qui se contentent de répondre à des questions, les agents IA de nouvelle génération peuvent exécuter des actions concrètes, interagir avec des applications métiers et prendre des décisions autonomes dans un périmètre défini. Cette autonomie accrue crée un angle mort de gouvernance pour les entreprises qui déploient ces outils à grande échelle : sans cadre centralisé, il devient difficile de savoir ce que font réellement les agents, quelles données ils touchent, et si leurs actions respectent les politiques de conformité. Agent 365 se positionne précisément comme la réponse à ce problème, en permettant d'appliquer des règles de sécurité uniformes à travers tout l'écosystème IA de l'entreprise. La plateforme s'inscrit dans un virage stratégique plus large de Microsoft, qui ne cherche plus seulement à fournir des outils de création d'agents via Copilot Studio, mais aussi à proposer la couche d'administration qui permet de les opérer à l'échelle. Après plusieurs mois de déploiements progressifs et de tests, le passage en disponibilité générale en mai 2026 marque la maturité de cette approche. Microsoft se retrouve ainsi en concurrence directe avec des acteurs comme ServiceNow ou Salesforce, qui développent leurs propres frameworks d'orchestration d'agents. La question qui s'ouvre pour les entreprises est celle du verrouillage : adopter Agent 365 comme plan de contrôle unique, c'est aussi lier davantage son infrastructure IA à l'écosystème Microsoft, au moment même où les agents autonomes commencent à toucher aux processus les plus critiques de l'entreprise.

UELes entreprises européennes déployant Copilot Studio et Microsoft 365 sont directement concernées par cette couche de gouvernance, qui soulève également la question du verrouillage technologique à l'heure où l'UE pousse à la souveraineté numérique.

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Writer lance des agents IA capables d'agir de façon autonome, face à Amazon, Microsoft et Salesforce
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Writer lance des agents IA capables d'agir de façon autonome, face à Amazon, Microsoft et Salesforce

Writer, la plateforme d'agents IA pour les entreprises soutenue par Salesforce Ventures, Adobe Ventures et Insight Partners, a lancé le 30 avril 2026 un système de déclencheurs événementiels pour sa suite Writer Agent. Ce nouveau mécanisme permet à ses agents IA de surveiller en temps réel des signaux métier dans Gmail, Gong, Google Calendar, Google Drive, Microsoft SharePoint et Slack, puis d'exécuter automatiquement des workflows complexes en plusieurs étapes, sans qu'aucun humain n'ait à initier le processus. Le lancement comprend également un connecteur Adobe Experience Manager, un plugin d'observabilité Datadog et la prise en charge du chiffrement avec clés personnalisées (bring-your-own encryption keys). Selon Doris Jwo, vice-présidente Product Management chez Writer, le principe est simple : dès qu'un événement qualifié survient dans l'un de ces outils, un "playbook" prédéfini se déclenche et orchestre l'ensemble de la séquence de travail, sans intervention humaine. Ce passage du mode réactif au mode proactif représente une rupture structurelle dans la façon dont les entreprises utilisent l'IA. Jusqu'ici, même les plateformes les plus avancées exigeaient qu'un salarié ouvre une interface et formule une requête. Désormais, c'est l'agent qui surveille, détecte et agit. L'exemple concret fourni par Writer illustre bien l'enjeu : lorsqu'un brief créatif atterrit dans un dossier Google Drive dédié, le système déclenche automatiquement une cascade de playbooks qui rassemble la recherche, génère les visuels et prépare les livrables pour validation humaine, comprimant ainsi plusieurs heures de coordination Slack et de passages de relais entre équipes marketing. C'est précisément ce goulot d'étranglement humain que Writer dit avoir identifié comme principal frein à l'adoption à grande échelle de ses workflows automatisés. Writer n'est pas seul sur ce terrain. AWS, Salesforce et Microsoft accélèrent tous sur leurs propres plateformes agentiques, et la bataille pour devenir le système nerveux autonome des grandes entreprises ne fait que commencer. Writer avait introduit ses playbooks en novembre 2025 pour permettre aux équipes métier d'automatiser des tâches récurrentes sans écrire une ligne de code ; les déclencheurs événementiels en sont la prochaine évolution logique, transformant ces workflows de procédures manuelles en processus permanents et autonomes. La question qui reste ouverte, et qui agite l'ensemble de l'industrie, est celle de la gouvernance : jusqu'où les entreprises sont-elles prêtes à déléguer des décisions à des agents qui agissent seuls, en temps réel, sur des données sensibles et des outils critiques ? Les nouveaux contrôles de sécurité annoncés simultanément par Writer semblent être une réponse directe à cette préoccupation.

UELes entreprises européennes envisageant d'adopter ces agents autonomes devront évaluer leur conformité RGPD, notamment pour le traitement automatisé sans intervention humaine de données sensibles issues de Gmail, SharePoint ou Google Drive.

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