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Cosmos 3 : Nvidia lance l’IA qui comprend (enfin) la vraie vie

Résumé IASource uniqueImpact UE
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Nvidia a présenté Cosmos 3 lors du GTC de Taipei le 1er juin 2026, en parallèle de son robot humanoïde Isaac GROOT. Il s'agit du premier omnimodèle entièrement open source dédié à l'IA physique, disponible en deux variantes dès le lancement : une version "Super" de 32 milliards de paramètres, optimisée pour la précision dans des tâches comme la robotique et la conduite autonome, et une version "Nano" de 8 milliards de paramètres, conçue pour des inférences rapides. Une troisième déclinaison "Edge", utilisable directement sur des appareils locaux sans connexion cloud, est annoncée prochainement. Le modèle a été entraîné sur un corpus colossal de 20 000 milliards de tokens incluant près d'un milliard d'images, 400 millions de vidéos réelles et générées, des données audio ambiantes, du texte, ainsi que des traces d'actions captées sur des humains et des robots. Parmi les premiers partenaires industriels figurent Agile Robots, Black Forest Labs et Runway.

Ce qui distingue Cosmos 3 des générateurs vidéo ou des modèles multimodaux classiques, c'est sa capacité native à comprendre et produire des actions, et pas seulement des représentations visuelles. Le système peut générer des données concrètes comme les angles d'articulations d'un robot, des trajectoires ou des positions de pinces mécaniques, directement exploitables pour entraîner des machines à interagir avec le monde physique. Ming-Yu Liu, vice-président du Cosmos Lab chez Nvidia, a insisté sur ce point : modéliser les mouvements des machines, et non seulement l'apparence des environnements, est la clé des systèmes autonomes réellement opérationnels. Autre avantage majeur : Cosmos peut simuler des scénarios rares ou dangereux, comme des collisions robotiques ou des incidents routiers atypiques, qui sont coûteux et risqués à reproduire en conditions réelles. Nvidia affirme que des tâches d'entraînement qui demandaient auparavant plusieurs mois pourraient désormais être réalisées en quelques jours.

La publication de Cosmos 3 en open source s'inscrit dans la stratégie de Nvidia de construire un écosystème ouvert autour de l'IA physique, dans la lignée de sa famille de modèles Nemotron. En rendant le modèle librement adaptable, l'entreprise cherche à accélérer l'adoption industrielle tout en captant les retours du terrain pour orienter ses futures versions. Ce lancement intervient dans un contexte de compétition intense autour des fondations logicielles de la robotique et des véhicules autonomes, secteurs dans lesquels Google, Tesla et plusieurs startups chinoises investissent massivement. En positionnant Cosmos comme l'infrastructure commune de l'IA physique, Nvidia tente de reproduire dans le monde des machines intelligentes le rôle dominant que CUDA joue depuis vingt ans dans le calcul GPU.

Impact France/UE

Les laboratoires et entreprises européens de robotique et de conduite autonome peuvent désormais exploiter un modèle de fondation open source de référence pour l'IA physique, réduisant les coûts d'entraînement et la dépendance au cloud.

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Des chercheurs des universités d'Aston et de Birmingham ont mis au point un système basé sur l'intelligence artificielle pour résoudre l'un des problèmes les plus persistants de la robotique industrielle : l'échec des robots à fonctionner correctement dans des conditions réelles après un entraînement en simulation virtuelle. Leurs travaux, soutenus par le projet REBELION dans le cadre d'un programme de UK Research and Innovation dédié au recyclage sécurisé des batteries lithium-ion, montrent des résultats probants sur des tâches concrètes impliquant des interactions physiques avec des matériaux, notamment la manipulation et la découpe. La méthode consiste à introduire automatiquement, pendant la phase d'entraînement virtuel, des variations et des perturbations dans l'environnement simulé, forçant le robot à apprendre à gérer l'instabilité et l'imprévisibilité bien avant de rencontrer le monde réel. Ce que cette approche change fondamentalement, c'est la manière dont l'industrie peut déployer des robots dans des environnements complexes ou dangereux sans accumuler des milliers d'heures de tests physiques coûteux et risqués. Le "fossé entre simulation et réalité", ce phénomène bien connu des roboticiens où une machine maîtrisant parfaitement une tâche en virtuel déraille dans le monde physique à cause du bruit des capteurs, des légères variations de position des objets ou des forces inattendues, est précisément ce que cette méthode cherche à combler. Les résultats indiquent que les robots entraînés de cette façon deviennent plus stables et plus adaptatifs, même avec très peu de données réelles supplémentaires, ce qui représente un gain considérable en termes de coûts et de délais de mise en service. Le secteur du recyclage des batteries lithium-ion constitue le cas d'usage prioritaire des chercheurs, car il implique la manipulation de cellules endommagées ou instables, rendant les tests directs particulièrement hasardeux. Mais l'ambition va bien au-delà : l'équipe espère déboucher sur des robots industriels quasi "prêts à l'emploi", capables d'être entraînés rapidement en simulation puis déployés dans un nouvel environnement avec un minimum de reconfiguration. Dans un contexte où l'automatisation industrielle est sous pression pour s'adapter à des chaînes de production plus flexibles et à des pénuries de main-d'œuvre, une telle avancée pourrait accélérer significativement l'adoption de la robotique dans des secteurs encore réticents à cause des coûts et de la complexité du déploiement. La prochaine étape sera d'étendre cette validation à des environnements industriels plus diversifiés et moins contrôlés.

UELa recherche adresse un verrou industriel directement concerné par la réglementation européenne sur les batteries : l'automatisation du recyclage des cellules lithium-ion, imposée par l'EU Battery Regulation, pourrait être accélérée grâce à cette méthode sim-to-real.

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Ce que les discussions entre LG et NVIDIA révèlent sur l'avenir de l'IA physique
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LG et NVIDIA sont actuellement en discussions exploratoires portant sur l'IA physique, les centres de données et la mobilité. Une rencontre à Séoul entre Ryu Jae-cheol, PDG de LG, et Madison Huang, directeur senior marketing produit pour Omniverse et la robotique chez NVIDIA, a permis de poser les bases d'une coopération potentielle. Aucun montant ni calendrier n'a encore été formalisé, mais les deux entreprises ont des priorités matérielles qui se recoupent sur deux fronts distincts : l'infrastructure thermique des centres de données et la robotique domestique. Sur le premier point, LG a présenté au CES 2026 des solutions de climatisation et de gestion thermique haute efficacité spécifiquement conçues pour les fermes de serveurs IA. Sur le second, le groupe coréen a dévoilé CLOiD, un robot domestique doté de deux bras à sept degrés de liberté et de cinq doigts à actuation individuelle, fonctionnant sur sa plateforme maison baptisée "Affectionate Intelligence". En parallèle, NVIDIA vient de conclure un essai de deux semaines sur un site Siemens en janvier 2026, annoncé en avril à la foire de Hanovre, où un robot humanoïde HMND 01 Alpha a exécuté des opérations logistiques réelles sur une plage de huit heures. Ces discussions révèlent une dépendance structurelle croissante entre les fabricants d'équipements physiques et les fournisseurs de puissance de calcul. Les racks de serveurs NVIDIA génèrent des densités de chaleur que les systèmes de refroidissement conventionnels ne peuvent plus absorber sans dégrader les performances : lorsque les nœuds de calcul surchauffent, ils réduisent automatiquement leur cadence, détruisant le retour sur investissement des puces haut de gamme. Intégrer les solutions thermiques de LG directement dans l'écosystème NVIDIA permettrait aux opérateurs d'entasser plus de puissance de calcul dans moins d'espace physique. Du côté robotique, LG manque aujourd'hui des environnements de simulation, des modèles de manipulation pré-entraînés et de l'infrastructure de jumeaux numériques nécessaires pour déployer CLOiD en toute sécurité dans des logements réels. La pile Omniverse et Isaac de NVIDIA offre précisément cette architecture, optimisée pour l'inférence physique en temps réel, ce qui permettrait de comprimer drastiquement le délai entre prototype et production commerciale. L'enjeu central de ces négociations illustre une fracture fondamentale de l'IA physique : les environnements industriels, comme l'usine Siemens d'Erlangen, sont structurés et prévisibles, ce qui facilite le déploiement de robots. Les intérieurs domestiques, eux, présentent une variabilité extrême en termes d'éclairage, de disposition et de comportement humain imprévisible, rendant le passage à l'échelle bien plus complexe. LG mise sur NVIDIA pour combler cette lacune via la puissance de simulation et l'inférence en périphérie de réseau. Pour NVIDIA, dont les revenus du segment centres de données battent régulièrement des records, nouer des partenariats avec des constructeurs d'appareils grand public comme LG représente une voie pour ancrer sa plateforme Omniverse comme standard de l'industrie robotique, avant que la concurrence chinoise ou les acteurs spécialisés ne s'imposent.

UELe déploiement d'un robot humanoïde sur le site Siemens d'Erlangen (Allemagne) signale une accélération de l'IA physique dans l'industrie manufacturière européenne, avec des implications pour les équipementiers et intégrateurs du secteur.

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Des chercheurs du Korea Advanced Institute of Science and Technology (KAIST) ont présenté DreamWaQ++, un système de contrôle pour robots quadrupèdes qui combine caméras, LiDAR et capteurs embarqués pour analyser le terrain en temps réel et adapter chaque pas avant tout contact avec le sol. Lors des tests, le robot a grimpé un escalier de 50 marches en 35 secondes, couvrant plus de 30 mètres à l'horizontale et 7 mètres de dénivelé. Il a également négocié des pentes à 35 degrés, bien au-delà de ce qu'il avait rencontré durant son entraînement, et franchi des obstacles plus hauts que lui tout en portant une charge supplémentaire, le tout en sollicitant moins ses moteurs. Le système repose sur un apprentissage par renforcement capable de fusionner plusieurs flux de données simultanément sans surcharge de calcul, et peut basculer d'un mode de détection à un autre en cas de défaillance d'un capteur. Ce qui change fondamentalement avec DreamWaQ++, c'est le passage d'une locomotion réactive à une locomotion anticipatoire. Les robots quadrupèdes antérieurs s'appuyaient exclusivement sur des capteurs proprioceptifs, codeurs articulaires, centrales inertielles, et ne détectaient un obstacle qu'au moment du contact physique. DreamWaQ++ perçoit l'environnement avant de l'atteindre, analyse la géométrie du sol et recalcule la trajectoire immédiatement, sans planificateur externe. Le robot choisit lui-même son chemin, s'arrête parfois quelques instants pour observer, puis repart : un comportement qui évoque directement celui d'un animal en milieu inconnu. Cette autonomie de décision réduit les risques de chute dans des contextes où une intervention humaine est difficile ou dangereuse. Les applications visées par l'équipe de KAIST couvrent l'inspection industrielle, l'agriculture, la foresterie et les interventions d'urgence en zones sinistrées, autant de secteurs où la mobilité en terrain non structuré est aujourd'hui un verrou technologique. La robotique quadrupède a connu une accélération notable ces dernières années, portée par des acteurs comme Boston Dynamics et ses concurrents chinois tels qu'Unitree, mais la capacité à généraliser au-delà des situations d'entraînement reste un défi central. DreamWaQ++ s'inscrit dans une tendance plus large qui consiste à intégrer la perception extéroceptive profonde dans la boucle de contrôle bas niveau, réduisant la dépendance à la cartographie préalable. L'équipe envisage d'étendre l'approche à d'autres morphologies de robots, bipèdes et à roues inclus, ce qui pourrait accélérer le déploiement de machines autonomes dans des environnements réels non balisés.

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Hyundai se lance dans la robotique et l'IA physique
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Hyundai se lance dans la robotique et l'IA physique

Hyundai Motor Group a annoncé un pivot stratégique majeur vers la robotique et ce que le secteur appelle l'« IA physique », des systèmes d'intelligence artificielle intégrés à des machines capables d'agir et de s'adapter dans des environnements réels. Dans une interview accordée à Semafor, le président du groupe, Chung Eui-sun, a confirmé que ces technologies joueront un rôle central dans la prochaine phase de croissance du conglomérat coréen. Pour appuyer cette ambition, Hyundai prévoit d'investir 26 milliards de dollars aux États-Unis d'ici 2028, s'ajoutant aux quelque 20,5 milliards déjà engagés sur les quarante dernières années. Au cœur de ce plan : le déploiement de robots humanoïdes issus de Boston Dynamics, dont Hyundai a pris le contrôle en 2021, dans ses propres usines de fabrication. La production industrielle de ces robots est attendue vers 2028, avec un objectif de 30 000 unités par an d'ici 2030. Ce virage vers l'IA physique représente une transformation profonde du modèle opérationnel de Hyundai, qui vend chaque année plus de 7 millions de véhicules dans plus de 200 pays via 16 sites de production mondiaux. L'objectif n'est pas de substituer les robots aux humains, mais de leur confier les tâches répétitives ou physiquement exigeantes pendant que les opérateurs se concentrent sur la supervision et la coordination. Chung estime que cette réorganisation permettra d'améliorer l'efficacité et la qualité des produits face à des exigences clients en constante évolution. À terme, ces systèmes pourraient également s'étendre à la logistique et aux services de mobilité, même si les usines restent pour l'instant le principal terrain d'expérimentation. Hyundai n'évolue pas en isolation : la course à l'IA physique s'intensifie dans l'ensemble de l'industrie automobile et technologique, poussée par la convergence entre robotique avancée, données temps réel et modèles d'apprentissage automatique. Le groupe mise également sur l'hydrogène via sa marque HTWO, couvrant production, stockage et utilisation, qu'il présente comme complémentaire aux véhicules électriques, notamment pour alimenter les infrastructures d'IA et les centres de données dont les besoins énergétiques explosent. Ce double pari, robotique et énergie propre, reflète une lecture claire de la part de Chung : les mutations réglementaires et les nouvelles attentes des marchés régionaux imposent une refonte de la façon dont Hyundai produit et opère. Le constructeur, dont les marques Hyundai, Kia et Genesis forment encore le socle du chiffre d'affaires, entame une transition de long terme, du fabricant de véhicules vers un acteur de systèmes physiques intelligents.

UEHyundai, présent en Europe avec ses marques Kia et Genesis, pourrait déployer des robots humanoïdes Boston Dynamics dans ses sites de production mondiaux d'ici 2028, ce qui aura des répercussions sur la compétitivité industrielle automobile européenne.

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