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Merck et Mastercard obtiennent des résultats concrets avec les agents IA : l'infrastructure d'abord
InfrastructureVentureBeat AI6sem· 2 min de lecture

Merck et Mastercard obtiennent des résultats concrets avec les agents IA : l'infrastructure d'abord

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Merck accélère sa recherche médicamenteuse d'un tiers et produit ses supports marketing conformes 70 à 80 % plus vite grâce à des agents d'intelligence artificielle, selon Sean Finnerty, vice-président des plateformes digitales du groupe pharmaceutique américain, qui s'exprimait lors d'un récent événement AI Impact Series. Concrètement, les brouillons de campagnes marketing générés par l'IA sont conformes à la réglementation à 99 %, réduisant les cycles de révision de plusieurs mois à quelques jours. En recherche scientifique, un cycle de découverte médicamenteuse a été raccourci d'un tiers, soit environ un an gagné avant qu'un traitement n'atteigne les patients. Derrière ces résultats, une infrastructure imposante : 2 500 comptes AWS, de nombreux abonnements Microsoft Azure, des intégrations Google Cloud Platform, 47 sites périphériques et des centaines de bases de données stockant plusieurs pétaoctets de données structurées et non structurées, répartis entre Oracle, SQL, Excel, transcriptions téléphoniques et autres dépôts.

Ces gains ne sont pas tombés du ciel. Finnerty insiste sur un principe qu'il nomme la stratégie "plomberie d'abord" : avant de déployer des agents, il faut bâtir l'infrastructure qui les rend fiables, sécurisés et interopérables. Sans cela, chaque projet isolé devient une dette technique. Pour Merck, l'enjeu est particulièrement fort dans le domaine réglementaire : une campagne vaccinale dans l'État de Géorgie répond à des règles différentes de celle lancée au Canada, et la moindre erreur peut avoir des conséquences légales. L'IA prend désormais en charge les premières ébauches, là où des équipes humaines effectuaient auparavant de longues boucles de validation, libérant du temps pour des tâches à plus forte valeur ajoutée.

La leçon tirée par Merck s'appuie directement sur l'expérience du passage au cloud dans les années 2010, une période que Finnerty décrit comme chaotique, mais dont les entreprises qui ont correctement posé les bases ont finalement tiré le meilleur parti. Le groupe s'appuie aujourd'hui sur plusieurs solutions en parallèle, Databricks, Amazon Redshift et d'autres, car "il n'existe pas de solution unique pour résoudre chaque problème". L'objectif affiché est d'intégrer ces couches d'infrastructure aux protocoles émergents comme MCP (Model Context Protocol) et A2A (Agent2Agent), pour permettre aux agents de fonctionner de façon fluide quelle que soit la plateforme cloud sous-jacente. Avec des milliers d'agents à venir selon Finnerty, la question de leur enregistrement, de leur sécurisation et de leur accès aux bonnes données devient un enjeu stratégique autant que technique.

Impact France/UE

Les entreprises pharmaceutiques et financières européennes, soumises à des réglementations strictes similaires, peuvent s'inspirer de cette approche 'infrastructure d'abord' pour sécuriser leurs déploiements d'agents IA à grande échelle.

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L'infrastructure IA doit évoluer pour l'expérience des agents (Akshat Bubna, CTO de Modal)
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Modal, la plateforme cloud spécialisée dans l'infrastructure pour l'intelligence artificielle, vient de boucler une levée de série C de 355 millions de dollars, un signal fort de la traction prise par l'entreprise depuis sa série A de seulement 17 millions de dollars il y a deux ans. Dans un épisode du podcast Latent Space, le directeur technique de Modal, Akshat Bubna, est revenu avec les animateurs swyx et Vibhu sur l'évolution de la plateforme, née comme un simple runtime plus performant avant de devenir un cloud entièrement pensé pour les charges de travail liées à l'IA. Bubna y détaille l'arsenal technique déployé par Modal: fonctions serverless, infrastructure pilotée par décorateurs, inférence élastique pour des modèles personnalisés en audio, vidéo, robotique et biologie computationnelle, snapshotting de GPU, décodage spéculatif via une technologie maison baptisée DeFlash, ainsi que des sandboxes réseau avec adressage IPv6 privé et support RDMA pour l'entraînement multi-nœuds. Modal s'appuie désormais sur un pool de capacité réparti chez 17 fournisseurs cloud différents, une stratégie de "supercloud" censée absorber les pics de demande propres aux workloads d'IA. L'argument central de Bubna est que l'infrastructure cloud historique, conçue pour des développeurs humains capables de lire une documentation, de raisonner sur du YAML et d'interpréter un tableau de bord, ne convient plus à l'ère des agents autonomes. Contrairement à un humain qui peut combler les zones d'ombre d'un système avec son propre jugement, un agent a besoin d'un environnement beaucoup plus resserré: un espace pour écrire du code, l'exécuter, inspecter les résultats, modifier la configuration, déboguer et recommencer, avec des boucles de rétroaction rapides et un contexte complet. Ce changement de paradigme, que Modal résume par le passage d'une "expérience développeur" à une "expérience agent", a des conséquences concrètes pour l'industrie: les entraînements par renforcement peuvent nécessiter jusqu'à 100 000 sandboxes simultanées, et les agents en production exigent des garde-fous stricts ainsi qu'une observabilité renforcée, potentiellement plus importante que la simple lecture du code qu'ils génèrent. Ce virage s'inscrit dans un constat plus large partagé par Bubna: Kubernetes, l'outil d'orchestration dominant depuis une décennie, n'a jamais été conçu pour des charges de travail aussi explosives et gourmandes en calcul que celles générées par l'IA moderne, qu'il s'agisse d'inférence élastique, de sursauts GPU, de post-entraînement ou d'agents fonctionnant en arrière-plan. Modal a d'ailleurs intégré le support GPU avant même le lancement de ChatGPT, anticipant ce basculement. L'entreprise mise désormais sur des concepts comme les Auto Endpoints pour simplifier le déploiement d'inférences optimisées, sur des sandboxes accompagnées de sidecars réseau, et sur une approche dite d'"auto-recherche" où des agents peuvent eux-mêmes lancer des expériences guidées par des modèles sur des GPU. Cette levée de fonds massive doit permettre à Modal de renforcer sa capacité de calcul et de consolider sa position face à des concurrents comme Databricks, Daytona, Railway ou E2B sur ce marché émergent du cloud pour agents.

💬 J'y vois surtout un aveu: l'infra cloud pensée pour des humains qui lisent une doc ne tient plus face à des agents qui ont besoin de boucles de rétroaction en continu, exécuter, inspecter, recommencer. Bon, sur le papier ça justifie la levée à 355 millions, mais 100 000 sandboxes simultanées pour du RL, ça sent surtout la facture qui explose. Reste à voir si Modal tient la distance face à Databricks et E2B, ou si c'est juste une fenêtre de tir avant que les hyperscalers rattrapent le coup.

InfrastructureActu
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Red Hat et NVIDIA dévoilent une nouvelle infrastructure dédiée aux agents IA
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Red Hat et NVIDIA ont annoncé le 8 juin 2026, à l'occasion du Red Hat Summit 2026, une série d'évolutions majeures de leur plateforme conjointe Red Hat AI Factory. L'objectif affiché est de permettre aux entreprises de faire passer leurs agents IA autonomes du stade expérimental à la production à grande échelle. Parmi les nouveautés figurent l'intégration d'OpenShell, un projet open source initié par NVIDIA qui fournit un environnement d'exécution isolé pour agents autonomes, ainsi qu'un nouveau modèle MaaS (Model as a Service) gouverné offrant un accès à des modèles comme NVIDIA Nemotron via des interfaces compatibles avec les standards OpenAI. La plateforme embarque également un système de gestion du cycle de vie fondé sur MLflow, qui trace chaque appel aux modèles, les outils sollicités et les étapes de raisonnement des agents. En matière de sécurité, des capacités de calcul confidentiel basées sur NVIDIA Confidential Computing permettent désormais d'exécuter des conteneurs confidentiels au sein de Red Hat OpenShift, disponibles en préversion technologique. Cette annonce s'adresse directement aux entreprises qui butent sur les obstacles concrets à l'adoption industrielle de l'IA agentique : sécurité des données, auditabilité des décisions, conformité réglementaire. Contrairement aux assistants conversationnels classiques, les agents autonomes interagissent avec de multiples systèmes, exécutent des tâches complexes sur la durée et prennent des décisions sans intervention humaine permanente, ce qui exige un cadre de gouvernance nettement plus robuste. La traçabilité offerte par MLflow répond à une demande pressante des directions juridiques et de conformité, qui doivent justifier les actions automatisées de leurs systèmes IA. L'architecture zero-trust et le calcul confidentiel visent quant à eux à protéger les charges de travail sensibles, même dans des environnements cloud hybrides où les données circulent entre infrastructures on-premise et cloud public. Ce partenariat entre Red Hat et NVIDIA s'inscrit dans une compétition croissante entre les grands acteurs du cloud hybride et des semi-conducteurs pour imposer leurs stacks comme infrastructure standard de l'IA d'entreprise. NVIDIA, dont les GPU dominent l'entraînement des modèles, cherche à étendre son influence vers les couches logicielles de déploiement et de gouvernance, tandis que Red Hat apporte son positionnement historique dans les environnements OpenShift et son crédit auprès des DSI des grandes entreprises. La standardisation de la gouvernance des agents via OpenShell est particulièrement stratégique : celui qui contrôle la couche de politique d'exécution des agents contrôle de fait l'ensemble de l'écosystème applicatif qui s'y connecte. Les prochaines étapes passeront par l'intégration native d'OpenShell à l'écosystème Red Hat, avec une disponibilité générale attendue après la préversion actuelle.

UELes entreprises européennes soumises à l'AI Act peuvent s'appuyer sur la traçabilité MLflow et le calcul confidentiel pour répondre aux exigences d'auditabilité et de gouvernance des systèmes d'IA à haut risque.

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NVIDIA et Marvell s’unissent pour révolutionner les infrastructures IA
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NVIDIA et Marvell Technology ont annoncé un partenariat stratégique majeur, scellé par un investissement de 2 milliards de dollars de NVIDIA dans Marvell. L'accord s'articule autour de NVLink Fusion, une plateforme modulaire permettant de construire des infrastructures d'IA semi-personnalisées. Concrètement, Marvell apportera des XPU (processeurs accélérés sur mesure) et un réseau évolutif compatible, tandis que NVIDIA fournit l'ensemble de son arsenal matériel : processeurs Vera, cartes réseau ConnectX, DPU BlueField, interconnexion NVLink, commutateurs Spectrum-X et capacité de calcul déployable en rack. Le titre Marvell a bondi de 11 % dès l'annonce mardi, signe que les marchés ont immédiatement perçu la portée de l'accord. Le partenariat couvre également les réseaux télécoms, via NVIDIA Aerial AI-RAN, avec des ambitions sur la 5G et la future 6G, ainsi que sur des technologies d'interconnexion optique et de photonique sur silicium pour améliorer les performances et réduire la consommation énergétique. Pour les entreprises qui développent leurs propres puces d'accélération, NVLink Fusion ouvre la voie à des architectures hybrides entièrement compatibles avec l'écosystème NVIDIA — GPU, réseau et stockage compris. C'est un changement structurel : jusqu'ici, intégrer des composants tiers dans une infrastructure NVIDIA relevait du casse-tête d'interopérabilité. Désormais, les hyperscalers, opérateurs télécom et acteurs du cloud pourront combiner des XPU Marvell avec la stack NVIDIA sans friction. Pour les utilisateurs finaux, l'impact est indirect mais réel : des modèles d'IA générative plus complexes pourront tourner à moindre latence, ce qui se traduit par des services de recommandation, de création de contenu ou de simulation plus réactifs. Dans les télécoms, l'alliance prépare le terrain pour des réseaux 5G/6G capables de supporter des usages exigeants comme la télémédecine en temps réel ou les véhicules autonomes. Ce rapprochement s'inscrit dans un contexte de demande explosive en capacité de calcul, portée par la généralisation de l'IA générative et l'explosion des volumes de données. Jensen Huang, PDG de NVIDIA, parle lui-même d'une "ère de supercalcul" en cours d'avènement. Face à cette pression, les grandes entreprises technologiques mondiales s'engagent dans une course à la construction de centres de calcul dédiés, et NVIDIA cherche à s'imposer comme la colonne vertébrale incontournable de ces infrastructures. Marvell, de son côté, se repositionne comme fournisseur clé de silicium personnalisé pour l'IA — un marché en pleine effervescence où Amazon, Google et Microsoft développent déjà leurs propres puces. L'investissement de 2 milliards de dollars de NVIDIA dans Marvell est autant un signal industriel qu'une manœuvre défensive : consolider l'écosystème avant que les alternatives ne s'imposent.

UELes opérateurs télécom et fournisseurs cloud européens pourront intégrer des architectures hybrides XPU Marvell / stack NVIDIA sans friction, accélérant leurs déploiements 5G/6G et d'IA générative.

💬 NVIDIA ne se contente plus de vendre des GPU, il construit le système nerveux de toute l'infrastructure IA. NVLink Fusion, c'est le genre de coup qu'on voit venir mais dont on mesure mal l'ampleur : permettre à Marvell (et demain à d'autres) de brancher leurs puces custom directement dans l'écosystème NVIDIA, c'est verrouiller le marché de façon beaucoup plus subtile qu'un simple rachat. Les 2 milliards d'investissement, c'est pas de la philanthropie, c'est de la consolidation défensive avant qu'AMD ou les hyperscalers in-house ne s'imposent.

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Meta lance KernelEvolve, un agent IA pour optimiser les infrastructures d'entraînement
4Meta Engineering ML 

Meta lance KernelEvolve, un agent IA pour optimiser les infrastructures d'entraînement

Meta a présenté KernelEvolve, un système d'optimisation de kernels piloté par intelligence artificielle, développé en interne pour accélérer ses modèles de publicité et d'IA générative. Intégré à l'agent Ranking Engineer Agent, KernelEvolve automatise la création et l'optimisation de kernels — ces programmes bas niveau qui traduisent les opérations de haut niveau d'un modèle en instructions spécifiques à chaque puce. Le système cible une infrastructure hétérogène composée de GPU NVIDIA, de GPU AMD, de CPU classiques et des puces MTIA, les accélérateurs personnalisés de Meta. Les résultats publiés sont substantiels : plus de 60 % d'amélioration du débit d'inférence pour le modèle publicitaire Andromeda sur GPU NVIDIA, et plus de 25 % de gain en débit d'entraînement sur les puces MTIA. Des travaux qui auraient normalement demandé plusieurs semaines à des ingénieurs spécialisés ont été accomplis en quelques heures. L'article associé sera présenté au 53e International Symposium on Computer Architecture (ISCA) 2026. L'enjeu est direct et massif : Meta sert chaque jour des milliards d'expériences alimentées par l'IA, des recommandations personnalisées aux assistants génératifs. Chaque requête d'entraînement ou d'inférence repose sur une couche de kernels hautement optimisés, et à mesure que les modèles gagnent en complexité et que le parc matériel se diversifie, le nombre de configurations possibles explose — atteignant des milliers de combinaisons selon le hardware, l'architecture du modèle et le type d'opérateur. L'optimisation manuelle par des experts ne peut plus suivre ce rythme, créant un goulot d'étranglement critique qui freine l'adoption de nouveaux matériels et ralentit les cycles d'itération des modèles. KernelEvolve résout ce problème en traitant l'optimisation comme une recherche automatisée : un environnement d'évaluation dédié teste chaque kernel candidat, renvoie les diagnostics au LLM, et pilote une exploration continue sur des centaines d'alternatives — dépassant les performances des kernels écrits à la main par des experts humains. Cette initiative s'inscrit dans une tendance de fond chez les grandes plateformes technologiques : déléguer des tâches d'ingénierie de bas niveau à des agents IA pour absorber la complexité croissante des infrastructures de calcul. Meta fait face à la même contrainte que Google, Microsoft ou Amazon — accélérer sans cesse les modèles tout en maîtrisant les coûts de calcul sur un parc matériel qui ne cesse de se diversifier. KernelEvolve génère des kernels dans des langages aussi bien de haut niveau comme Triton ou CuteDSL que de bas niveau comme CUDA, HIP ou MTIA C++, ce qui lui confère une portabilité rare. À terme, ce type d'agent pourrait devenir standard dans l'industrie, réduisant drastiquement le besoin d'ingénieurs spécialisés en optimisation matérielle et accélérant la mise en production de nouvelles architectures de modèles sur des puces encore inconnues.

InfrastructureActu
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