« Le vrai danger n’est pas l’IA » : l’aveu fracassant du pape dans sa 1ère encyclique
Le pape Léon XIV a publié sa toute première encyclique, intitulée "Magnifica humanitas", consacrée en grande partie à l'intelligence artificielle. C'est une première dans l'histoire de l'Église catholique : un souverain pontife qui place la technologie au cœur de son premier grand texte doctrinal. Le document ne condamne pas l'IA en elle-même, mais pointe avec précision les risques systémiques qu'elle engendre : concentration du pouvoir technologique entre les mains d'une minorité d'entreprises et de gouvernements, développement d'armes autonomes capables d'agir sans décision humaine, surveillance numérique généralisée, et réduction de l'individu à sa seule productivité mesurable. Léon XIV formule une position claire : la valeur d'un être humain n'est pas fonction de son efficacité ni de ses données, et aucun algorithme ne peut en décider autrement.
L'impact de ce texte dépasse largement les fidèles catholiques. En prenant position sur la régulation de l'IA, le pape entre dans un débat qui mobilise gouvernements, institutions multilatérales et société civile depuis plusieurs années. Sa critique du "paradigme technocratique", cette tendance à tout soumettre à la logique de performance et de profit, rejoint des préoccupations portées par des économistes, des philosophes et des juristes. Sur les inégalités, l'encyclique est particulièrement directe : si l'accès aux outils d'IA reste concentré dans les pays riches et entre les mains de quelques groupes, les écarts existants ne feront que se creuser. Le pape réclame une régulation publique, des contrôles indépendants et des règles éthiques communes, en insistant sur le fait qu'une IA "morale" n'a aucune valeur si cette morale est définie par une poignée d'acteurs privés.
L'encyclique s'inscrit dans un contexte de montée en puissance des débats sur la gouvernance de l'IA à l'échelle mondiale, entre l'AI Act européen, les négociations à l'ONU et les initiatives nationales des États-Unis et de Chine. Léon XIV, élu en mai 2025, avait déjà signalé lors de son élection qu'il entendait inscrire son pontificat dans les questions sociales contemporaines. Son texte aborde également la surveillance algorithmique des plateformes numériques, qu'il décrit comme une "architecture de la visibilité" favorisant la polarisation et l'uniformisation des opinions. Sur le volet militaire, il rejette explicitement les systèmes d'armes létales autonomes, estimant que la distance technologique entre le combattant et sa victime banalise la violence plutôt qu'elle ne la contient. La suite dépendra de la réception du texte par les États membres de l'ONU et les grandes puissances technologiques, aucune d'entre elles n'étant directement liée par la doctrine pontificale, mais toutes attentives au poids symbolique et diplomatique d'une telle prise de position.
L'encyclique s'inscrit explicitement dans le contexte de l'AI Act européen et des négociations à l'ONU, et pourrait peser sur l'opinion publique en faveur d'une régulation plus stricte dans les États membres à majorité catholique.
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