Aller au contenu principal
Le pari risqué de Larry
BusinessThe Verge AI6sem· 1 min de lecture

Le pari risqué de Larry

Source originale ↗·

Oracle se positionne aujourd'hui comme l'un des baromètres les plus fiables pour mesurer l'état réel du marché de l'intelligence artificielle. La société fondée par Larry Ellison, bien connue pour ses bases de données et ses logiciels d'entreprise, a opéré un virage stratégique radical vers l'IA, d'une nature singulière dans le paysage technologique actuel. Contrairement à OpenAI ou Anthropic, Oracle ne construit pas de modèles fondamentaux. Elle n'est pas non plus un pure player de l'infrastructure cloud nouvelle génération comme CoreWeave, même si elle s'est lancée sur le marché du bare-metal. Oracle reste avant tout une entreprise de logiciels en mode SaaS, qui a misé massivement sur une vision très précise de ce que sera l'IA demain.

Ce pari est d'autant plus audacieux que le coeur historique d'Oracle, ses licences logicielles traditionnelles, connaît un déclin progressif. L'entreprise, l'une des plus anciennes du secteur tech avec Microsoft pour seul concurrent comparable en âge, a donc choisi de réinventer son modèle plutôt que de gérer une descente contrôlée. Pour les investisseurs et les analystes, Oracle devient ainsi un indicateur de choix : si son pari IA tient, c'est que la demande enterprise pour l'IA est profonde et durable ; si les résultats déçoivent, le signal sera difficile à ignorer pour l'ensemble du secteur.

L'enjeu dépasse Oracle elle-même. Les grandes entreprises traditionnelles du logiciel cherchent toutes à se repositionner face aux nouveaux entrants de l'IA, et Oracle représente le cas le plus tranché de cette transition forcée. Sa capacité à convertir sa base clients historique en revenus IA, tout en concurrençant AWS, Azure et Google Cloud sur l'infrastructure, définira si les acteurs legacy peuvent survivre dans l'écosystème IA ou s'ils seront progressivement marginalisés.

Impact France/UE

Les entreprises européennes clientes d'Oracle pourraient être indirectement affectées par ce pivot stratégique, mais l'article ne traite pas d'un impact spécifique sur le marché français ou européen.

Cet article vous a été utile ?

Vu une erreur factuelle dans cet article ? Signalez-la. Toutes les corrections valides sont publiées sur /corrections.

À lire aussi

IA : des levées record malgré le risque de bulle
1Le Big Data 

IA : des levées record malgré le risque de bulle

Au premier trimestre 2026, les investissements dans les startups d'intelligence artificielle ont atteint un niveau sans précédent : près de 300 milliards de dollars injectés dans plus de 6 000 entreprises à travers le monde, selon les données de Crunchbase. Les financements liés à la seule IA générative ont dépassé 140 milliards de dollars sur ces trois mois, soit plus que l'ensemble de l'année 2025, d'après une étude de S&P Global Market Intelligence. Trois acteurs dominent cette dynamique : OpenAI aurait levé 122 milliards de dollars en mars, portant sa valorisation estimée à 852 milliards de dollars ; Anthropic a sécurisé 30 milliards lors d'un seul tour de table ; et xAI, la startup d'Elon Musk, a ouvert l'année avec une série E de 20 milliards. Nvidia, fabricant de puces incontournable, renforce simultanément son emprise sur l'écosystème en prenant des participations dans plusieurs jeunes pousses, dont Thinking Machines Lab, fondée par l'ex-CTO d'OpenAI Mira Murati. Pour les fonds de capital-risque, l'IA représente aujourd'hui ce qu'Internet ou le cloud ont incarné lors des grands cycles technologiques précédents : une fenêtre d'opportunité qu'il faut saisir avant la consolidation du marché. Selon John Mannes, associé chez Basis Set Ventures, le rythme des investissements en 2026 serait déjà comparable, voire supérieur, à celui observé en 2025. Cette course aux positions se maintient malgré l'inflation, les tensions géopolitiques et le ralentissement général du capital-investissement, ce qui traduit une conviction profonde que l'IA va restructurer durablement l'économie mondiale. Le modèle de financement de Nvidia illustre à lui seul l'ampleur du phénomène : en investissant dans des startups qui achèteront ensuite ses GPU, le fabricant crée un cercle auto-entretenu où chaque levée de fonds génère mécaniquement de la demande pour ses propres produits. Cette frénésie inquiète pourtant un nombre croissant d'analystes. Jack Gold, de J. Gold Associates, juge que les signes d'une bulle sont déjà visibles : les coûts d'infrastructure, de centres de données et d'énergie progressent beaucoup plus vite que les revenus réellement générés par les modèles d'IA, rendant la rentabilité à court terme illusoire pour la plupart des acteurs. Il pointe notamment le risque de financement circulaire, où les investissements croisés entre équipementiers et startups entretiennent artificiellement les valorisations. Brad Harrison, de Scout Ventures, assume ouvertement que de nombreuses startups disparaîtront dans les prochaines années, laissant le marché se concentrer autour d'un petit nombre de survivants. Le secteur reproduit ainsi la logique des précédentes bulles technologiques : une phase d'euphorie capitalistique qui précède inévitablement une sélection sévère, dont l'ampleur et le calendrier restent, pour l'instant, impossibles à prévoir.

UELa concentration massive des capitaux aux États-Unis risque d'accentuer le retard de financement des startups IA européennes, rendant plus difficile leur accès aux talents, aux infrastructures GPU et aux partenariats stratégiques face à des concurrentes surcapitalisées.

BusinessOpinion
1 source
Les risques cachés dans le financement de l'IA
2The Information AI 

Les risques cachés dans le financement de l'IA

Lors d'une conférence intitulée "Financing the AI Revolution" organisée lundi, des investisseurs et banquiers spécialisés dans l'IA ont été interrogés sur les risques cachés du marché actuel. Après un silence gêné, Martin Fichtner, responsable des investissements technologiques pour le fonds souverain singapourien Temasek, basé à San Francisco, a évoqué la "dérivée seconde" de la demande : non pas un ralentissement de la croissance, mais un simple fléchissement de son accélération suffirait à inquiéter les marchés. Son confrère Jim Prusko, gestionnaire de portefeuille senior chez Magnetar, a de son côté cité le risque réglementaire et les pressions politiques croissantes contre les centres de données américains comme menaces concrètes au déploiement de l'infrastructure IA. Magnetar est l'un des principaux soutiens financiers de CoreWeave, développeur de data centers, dont le vice-président au développement Nick Robbins reconnaît lui-même une tension permanente entre l'offre et la demande, notant que l'entreprise "ne peut pas lever des capitaux assez vite pour suivre la demande." Ces risques ne sont pas théoriques : deux scénarios se déroulent déjà sous les yeux des investisseurs. Anthropic a récemment relevé ses tarifs à un niveau tel que les coûts pour certains clients pourraient doubler, voire tripler selon certaines estimations. Dans un contexte où de nombreuses entreprises n'ont pas encore mesuré de gains concrets liés à l'IA, cette hausse fragilise leur appétit pour des dépenses importantes. Parallèlement, The Information rapporte chez OpenAI des objectifs manqués, une instabilité au niveau de la direction et une croissance décevante, une série de révélations qui a suffi à faire chuter les cours en bourse d'Oracle et de CoreWeave, deux acteurs ayant parié massivement sur la croissance de l'entreprise. L'enthousiasme reste néanmoins dominant : des dizaines de milliards de dollars ont afflué vers des acteurs comme Anthropic et OpenAI, portés par l'amélioration spectaculaire des modèles et une demande commerciale en forte hausse. Des introductions en bourse sont attendues pour ces deux sociétés ainsi que pour SpaceX. Mais l'histoire des booms technologiques enseigne que les investisseurs ont tendance à anticiper la réalité. Le vrai risque n'est pas l'éclatement d'une bulle, mais les déséquilibres ponctuels inhérents à toute ruée vers une technologie de rupture : lorsque l'offre finira par dépasser la demande chez certains opérateurs très endettés comme CoreWeave et ses concurrents, la correction pourrait être sévère pour les entreprises concernées et leurs créanciers. Les signaux d'alerte existent, même si peu d'investisseurs sont prêts à les nommer publiquement.

UELes hausses de tarifs d'Anthropic et les risques de correction du marché de l'infrastructure IA pourraient renchérir le coût des solutions IA pour les entreprises européennes et freiner leur adoption.

BusinessOpinion
1 source
Le partenariat OpenAI-Apple se dégrade
3The Information AI 

Le partenariat OpenAI-Apple se dégrade

OpenAI envisage des poursuites judiciaires contre Apple pour rupture de contrat, selon un employé de la startup au fait du dossier. Le litige porte sur l'accord d'intégration de ChatGPT conclu avec le fabricant de l'iPhone, annoncé il y a deux ans lors de la WWDC 2024. La source indique qu'OpenAI tente depuis plusieurs mois de renouer le dialogue avec Apple, mais se heurte à un manque manifeste d'engagement de la part du géant californien. La société préférerait éviter le tribunal, mais n'exclut pas cette option si Apple refuse de montrer une volonté réelle de coopérer. L'affaire est significative car elle fragilise l'un des partenariats les plus médiatisés de l'ère ChatGPT. L'intégration de ChatGPT dans Apple Intelligence devait permettre aux utilisateurs d'iPhone, d'iPad et de Mac d'accéder au modèle d'OpenAI directement via Siri pour les requêtes complexes, touchant potentiellement des centaines de millions d'appareils dans le monde. Un conflit juridique entre ces deux acteurs pourrait compromettre cette intégration et forcer Apple à trouver une alternative, tout en envoyant un signal d'alarme aux autres entreprises technologiques qui cherchent à s'allier avec Cupertino. Ce n'est pas la première fois qu'Apple se retrouve en position d'accusé dans un conflit avec un partenaire de haut rang, mais il est rare qu'une entreprise aussi visible rende publiques ses menaces juridiques avant même de déposer une plainte. Apple est historiquement connu pour ses pratiques commerciales strictes et ses conditions d'accès à l'écosystème iOS, ce qui a déjà alimenté des tensions avec des développeurs et des régulateurs. Pour OpenAI, dont le modèle économique repose en partie sur la distribution via des plateformes tierces, perdre ou dégrader ce canal d'accès à des milliards d'utilisateurs Apple représenterait un revers stratégique non négligeable, alors que la concurrence avec Google, Meta et Anthropic s'intensifie.

UEDes centaines de millions d'utilisateurs européens risquent de perdre l'accès natif à un assistant IA génératif sur leurs smartphones, illustrant la dépendance du marché européen aux décisions stratégiques des plateformes technologiques américaines.

💬 Apple qui laisse mourir un accord signé en grande pompe il y a deux ans, c'est du classique Cupertino. Ce qui change, c'est qu'OpenAI joue la menace publique avant même de déposer plainte, signe qu'il ne reste plus grand-chose à négocier en coulisses. Perdre ce canal vers des milliards d'iPhones au moment où Google et Meta accélèrent, ça va laisser des traces.

BusinessActu
1 source
La force de Palantir sur les prix de l'IA
4The Information AI 

La force de Palantir sur les prix de l'IA

Palantir publie ses résultats trimestriels ce lundi, dans un contexte de forte attention portée aux valorisations des éditeurs de logiciels. La semaine précédente, Google, Microsoft et Amazon ont confirmé que l'intelligence artificielle continue d'alimenter leurs revenus cloud, propulsant les indices boursiers à des niveaux records vendredi. Palantir, spécialisée dans l'analyse et l'intégration de grandes masses de données pour des clients gouvernementaux et privés, voit pourtant son titre perdre près de 20 % depuis le début de l'année 2026, alors que le Nasdaq Composite progressait de 8 % sur la même période. Ces résultats seront scrutés de près car ils permettront de déterminer si l'IA peut également soutenir les valorisations des logiciels d'entreprise, un segment en net recul. Les actions de Salesforce, ServiceNow, SAP et HubSpot ont toutes cédé du terrain sous la pression d'une même crainte : les outils d'IA générative développés par Anthropic et OpenAI pourraient réduire structurellement la demande pour leurs plateformes, en automatisant des tâches autrefois réservées à leurs logiciels et potentiellement des milliards de dollars de revenus récurrents. La montée en puissance des grands modèles de langage remet en cause le modèle économique des éditeurs traditionnels, qui facturent des licences pour des fonctions que ces outils commencent à assumer directement. ServiceNow présentera ses propres résultats dans la foulée de Palantir cette semaine, offrant un deuxième test de la résilience du secteur. La question centrale pour les investisseurs est désormais de savoir si des acteurs comme Palantir sauront positionner l'IA comme un vecteur de croissance plutôt que d'en subir la concurrence frontale.

UESAP, acteur européen majeur du logiciel d'entreprise, voit sa valorisation fragilisée par la montée des LLMs, ce qui pourrait peser sur les revenus et l'emploi du secteur logiciel en Europe.

BusinessOpinion
1 source

Recevez l'essentiel de l'IA chaque jour

Une sélection éditoriale quotidienne, sans bruit. Directement dans votre boîte mail.

Recevez l'essentiel de l'IA chaque jour

Gratuit · 1 email le matin, rédigé par un humain · désinscription en un clic