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Les accords d’entreprise abordant la question de l’IA se multiplient
SociétéLe Monde Pixels · 1 min de lecture

Les accords d’entreprise abordant la question de l’IA se multiplient

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Le dialogue social autour de l'intelligence artificielle s'accélère en France. Le nombre d'accords d'entreprise mentionnant l'IA a quasiment doublé entre 2024 et 2025, signe que les partenaires sociaux prennent de plus en plus la mesure des transformations en cours dans le monde du travail.

Ce phénomène touche en particulier trois secteurs en première ligne de la révolution numérique : la finance, l'industrie et le secteur de l'information et de la communication. Ces branches concentrent les usages les plus avancés des outils d'IA, qu'il s'agisse d'automatisation des processus, d'aide à la décision ou de génération de contenu, ce qui en fait naturellement des terrains de négociation prioritaires entre directions et syndicats.

Ce qui ressort clairement de cette dynamique, c'est la montée en puissance de la question de l'emploi au sein de ces textes. Les accords ne se limitent plus à encadrer l'usage des outils : ils abordent de plus en plus directement les conséquences sur les métiers, les reconversions, la formation et les conditions de travail. Cette évolution reflète une prise de conscience collective que l'IA ne se déploie pas dans un vide social, et que ses effets sur les effectifs et les compétences doivent être anticipés par la négociation.

La tendance devrait se confirmer dans les prochains mois, à mesure que les entreprises accélèrent leurs déploiements et que les obligations légales de consultation des instances représentatives du personnel se précisent. Le cadre réglementaire européen, notamment l'AI Act, pourrait également pousser davantage d'entreprises à formaliser leurs pratiques par voie d'accord collectif.

Impact France/UE

La multiplication des accords d'entreprise sur l'IA en France reflète une adaptation du dialogue social aux transformations du marché du travail, avec des implications directes pour les salariés et les DRH français.

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En mai 2026, plusieurs cérémonies de remise de diplômes aux États-Unis ont été le théâtre de protestations inattendues contre l'intelligence artificielle. Gloria Caulfield, vice-présidente des alliances stratégiques du groupe Tavistock, a été huée par des étudiants en sciences humaines de l'Université du Centre de la Floride (UCF) dès qu'elle a qualifié l'IA de « prochaine révolution industrielle ». Des cris comme « AI sucks » ont parcouru la salle, avant que les mêmes étudiants l'applaudissent lorsqu'elle a reconnu que l'IA était absente de leurs vies il y a encore quelques années. Peu après, Eric Schmidt, ancien PDG de Google, a subi le même accueil à l'Université d'Arizona, où il avait pourtant été invité pour son « leadership extraordinaire dans les avancées technologiques ». En France, le cofondateur de Loopsider Johan Jufnagel, relayé par le journaliste David Carzon dans la newsletter Hupster, a témoigné ce 19 mai du refus d'étudiants en journalisme de recourir à l'IA dans leur formation. Un sondage Gallup d'avril 2026 confirme l'ampleur du phénomène : près d'un tiers des Américains de 14 à 29 ans déclarent que l'IA les « énerve », soit 9 points de plus qu'en 2025, tandis que l'enthousiasme pour la technologie a chuté de 36 % à 22 % en un an. Ce rejet traduit une fracture générationnelle concrète autour de l'IA. La génération Z, qui entre aujourd'hui sur le marché du travail, est directement exposée à la menace de substitution dans des secteurs comme le journalisme, la communication ou les métiers créatifs. Cette défiance ne se limite pas aux symboles : une enquête de Workplace Intelligence menée auprès de 2 400 employés et dirigeants en Europe, au Royaume-Uni et aux États-Unis révèle que 29 % des salariés admettent saboter activement les systèmes d'IA de leur entreprise, en injectant des données propriétaires dans des modèles grand public, en utilisant des outils non autorisés, ou en laissant délibérément des résultats de mauvaise qualité sans les corriger. L'acceptabilité sociale du déploiement accéléré de l'IA devient un enjeu opérationnel réel pour les entreprises, au-delà de la communication. Ces protestations s'inscrivent dans un contexte de déploiement massif de l'IA générative depuis 2023, sans que les sociétés aient eu le temps d'en négocier collectivement les termes. Schmidt lui-même a admis devant ses auditeurs que leur génération « hérite d'un bazar qu'elle n'a pas créé », entre emplois menacés, dérèglement climatique et fractures politiques. Si les dirigeants tech continuent de présenter l'IA comme une opportunité incontournable, le fossé avec une partie croissante de la population se creuse. Le phénomène, parfois comparé à un « véganisme de l'IA », dessine une résistance structurée qui pourrait peser sur les politiques d'adoption en entreprise, les régulations à venir, et la façon dont les institutions, universités en tête, intégreront ces outils dans les prochaines années.

UEEn France, des étudiants en journalisme refusent déjà d'utiliser l'IA dans leur formation, et une enquête menée en Europe révèle que 29 % des salariés sabotent activement les outils IA de leur entreprise, posant un risque opérationnel concret pour les déploiements en cours.

💬 Les 29% de salariés qui sabotent activement les outils IA dans leur boîte, c'est le chiffre à retenir, pas les huées en amphi. Ce rejet n'est pas irrationnel : la Gen Z subit de plein fouet la substitution dans les métiers créatifs, personne ne leur a demandé leur avis, et on leur vend la chose comme une "prochaine révolution industrielle" par des executives bien à l'abri de la substitution. Reste à voir comment les équipes tech vont déployer leurs outils quand un tiers des utilisateurs travaillent activement contre eux.

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