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Anthropic impose la vérification d'identité, mettant en difficulté les fondateurs chinois
RégulationThe Information AI · 1 min de lecture

Anthropic impose la vérification d'identité, mettant en difficulté les fondateurs chinois

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Anthropic a discrètement commencé à exiger de certains clients une pièce d'identité officielle avec photo ainsi qu'une image d'eux-mêmes prise depuis leur téléphone ou webcam. Cette politique, annoncée la semaine dernière, vise à empêcher les utilisateurs situés dans des pays considérés comme adversaires des États-Unis, principalement la Chine, la Russie et la Corée du Nord, d'accéder à ses modèles d'intelligence artificielle de pointe. Un cofondateur d'une startup de développement d'applications IA basée à Pékin a ainsi vu son accès à Claude Code coupé brutalement dans la foulée de cette annonce, sans explication officielle directe. Faute d'alternative, il s'est tourné dès le week-end vers Codex, le service de codage assisté d'OpenAI.

Cette décision illustre le durcissement progressif des restrictions d'accès aux outils d'IA américains pour les acteurs chinois. Jusqu'ici, de nombreuses entreprises chinoises, grands groupes technologiques comme startups, contournaient les restrictions officielles d'Anthropic pour accéder à Claude, faisant de la Chine un marché de fait malgré son exclusion formelle. La vérification d'identité par document officiel rend ce contournement beaucoup plus difficile, ce qui pourrait priver des centaines de développeurs et d'entreprises chinoises d'un outil devenu central dans leurs workflows de programmation et de développement produit.

Cette mesure s'inscrit dans une série de dispositions prises par Anthropic au cours de l'année écoulée pour se conformer aux orientations géopolitiques américaines en matière d'exportation technologique. OpenAI applique les mêmes restrictions géographiques mais n'impose pas encore de vérification d'identité formelle, ce qui lui confère un avantage pratique auprès des utilisateurs affectés. La tension entre l'expansion commerciale mondiale des laboratoires d'IA américains et les impératifs de sécurité nationale devrait continuer à façonner l'accès aux modèles les plus avancés, avec des conséquences directes pour les écosystèmes d'innovation en dehors des marchés autorisés.

💬 L'analyse de Mathieu

Anthropic fait le ménage, et ça va faire mal à pas mal de devs. La vérification d'identité par selfie, c'est brutal mais cohérent avec la direction que prennent tous les labos américains depuis un an. OpenAI va suivre, c'est juste une question de mois.

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Depuis la semaine dernière, Anthropic exige de certains de ses abonnés une vérification d'identité avec pièce officielle avec photo avant de continuer à utiliser Claude. Sans détailler publiquement les critères exacts, la société américaine confirme au site The Information que la mesure vise à bloquer l'accès commercial depuis des pays considérés comme adversaires des États-Unis, notamment la Chine, la Russie et la Corée du Nord. Anthropic invoque des raisons de sécurité nationale et indique que son équipe chargée des garde-fous « applique activement ces règles » et « prend des mesures contre les comptes en infraction ». Pour l'instant, la vérification ne touche pas l'ensemble des utilisateurs chinois, mais ses effets se font déjà sentir chez les startups qui ont bâti leur activité sur l'API Claude. Sur Idle Fish, la marketplace entre particuliers du groupe Alibaba, des vendeurs proposent déjà des contournements : comptes Claude Code préenregistrés, accès à des comptes existants, ou vente de pièces d'identité étrangères. Cette décision illustre la montée en puissance des considérations géopolitiques dans l'industrie de l'IA. Anthropic rejoint ainsi OpenAI, qui restreint déjà l'accès à ChatGPT dans plusieurs pays et exclut officiellement la Chine, la Russie et la Corée du Nord de sa liste de territoires autorisés, sans toutefois avoir mis en place à ce jour de vérification d'identité formelle. Pour les entreprises technologiques chinoises qui s'appuyaient sur Claude, cette coupure représente une rupture opérationnelle réelle, les forçant soit à migrer vers d'autres modèles, soit à adopter des pratiques de contournement risquées. Plus largement, ce type de restriction tend à accélérer la fragmentation du paysage mondial de l'IA entre blocs technologiques distincts. Ce blocage s'inscrit dans un contexte de tensions croissantes entre Washington et Pékin autour des technologies d'intelligence artificielle, qui fait suite aux restrictions déjà en vigueur sur l'exportation de semi-conducteurs américains avancés vers la Chine. Ces limitations ont poussé des acteurs comme Huawei et Baidu à intensifier le développement de leurs propres puces dédiées à l'IA. La même logique s'applique aux modèles de langage : coupée des outils américains les plus performants, la Chine a accéléré la construction de ses propres alternatives, dont la plus spectaculaire reste l'émergence de DeepSeek début 2025, qui a surpris l'ensemble de l'industrie par ses capacités. Si les restrictions d'Anthropic venaient à se généraliser ou à se durcir, elles pourraient paradoxalement renforcer l'écosystème IA chinois en lui donnant une raison supplémentaire de ne plus dépendre des modèles occidentaux.

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Le 13 juin 2026, un ordre gouvernemental américain a mis hors ligne deux des modèles d'intelligence artificielle les plus puissants d'Anthropic, Fable 5 et Mythos 5, pour tous les utilisateurs étrangers dans le monde entier, y compris, brièvement, les employés d'Anthropic eux-mêmes nés à l'étranger. La directive, signée par le secrétaire au Commerce Howard Lutnick et adressée au PDG Dario Amodei, ordonnait la suspension de tout accès par des ressortissants étrangers, qu'ils se trouvent aux États-Unis ou non. La rapidité de l'opération a frappé les esprits : Fable 5 avait été mis à disposition du grand public le 9 juin, quatre jours seulement avant d'être désactivé. Anthropic a reçu la lettre d'injonction à 17h21 le 12 juin et, faute de pouvoir filtrer ses utilisateurs par nationalité en temps réel, a dû "abruptement couper" l'accès à l'ensemble de sa clientèle pour se conformer à l'ordre. Au coeur du litige se trouve une méthode de contournement des garde-fous de sécurité de Fable 5, ce que l'on appelle un "jailbreak". Washington avance que cette faille permettrait d'accéder à des informations susceptibles d'aider des cyberattaques, une accusation renforcée selon le Wall Street Journal par Andy Jassy, PDG d'Amazon et l'un des principaux investisseurs d'Anthropic, qui aurait alerté le secrétaire au Trésor Scott Bessent après que des chercheurs d'Amazon ont reproduit le problème. Anthropic conteste la gravité du risque, affirmant que la technique en question se limite à une capacité d'examen de code déjà présente chez des modèles concurrents, dont GPT-5.5 d'OpenAI. David Sacks, co-président du conseil scientifique de la Maison-Blanche, a publiquement contredit cette version sur X, affirmant que l'administration avait demandé à Amodei de corriger la vulnérabilité ou de retirer le modèle, et qu'Amodei avait refusé. L'affaire a déclenché une onde de choc en Europe et au Canada, ravivant les inquiétudes sur la souveraineté numérique et la dépendance à des infrastructures d'IA contrôlées par le gouvernement américain. Cette crise ne surgit pas du néant. Le conflit entre Anthropic et Washington s'est cristallisé plus tôt en 2026, lorsque l'entreprise a refusé que ses technologies soient utilisées à des fins de surveillance de masse ou pour des systèmes d'armes entièrement autonomes, suscitant la colère du secrétaire à la Défense Pete Hegseth. Donald Trump avait alors ordonné à chaque agence fédérale de cesser d'utiliser les produits d'Anthropic, et Hegseth avait désigné la société comme un "risque pour la chaîne d'approvisionnement de la sécurité nationale". Fable 5 était lui-même le dérivé grand public d'une famille de modèles plus puissants, les modèles de classe Mythos, développés depuis avril 2026 dans le cadre du programme à accès restreint Project Glasswing. L'épisode illustre de façon brutale une réalité que beaucoup d'acteurs internationaux préféraient ignorer : le droit américain peut couper l'accès à des outils devenus infrastructures critiques, du jour au lendemain, sans préavis.

UELes entreprises et utilisateurs européens ont perdu l'accès aux modèles d'Anthropic du jour au lendemain sans préavis, illustrant concrètement leur dépendance à des infrastructures IA sous contrôle juridique américain et relançant en urgence les débats sur la souveraineté numérique au sein de l'UE.

💬 Quatre jours entre le lancement de Fable 5 et sa désactivation forcée, sur la base d'un jailbreak qu'Anthropic conteste elle-même. C'est exactement le scénario que les partisans de la souveraineté numérique décrivaient depuis des années, mais là c'est réel, une lettre à 17h21 et l'accès coupé pour toute la planète sans préavis ni recours. Espérons que ça suffira à déclencher autre chose qu'un rapport de commission.

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L'administration Trump a annoncé vendredi soir une décision interdisant de facto les modèles les plus avancés d'Anthropic, invoquant des préoccupations de cybersécurité. La mesure, dans laquelle Amazon CEO Andy Jassy aurait joué un rôle déclencheur, frappe notamment Claude Mythos, le modèle phare de la startup fondée par Dario Amodei. Ce qui surprend autant que la décision elle-même, c'est le silence assourdissant qui l'accompagne du côté des rivaux. En février dernier, lors d'une précédente friction avec l'administration, des figures de l'industrie comme Sam Altman s'étaient rapidement portées à la défense d'Anthropic. Cette fois, pas un mot. Des employés d'OpenAI et d'autres laboratoires concurrents indiquent ouvertement avoir moins de sympathie pour Anthropic dans cette situation. Leur raisonnement est simple : c'est Anthropic elle-même qui a multiplié les avertissements publics sur les capacités et les dangers potentiels de Claude Mythos, et qui a activement plaidé en faveur d'une réglementation fédérale plus agressive de l'IA. En adoptant ce discours alarmiste, la startup a fourni aux autorités les arguments mêmes qui servent aujourd'hui à justifier des restrictions. La réaction du gouvernement, si elle paraît sévère, n'est pas totalement illogique au regard des déclarations d'Anthropic elle-même. Dario Amodei avait encore publié la semaine dernière un billet dans lequel il comparait la lenteur de la politique en matière d'IA à Sylvebarbe, le personnage du Seigneur des Anneaux, implorant une action gouvernementale plus rapide. L'ironie est cruelle : l'administration a effectivement accéléré, mais pas dans le sens espéré. Cette situation révèle la tension structurelle dans laquelle se trouve Anthropic, tiraillée entre son ambition commerciale et son positionnement comme voix morale de la sécurité de l'IA. Jouer la carte des risques existentiels pour obtenir des règles favorables peut se retourner contre soi, surtout quand les autorités prennent ces risques au pied de la lettre.

💬 Anthropic a construit toute sa crédibilité sur "nos modèles sont dangereux, réglez-les", et voilà qu'on les règle. La logique est difficile à contester depuis l'intérieur. Le silence des concurrents, lui, dit tout.

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Le Pentagone fait appel de la décision suspendant la mise sur liste noire d'Anthropic
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Le Pentagone fait appel de la décision suspendant la mise sur liste noire d'Anthropic

Le Pentagone a fait appel jeudi d'une décision de justice qui suspendait provisoirement sa désignation d'Anthropic comme risque pour la chaîne d'approvisionnement. La juge fédérale Rita Lin avait accordé la semaine précédente une injonction préliminaire en faveur d'Anthropic, assortie d'un délai administratif de sept jours laissant au Département de la Défense le temps de porter l'affaire devant une juridiction supérieure. Cet appel était largement anticipé. L'enjeu est considérable pour Anthropic : une désignation officielle comme risque pour la chaîne d'approvisionnement par le Pentagone pourrait exclure la startup de nombreux contrats fédéraux et freiner ses ambitions sur le marché gouvernemental américain, un secteur en pleine expansion pour les fournisseurs d'IA. Cette classification affecterait également la réputation commerciale de l'entreprise auprès d'autres clients institutionnels. Cette affaire s'inscrit dans un contexte de tensions croissantes entre l'administration américaine et certains acteurs de l'IA, dans un moment où Washington cherche à encadrer ses dépendances technologiques stratégiques. Anthropic, fondé en 2021 par d'anciens cadres d'OpenAI et valorisé à plusieurs dizaines de milliards de dollars, se retrouve ainsi au coeur d'un bras de fer juridique et politique qui illustre les enjeux géopolitiques entourant désormais le développement de l'intelligence artificielle.

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