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SociétéNumerama · 1 min de lecture

IA, accélération, mutations : Jérémy Clédat (Welcome to the Jungle) nous livre sa vision du futur du travail

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Jérémy Clédat, fondateur et CEO de Welcome to the Jungle, a annoncé au salon Go Entrepreneurs à Paris qu'il avait passé une année entière à refondre en profondeur sa plateforme de recrutement, l'une des références du marché français. Cette nouvelle suite, dont le déploiement est imminent, intègre l'intelligence artificielle au coeur des processus de mise en relation entre candidats et employeurs. Welcome to the Jungle, fondée en 2015, compte aujourd'hui plusieurs millions d'utilisateurs et s'est imposée comme une alternative au modèle LinkedIn en misant sur la marque employeur et la culture d'entreprise.

Pour Clédat, l'IA ne se contente pas d'automatiser des tâches : elle redéfinit la nature même des métiers. Les entreprises qui tardent à intégrer ces outils risquent de perdre en compétitivité face à des organisations plus agiles, capables de produire davantage avec des équipes réduites. L'impact touche également l'éducation, où les compétences enseignées aujourd'hui pourraient être obsolètes d'ici cinq ans, posant une question structurelle sur la formation des nouvelles générations.

Welcome to the Jungle s'inscrit dans une vague de transformation profonde des plateformes RH, contraintes de repenser leur valeur ajoutée à l'heure où l'IA peut générer des offres d'emploi, trier des CV et conduire des entretiens préliminaires. Clédat, en prenant une année pour reconstruire son produit plutôt que d'y greffer des fonctionnalités à la hâte, parie sur une intégration cohérente plutôt que cosmétique. La question qui reste ouverte est celle du sens du travail dans un monde où la frontière entre tâche humaine et tâche automatisée s'efface progressivement.

Impact France/UE

Welcome to the Jungle, plateforme de recrutement française de référence avec plusieurs millions d'utilisateurs, intègre l'IA au cœur de ses processus RH, avec un impact direct sur le marché de l'emploi et les pratiques de recrutement en France.

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1Microsoft Research 

L'IA accélère les mutations du travail, mais les bénéfices restent inégaux

Microsoft a publié la nouvelle édition de son rapport annuel "New Future of Work", qui analyse en profondeur comment l'intelligence artificielle transforme le monde du travail. Cette année, le constat est particulièrement tranché : l'IA générative ne se contente plus d'automatiser des tâches isolées, elle s'intègre désormais dans les processus de création, de décision et de collaboration. Les données d'adoption sont significatives, en Allemagne, 38 % des actifs interrogés déclarent utiliser l'IA dans leur travail, mais les écarts restent importants selon les secteurs et les profils. Les hommes déclarent recourir à ces outils professionnellement plus souvent que les femmes, et les pays à hauts revenus dominent encore l'usage global, même si la croissance la plus rapide s'observe dans les régions à revenus faibles et intermédiaires. Ce rapport marque un tournant conceptuel important : l'IA n'est plus présentée comme un simple accélérateur de productivité, mais comme un partenaire de travail actif. Les organisations qui l'abordent sous cet angle enregistrent les gains les plus substantiels. Le rôle des travailleurs évolue en conséquence : il ne s'agit plus seulement d'exécuter des tâches, mais de guider, critiquer et améliorer le travail produit par les systèmes d'IA. Cette bascule amplifie l'importance de l'expertise humaine plutôt qu'elle ne la diminue. En revanche, l'adoption inégale crée des risques structurels : ceux qui maîtrisent ces outils accèdent à de meilleures opportunités d'apprentissage, de productivité et d'évolution de carrière, creusant potentiellement l'écart avec ceux qui restent à l'écart. Le rapport souligne aussi que lorsque les modèles ne supportent pas les langues locales, les utilisateurs basculent vers l'anglais pour obtenir des résultats fiables, un vecteur de fracture supplémentaire si les investissements dans le multilingue n'augmentent pas. Ce rapport s'inscrit dans une série publiée depuis cinq ans par les chercheurs de Microsoft, qui documentent les mutations du travail à partir d'analyses à grande échelle, d'études de terrain et de travaux théoriques. Les éditions précédentes se concentraient sur la montée du télétravail et l'automatisation des tâches répétitives ; cette année, le passage à l'IA générative accélère brutalement la trajectoire. Le message central est délibérément volontariste : l'avenir du travail n'est pas prédéterminé, il se construit par les choix des individus, les normes des équipes et les systèmes que les organisations décident d'adopter. La question qui se pose désormais à l'ensemble de l'industrie est de savoir comment concevoir et déployer des outils d'IA qui élargissent les opportunités plutôt que de les concentrer, un enjeu qui dépasse largement le seul périmètre technologique pour toucher à l'éducation, à la politique industrielle et aux standards de développement des modèles.

UELes inégalités d'adoption documentées et les barrières linguistiques des modèles IA concernent directement les travailleurs et entreprises européens, avec un enjeu structurel fort pour la France sur la formation et le développement de modèles multilingues.

SociétéOpinion
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A VIVATECH, quatre visions du futur se sont affrontées
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A VIVATECH, quatre visions du futur se sont affrontées

VivaTech 2026, le grand salon technologique parisien, a rassemblé cette année entrepreneurs, investisseurs et chercheurs autour d'une thématique envahissante : l'intelligence artificielle. Mais si l'IA occupait chaque stand, chaque pitch et chaque discours institutionnel, c'est un sentiment inattendu qui a dominé les échanges, une fatigue croissante face à l'AI washing, cette tendance à apposer l'étiquette "intelligence artificielle" sur des produits et projets qui n'en justifient pas toujours le titre. Quatre visions distinctes du futur se sont affrontées lors de ces journées, révélant des fractures profondes sur la direction que doit prendre le secteur. Ce clivage a une signification concrète pour l'industrie : quand les acteurs eux-mêmes peinent à distinguer les vraies innovations des effets d'annonce, la confiance des clients et des financeurs s'érode. L'IA washing ne nuit pas seulement à la crédibilité individuelle des entreprises, il brouille les signaux pour les investisseurs qui cherchent à financer des projets à impact réel, et retarde l'adoption des solutions véritablement transformatrices. VivaTech incarne depuis sa création en 2016 la vitrine de la tech européenne, portée notamment par les groupes Les Échos et Publicis. L'édition 2026 s'inscrit dans un contexte de consolidation du marché de l'IA, après des années de croissance effrénée des valorisations. La multiplication des grandes conférences mondiales, NeurIPS, CES, Google I/O, crée une pression narrative permanente sur les entreprises pour afficher leur "tournant IA", même lorsque la réalité produit ne suit pas encore.

UEVivaTech, salon parisien porté par Les Échos et Publicis, cristallise le débat européen sur l'AI washing, qui érode directement la confiance des investisseurs et ralentit l'adoption des solutions IA réellement transformatrices en France et en Europe.

💬 Ce que je retiens de VivaTech 2026, c'est pas les annonces, c'est la fatigue. Quand les acteurs eux-mêmes peinent à distinguer le vrai de l'habillage, les investisseurs n'ont plus de signaux fiables, et ce sont les projets à impact réel qui en pâtissent. L'AI washing ne tue pas l'IA, il tue la confiance, et c'est beaucoup plus lent à reconstruire.

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The Download : l'IA comme collègue de travail et l'internet stratosphérique
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The Download : l'IA comme collègue de travail et l'internet stratosphérique

Une étude menée par Emma Wiles, professeure à l'Université de Boston, révèle un effet contre-intuitif dans l'adoption des agents d'IA en entreprise : lorsque les salariés perçoivent un outil d'IA comme un "collègue" plutôt que comme un simple logiciel, ils commettent davantage d'erreurs. Concrètement, les managers de l'étude détectaient 18 % moins d'erreurs quand le travail était attribué à un "employé IA" nommé et doté d'un titre, comparé à la même tâche présentée comme le résultat d'un chatbot. Cette découverte arrive à un moment critique : Microsoft, OpenAI, Anthropic et Google ont tous lancé des plateformes de gestion d'équipes d'agents IA, présentés comme des "collègues numériques" avec des noms, des rôles définis et des responsabilités formelles. En parallèle, la société Sceye, basée au Nouveau-Mexique, s'apprête dès août 2026 à déployer un appareil stratosphérique de 60 mètres de long au-dessus du Pacifique, pour atterrir au large du Japon à 18 kilomètres d'altitude et y diffuser un signal 5G directement vers les appareils au sol. L'étude sur les agents IA soulève une question fondamentale pour les organisations qui misent sur l'automatisation : l'anthropomorphisation des outils numériques ne booste pas la productivité, elle la dégrade. En attribuant une identité humaine à un outil, les entreprises induisent chez leurs employés une confiance excessive qui diminue leur vigilance critique, précisément là où elle est la plus nécessaire. Côté connectivité, la plateforme de Sceye appartient à la famille des HAPS (High-Altitude Platform Stations), une technologie qui promet de couvrir des zones inaccessibles aux satellites basse orbite comme Starlink ou aux tours 5G terrestres. Un test concluant ouvrirait la voie à une concurrence stratosphérique directe avec SpaceX sur les marchés insulaires et ruraux. Ces deux actualités s'inscrivent dans un contexte de reconfiguration rapide du marché du travail et des infrastructures numériques. Du côté de l'IA en entreprise, la tendance à "humaniser" les agents répond à une stratégie marketing délibérée des grandes tech, mais les premières preuves empiriques suggèrent qu'elle produit l'effet inverse de celui recherché. Ford vient d'ailleurs de réembaucher des ingénieurs humains après que l'IA a échoué à maintenir ses standards de contrôle qualité. Sur le plan réglementaire, le sénateur américain Mark Warner prépare un texte de loi encadrant les permissions et la vérification des agents IA, tandis que la Chambre des représentants a adopté une législation sur la sécurité des mineurs en ligne. Sceye, de son côté, n'est pas seul sur le marché des HAPS : plusieurs entreprises se disputent cette niche stratosphérique qui pourrait devenir le prochain terrain de jeu des géants des télécoms dans la décennie à venir.

UELes entreprises européennes qui déploient des agents IA anthropomorphisés sont directement exposées au risque de vigilance réduite documenté par cette étude, un angle que l'AI Act n'encadre pas encore explicitement.

💬 Le résultat de cette étude est brutal : donner un prénom à un agent IA suffit à faire baisser la vigilance des équipes de 18%. Et c'est exactement ce que Microsoft, OpenAI et Google sont en train de vendre à plein tube aux grandes entreprises, à grands renforts de "collègues numériques" avec fiches de poste et organigrammes. On ne fabrique pas de la confiance en humanisant un outil, on fabrique de l'inattention.

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Chez Meta, la bascule vers l’IA entraîne une « merdification » des conditions de travail
4Next INpact 

Chez Meta, la bascule vers l’IA entraîne une « merdification » des conditions de travail

Meta a engagé depuis avril 2026 une transformation radicale de ses conditions de travail qui bouleverse profondément sa culture d'entreprise. L'entreprise de Mark Zuckerberg a annoncé coup sur coup la surveillance généralisée des interactions de ses 78 000 salariés avec leurs ordinateurs, les données collectées servant à entraîner ses modèles d'IA, le licenciement de 8 000 d'entre eux, et la réassignation forcée de 7 000 autres vers des postes d'étiquetage de données, une tâche manuelle et répétitive considérée comme l'opposé du travail d'ingénierie créatif. Tout cela alors que le chiffre d'affaires de Meta progressait de 33 % en un an, soulignant que ces coupes ne répondent pas à une crise financière. L'impact sur les ingénieurs est brutal et symboliquement fort. Selon plusieurs employés qui se sont confiés à Gergely Orosz, auteur de The Pragmatic Engineer, l'une des newsletters tech les plus lues sur Substack et lui-même ancien ingénieur chez Skype et Uber, la direction traite désormais ses ingénieurs comme un "centre de coût" là où ils étaient auparavant considérés comme un "centre de profit". Ce glissement de perception transforme concrètement les conditions de travail : moins d'autonomie dans le choix des affectations, dévalorisation des compétences techniques au profit de tâches d'annotation, et sentiment généralisé que l'entreprise démantèle méthodiquement une culture d'ingénierie qui avait fait ses preuves depuis vingt ans. Un nombre croissant d'ingénieurs envisageraient de quitter Meta. Cette rupture s'inscrit dans une trajectoire longue et une impasse stratégique. Pendant ses deux premières décennies, Meta avait construit une culture d'ingénierie exceptionnelle, d'abord sous le mantra "move fast and break things", puis dans une version plus mature intégrant la stabilité d'infrastructure, tout en laissant ses ingénieurs choisir librement leurs projets. Mais contrairement à Apple, Google, Microsoft ou Amazon, Meta n'a jamais réussi à s'imposer sur le matériel ni sur les systèmes d'exploitation. Pour compenser, l'entreprise a misé des dizaines de milliards sur le métavers : sa filiale Reality Labs a accumulé 70 milliards de dollars de pertes depuis 2020, avant de licencier 1 500 personnes en janvier 2026 et de pivoter vers l'IA. C'est ce pivot forcé qui explique la logique actuelle : utiliser massivement les ingénieurs restants comme producteurs de données d'entraînement, quitte à sacrifier la culture qui avait fait la force de l'entreprise.

UELa surveillance généralisée des interactions informatiques des 78 000 salariés de Meta soulève des questions concrètes de conformité au RGPD pour les filiales européennes de l'entreprise.

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