Mistral AI a bouclé mardi 8 septembre une levée de fonds de 3 milliards d'euros, portant sa valorisation à plus de 21 milliards d'euros - le plus gros tour de table jamais réalisé par une entreprise technologique européenne. Trois ans à peine après sa création en avril 2023 par Arthur Mensch, Guillaume Lample et Timothée Lacroix, la pépite française mise sur les modèles ouverts (open-weight) pour s'imposer dans l'IA d'entreprise sécurisée. L'opération a été menée par le sud-coréen Samsung, preuve que l'appétit pour une alternative européenne à OpenAI ne faiblit pas.
Du côté d'OpenAI justement, Astra - premier modèle de la future famille GPT-6 - impressionne et inquiète à la fois. Dévoilé mardi, il a bouclé les 48 niveaux du CAPTCHA « I'm Not a Robot » créé par Neal Agarwal, décroché le meilleur score jamais enregistré sur le benchmark ARC-AGI-3, et arrive ce mercredi en disponibilité générale sur Amazon Bedrock. Un utilisateur affirme même avoir consommé 4 milliards de tokens en un week-end sans obtenir de résultat exploitable : la puissance affichée a un coût bien réel.
Le même mardi, le directeur scientifique d'OpenAI a lui-même tiré la sonnette d'alarme, admettant que « personne n'est préparé » à la vitesse des progrès de l'IA, notamment en cybersécurité, où les garde-fous internes peinent selon lui à suivre le rythme. L'aveu tombe alors qu'OpenAI vient aussi de confier l'analyse d'une cyberattaque ayant visé Hugging Face à des équipes sans réelle expérience en sécurité, illustrant le décalage qu'il pointe du doigt. Résumé de la journée : les milliards affluent chez Mistral, un modèle OpenAI vient de tromper les tests censés démasquer les machines, et l'un des architectes de cette même IA avoue ne pas savoir où elle mène - la course à la puissance et celle à la maîtrise n'avancent décidément pas au même rythme.