Des chercheurs de Stanford menés par Samuel H. King ont publié le 6 août dans la revue Science les résultats d'une expérience où Evo 2, un modèle de langage génomique, a généré les séquences complètes de 16 bactériophages viables, des virus capables d'infecter des bactéries. Pour François Rousset, chercheur au CNRS, ce « ChatGPT de l'ADN » a « un potentiel énorme », ouvrant la voie à une conception assistée par IA d'organismes entiers.
DeepSeek, de son côté, a fait sortir son modèle V4-Pro de sa phase de test pour le déployer en version stable, tout en publiant Harness v0.1, son logiciel d'agents, sous licence MIT open source. La société chinoise en profite pour relever les tarifs de son API, notamment sur les cache hits, signe que la guerre des prix entre modèles ouverts trouve elle aussi ses limites.
Chez OpenAI, en revanche, l'ambiance est plus tendue : l'entreprise a annoncé début août qu'elle ne pouvait plus exclure que son futur modèle Astra atteigne le niveau « Critical » de son propre Preparedness Framework, le seuil de risque le plus élevé en cybersécurité. Reste une question inédite : qui a l'autorité pour arrêter le déploiement d'un système que son propre créateur juge potentiellement dangereux ? Trois signaux d'une même semaine, donc : que ce soit pour concevoir des organismes vivants, coder des agents ou évaluer ses propres risques, l'IA générative avance désormais plus vite que les cadres censés l'encadrer.