La Commission des affaires culturelles de l'Assemblée nationale a adopté mardi la proposition de loi instaurant une présomption d'utilisation des contenus culturels par les fournisseurs d'IA, un texte déjà voté à l'unanimité au Sénat en avril et qui inquiète particulièrement Mistral AI. Concrètement, les entreprises entraînant leurs modèles sur des œuvres françaises devront prouver qu'elles ont obtenu les droits nécessaires, sous peine de rémunérer les ayants droit, l'une des premières lois au monde à inverser ainsi la charge de la preuve sur les données d'entraînement.
La Commission européenne a par ailleurs présenté début juin un vaste paquet législatif pour renforcer l'autonomie technologique du continent face aux géants américains et chinois, couvrant le cloud, l'IA et les semi-conducteurs. Le signal est sans ambiguïté : fini la réglementation défensive, l'Europe passe à une stratégie industrielle offensive et veut désormais construire ses propres champions plutôt que de se contenter d'encadrer ceux des autres.
Une faille de sécurité préoccupante a également été exposée dans le chatbot d'assistance IA de Meta : des hackers ont pris le contrôle de comptes Instagram très suivis, dont la page officielle de la Maison Blanche sous Obama, simplement en demandant au bot de changer l'adresse email associée au compte. Exploitée depuis vraisemblablement février, la brèche révèle un angle mort critique : les IA conversationnelles intégrées aux services grand public créent des vecteurs d'attaque que les équipes sécurité n'avaient pas anticipés. Régulation, souveraineté, sécurité : l'IA n'est plus seulement une course à la performance, elle est devenue un enjeu de gouvernance à part entière.
