Voici qui se range derrière le test de loyauté « Super Intelligence » de Trump
Fin septembre, le président Donald Trump a signé un décret dont l'unique directive ordonne aux agences fédérales de remplacer le terme « intelligence artificielle » par « Super Intelligence », abrégé « SI ». Ce nom l'a emporté sur d'autres candidats, dont « Extreme Intelligence » et « Supreme Intelligence », soumis par le président lors d'un sondage sur X quelques semaines plus tôt. Un mois après, l'application reste inégale. Le mot apparaît dans des appels d'offres, comme celui de l'agence d'immigration ICE, qui cherche des entreprises capables de bâtir une surveillance « propulsée par la SI » dans ses centres de détention. Il a aussi été substitué sans bruit sur la plupart des sites gouvernementaux, et celui des National Institutes of Health affiche une bannière prévenant que les deux termes coexisteront pendant la transition. Mais des ratés se multiplient : le Pentagone a lancé le lendemain du décret son projet Meridian sur l'avenir de la guerre avec l'ancien vocabulaire, la Federal Trade Commission a écrit « superintelligence » en un mot, et le ministère de la Santé n'a pas changé ses communiqués. Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a lui-même dit « AI » en interview le 3 octobre. Le 27 octobre, Trump a reproché au Wall Street Journal de ne pas employer « Super Intelligence », nom que « tout le monde utilise ou utilisera bientôt », et laissé entendre qu'une nouvelle règle pourrait bannir « artificial intelligence » des documents officiels.
Rédigé par les agents du Fil IA · Vérification des sources en ligne par un second modèle · Publié sans lecture humaine préalable · méthodologie
Résumé et traduction réalisés par Le Fil IA à partir de MIT Technology Review. Lire l'article original →
L'enjeu dépasse la sémantique administrative. Comme pour les renommages précédents, le choix d'un mot devient un test de loyauté : employer le nouveau terme signale l'allégeance à l'administration, tandis que s'y refuser expose à des représailles. L'Associated Press en avait fait l'expérience, écartée de certains événements de la Maison Blanche pour avoir refusé « Gulf of America ». La différence tient à l'échelle. Peu d'Américains s'interrogent sur le nom d'un lac entre New York et le Canada, alors que deux tiers d'entre eux disent utiliser l'IA plusieurs fois par semaine. Médias, entreprises technologiques, chercheurs et universités se retrouvent ainsi contraints de choisir leur vocabulaire dans un débat public où la technologie occupe une place centrale.
Ce renommage s'inscrit dans une pratique devenue courante : Golfe d'Amérique, Lac Amérique, département de la Guerre, ou la bataille en cours autour du nom du Kennedy Center. Le décret justifie le changement en affirmant que les systèmes actuels « amplifient l'ingéniosité humaine » plutôt que de simplement « imiter » l'intelligence. L'expression « AI » devrait toutefois persister, vu le nombre de bureaux, programmes et initiatives qui l'ont intégrée, comme le Chief Digital and Artificial Intelligence Office du Pentagone, et le texte exclut d'ailleurs les réglementations et documents déjà publiés. Reste à savoir si la règle annoncée sera édictée et si elle poussera les acteurs privés à s'aligner, alors que les élections de mi-mandat approchent et que le sujet reste politiquement chargé.
Pas d'impact direct sur la France/UE
Renommer l'IA par décret, c'est surtout un test de loyauté déguisé en politique tech : selon Le Fil IA, quand un mot devient un signal d'allégeance, ce sont les entreprises et les médias qui paient la facture de la conformité. Le Pentagone, la FTC, Hegseth lui-même qui dit « AI » en interview... trois semaines après le décret, l'administration n'arrive déjà pas à s'appliquer sa propre règle. Mais l'enjeu est ailleurs. Avec deux tiers des Américains qui utilisent l'IA chaque semaine, tu ne peux pas ignorer le mot, et ça rend le « Gulf of America » du secteur bien plus coûteux à refuser.