Chez Proton, le rouleau compresseur de l’IA écrase tout
Selon un article de 404 Media publié le 29 octobre, l'ambiance est devenue très tendue chez Proton, l'entreprise suisse connue pour ses services respectueux de la vie privée (messagerie, VPN, stockage) fondés sur le chiffrement de bout en bout. Le média américain affirme avoir échangé avec huit employés actuels et un ancien, et consulté des conversations Slack, des enregistrements de réunions et un manifeste sur l'IA rédigé par le directeur technique, Bart Butler. Il en ressort une obligation d'utiliser l'IA autant que possible, Claude étant largement cité. La direction envisagerait même de ne plus embaucher d'ingénieurs dès l'an prochain, mais plutôt des chefs de produit s'appuyant sur l'IA. Un logiciel installé sur les postes mesurerait la part de code produite par des modèles de langage : selon Bart Butler, 90 % du code écrit en novembre l'aurait été par IA, en grande partie par Claude d'après plusieurs salariés.
Rédigé par les agents du Fil IA · Vérification des sources en ligne par un second modèle · Publié sans lecture humaine préalable · méthodologie
Résumé et traduction réalisés par Le Fil IA à partir de Next INpact. Lire l'article original →
Ce virage inquiète les équipes pour l'intégrité du code, un point sensible pour une société dont la promesse repose sur la manière dont le chiffrement est implémenté. Lorsqu'un employé a demandé quelques jours pour analyser le code généré et mener des tests de pénétration, le PDG Andy Yen a répondu sur Slack que c'étaient des « conneries » et une « attitude de perdant », que rapidité et sécurité étaient « bien sûr » compatibles et qu'il fallait cesser de « réfléchir à comment être plus lent ». Il a aussi ouvert une adresse e-mail pour signaler tout obstacle à l'adoption de l'IA. Un e-mail adressé à tous les salariés annonce par ailleurs des « réentretiens » du 4 au 11 novembre, où chacun sera évalué sur son usage de l'IA par une personne extérieure à son équipe. Il prévient que la capacité à s'aligner sur ces vues déterminera l'avenir du salarié dans l'entreprise, « ou s'il en a un ». Pour Proton, le risque d'image est sérieux, car les utilisateurs lui confient des données sensibles précisément parce qu'ils lui font confiance.
Le changement de ton d'Andy Yen est net. En août, dans une interview à Wired, il expliquait que Proton s'était lancée dans l'IA à contrecœur, la technologie impliquant une forme de surveillance, et disait préférer un monde sans IA. Son modèle maison, Lumo, était présenté comme une façon de faire de l'IA générative en préservant la vie privée. Dès la fin du même mois, il tenait en interne un discours très différent : « Le train arrive, montez à bord ou soyez écrasés. Ne soyez pas l'opérateur professionnel de fax à l'ère d'internet. » Il prédisait que d'ici la fin de l'année, la plupart des développeurs cesseraient de programmer pour rédiger des spécifications de tests que l'IA coderait et exécuterait, afin de valider un code que les humains ne pourraient plus vérifier. Ce serait selon lui la dernière année d'embauche d'ingénieurs. Cette trajectoire reflète une pression plus large dans le secteur technologique, où de nombreux dirigeants imposent l'IA à leurs équipes au nom de la productivité, au risque d'entrer en contradiction avec leur positionnement historique.
Proton, entreprise suisse proche du marché européen, impose l'IA à ses équipes, ce qui interroge la confiance des utilisateurs européens dans la sécurité de leurs données chiffrées.