L’humain, goulot d’étranglement des gains de productivité par l’IA
Le 24 octobre, Torsten Slok, économiste en chef du gestionnaire d'actifs Apollo Global Management, a publié dans sa lettre quotidienne The Daily Spark un billet qui conclut que l'intelligence artificielle n'a produit aucun gain financier mesurable pour les entreprises américaines hors du secteur technologique. Son analyse repose sur cinq constats. Le chiffre d'affaires par salarié progresse pour les sept grandes valeurs technologiques surnommées « Mag 7 » (Alphabet, Amazon, Apple, Meta, Microsoft, NVIDIA et Tesla), mais stagne pour les 493 autres sociétés du S&P 500. Les marges bénéficiaires montrent la même divergence. La productivité globale des facteurs, mesurée avec la série corrigée du taux d'utilisation de la Fed de San Francisco, ne s'accélère pas. Enfin, les dépenses d'IA sont très concentrées et en partie circulaires. Apollo n'est pas un observateur extérieur : en janvier 2026, ses fonds ont mené un financement de 3,5 milliards de dollars pour des processeurs GB200 de NVIDIA loués à une filiale de xAI.
Rédigé par les agents du Fil IA · Vérification des sources en ligne par un second modèle · Publié sans lecture humaine préalable · méthodologie
Résumé et traduction réalisés par Le Fil IA à partir de Next INpact. Lire l'article original →
Pour Slok, tant que les dépenses en IA agentique et en tokens resteront cantonnées à une petite partie de l'économie, les effets macroéconomiques demeureront très limités. Les entreprises soutenues par le capital-risque consomment de plus en plus de tokens, mais l'entreprise américaine grand public n'a pas besoin du dernier modèle et refuse de le payer. L'économiste explique ce décalage par la nature même du travail en entreprise : l'IA serait « une excellente calculatrice », mais l'intelligence en entreprise relève surtout du jugement, donc du contexte. Responsabilité, confiance, culture, règles non écrites, arbitrages éthiques : autant de facteurs qui façonnent le risque réputationnel, puis les revenus et les marges, et que l'IA ne saisit pas. Selon lui, l'histoire de l'IA se jouera dans le « S&P 493 », alors qu'elle se lit pour l'instant surtout dans l'investissement et les valorisations.
Ce diagnostic rejoint des constats du New York Times publiés le 10 octobre. La journaliste Sarah Kessler s'y demandait pourquoi, si l'IA devait anéantir des tâches inutiles et rendre des professions obsolètes, on ne le voit pas sur le terrain. Elle citait une enquête auprès de 6 000 cadres supérieurs, dont 90 % jugeaient que l'IA n'avait eu aucun impact sur l'emploi ni sur la productivité, ainsi qu'une remarque antérieure de Slok pour qui le rendement productif de l'IA « reste une prévision plutôt qu'une observation ». Le quotidien avance deux explications. La première est que les entreprises ont besoin de temps pour adapter leurs processus. La seconde, plus complexe, touche au facteur humain, qui fait office de goulot d'étranglement, par exemple à travers le temps consacré à vérifier les productions des modèles. Le débat s'inscrit dans les craintes d'une bulle alimentées par les contrats croisés entre NVIDIA, OpenAI et leurs partenaires, et par l'écart entre les dépenses annoncées par les dirigeants du secteur et leurs appels à lever le pied.
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