Musk vante l'essor du cloud de SpaceX et une possible fusion avec Tesla
SpaceX a présenté ses résultats trimestriels devant ses actionnaires, et deux annonces ont dominé l'appel. La première concerne sa division « SI » (superintelligence), qui regroupe le réseau social X, la plateforme d'agents Grok et un service d'infrastructure cloud que l'entreprise commence à louer à des clients extérieurs comme Anthropic. Son chiffre d'affaires du troisième trimestre a presque triplé, à 7,56 milliards de dollars, ce qui en fait la plus grande activité du groupe. La division est passée d'une perte opérationnelle de 1,26 milliard de dollars au deuxième trimestre à un bénéfice opérationnel de 431 millions. L'action a gagné près de 7 % en séance après la clôture. Elon Musk a affirmé que l'entreprise était « harcelée sans relâche par tous les hyperscalers et par des dizaines de petites sociétés » pour louer davantage de puissance de calcul, qu'elle pourrait « louer plusieurs fois » si elle disait oui à tout le monde. Le directeur financier, Bret Johnsen, a qualifié la demande d'« extraordinaire » et assuré qu'aux tarifs actuels, les nouveaux centres de données sont rentabilisés en moins d'un an après leur mise en service.
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Sur le projet de fusion avec Tesla, Musk a indiqué que les deux sociétés avaient constitué des comités spéciaux pour l'examiner et qu'il s'en était lui-même retiré, puisqu'il dirige les deux groupes. Cela ne l'a pas empêché de déclarer qu'il y voyait « beaucoup d'intérêt », tout en rappelant qu'un accord exigerait l'approbation des actionnaires, non garantie. Selon lui, croire la fusion certaine serait « exagéré ». Les investisseurs de Musk ayant tendance à le suivre, il est probable qu'il mobilise sa plateforme X pour les convaincre si le projet avance.
Ces chiffres montrent que l'infrastructure d'IA devient, chez SpaceX, une source de revenus à part entière, au-delà de l'usage interne pour ses propres modèles. Une récupération de l'investissement en moins d'un an, si elle se confirme, renforcerait l'argument en faveur de nouvelles constructions massives de centres de données et placerait l'entreprise en concurrence directe avec les grands acteurs du cloud. Pour les actionnaires de Tesla et de SpaceX, une fusion redessinerait le contrôle de deux des sociétés les plus valorisées de la tech, avec des questions de gouvernance évidentes tant que le même dirigeant se trouve des deux côtés de la table.
Le contexte est celui d'une ruée vers la puissance de calcul, où la demande des laboratoires d'IA dépasse l'offre disponible. Ailleurs, Netflix a publié son plus faible rythme de croissance trimestrielle depuis trois ans, avec un chiffre d'affaires en hausse de 11,8 % à 12,87 milliards de dollars, et prévoit 11,5 % pour le quatrième trimestre. Son action a reculé de 5 % après la clôture. Cette annonce suit de moins d'une semaine le licenciement d'environ 1 000 salariés, soit 6 % des effectifs, dont la directrice des contenus Bela Bajaria et le responsable du cinéma David Lin, signe que les coDG Ted Sarandos et Greg Peters veulent revoir leur stratégie de films et de séries. Enfin, selon un projet de prospectus d'introduction en Bourse, Anthropic aurait enregistré une perte nette de plus de 80 milliards de dollars au premier semestre.
Pas d'impact direct sur la France/UE