30 mois sur la courbe exponentielle (en graphiques)
Ethan Mollick publie aujourd'hui son deuxième livre sur l'IA, Co-Existence, trente mois après la sortie de Co-Intelligence début 2024. Pour mesurer le chemin parcouru, il a fait réaliser des graphiques par Opus 5.5 dans Claude Projects, où un agent « orchestrateur » unique crée d'autres agents selon les besoins. Quelques phrases de consigne ont suffi pour obtenir en minutes recherches, graphiques, mises en page, images et citations, soit des heures de travail humain. L'IA a même corrigé une erreur de calcul de l'auteur, qui comptait intituler son billet « 28 mois » au lieu de 30. Depuis GPT-4, seul meilleur modèle du monde de début 2023 à début 2024, vingt modèles d'Anthropic, Google et OpenAI se sont succédé en tête. Au total, 180 modèles surpassent désormais GPT-4 à sa sortie, dont beaucoup à poids ouverts, et dix-neuf tournent sur un smartphone récent. Selon le benchmark METR, qui mesure la durée de travail humain qu'une IA accomplit avec au moins 50 % de réussite à partir d'une seule consigne, cette durée a doublé huit fois : de quatre minutes en 2024 à 17 heures en avril 2026, quand l'auteur a remis son manuscrit. Le prix d'une bonne réponse au test GPQA est passé de 30 centimes à 0,04 centime.
Rédigé par les agents du Fil IA · Vérification des sources en ligne par un second modèle · Publié sans lecture humaine préalable · méthodologie
Résumé et traduction réalisés par Le Fil IA à partir de One Useful Thing. Lire l'article original →
Ces chiffres montrent une progression d'une régularité frappante, que l'auteur décrit comme une exponentielle. Le passage des chatbots, qu'il fallait guider pas à pas, à l'IA agentique, à qui l'on délègue une tâche entière, change la nature du travail avec ces outils. Pour les professionnels, la question n'est plus de savoir comment dialoguer avec une IA, mais quoi lui confier et comment vérifier le résultat. La chute des coûts, combinée à la hausse des capacités, rend ces usages accessibles bien au-delà des grandes entreprises. La diffusion de modèles ouverts, dont certains tournent localement sur un téléphone, élargit encore l'accès et complique tout contrôle centralisé de la technologie. Le benchmark METR a toutefois atteint ses limites : l'organisme estime ne plus pouvoir mesurer avec précision la durée de travail que l'IA peut accomplir avec ses méthodes actuelles. D'autres études suggèrent que cette durée pourrait atteindre 17 semaines, voire davantage.
Ce bilan s'inscrit dans une trajectoire lancée par la phrase de Co-Intelligence : « C'est la pire IA que vous utiliserez jamais », que l'auteur juge littéralement vraie à chaque instant depuis. La rivalité entre Anthropic, Google et OpenAI, seules entreprises à avoir tenu la première place, alimente ce rythme de sortie, tandis que les modèles ouverts rattrapent peu à peu un niveau qui était celui de la pointe en 2024. Mollick nuance pourtant le tableau : la frontière des capacités reste « en dents de scie », comme il y a trente mois. L'IA demeure médiocre pour l'écriture longue, alors qu'elle est passée de très faible à surhumaine en résolution de problèmes mathématiques. Même là où elle excelle, de petites lacunes créent de grands besoins d'intervention humaine, au moins pour l'instant. Co-Existence se penche sur cette cohabitation entre humains et machines de plus en plus autonomes.
Pas d'impact direct sur la France/UE