Pour Linus Torvalds, le code généré par IA est légitime, à condition de savoir le lire
Linus Torvalds estime que le code généré par intelligence artificielle est parfaitement légitime dans le noyau Linux, à condition que celui qui le soumet sache le lire et comprenne le fonctionnement du noyau. Le débat a démarré en juillet 2025, quand Sasha Levin, développeur chez NVIDIA et co-mainteneur des versions LTS, a proposé de marquer les contributions produites par des LLM avec une étiquette « Co-developed-by », devenue ensuite « Assisted-by ». Adoptée au Maintainers Summit de fin 2025, malgré les doutes déjà exprimés par Torvalds, elle a été formalisée dans un document coding-assistants.rst intégré au noyau 7.0. Au fil de 2026, Torvalds a refusé que la documentation prenne parti, puis s'est emporté en mai contre la multiplication de rapports de bugs automatiques de mauvaise qualité. En juillet, à propos de Sashiko, le service de Google qui relit automatiquement la liste de diffusion du noyau, il a rappelé que les mainteneurs jugent l'IA utile lorsqu'elle est bien employée et qu'il ne fallait pas rejeter ces rapports en bloc. Lors du Maintainers Summit de Prague, le 8 octobre, Jonathan Corbet (LWN.net) a rapporté que le noyau 7.3 compte 18 533 changements, dont 10 % portent la mention « Assisted-by », un chiffre sûrement très inférieur à la réalité.
Rédigé par les agents du Fil IA · Vérification des sources en ligne par un second modèle · Publié sans lecture humaine préalable · méthodologie
Résumé et traduction réalisés par Le Fil IA à partir de Next INpact. Lire l'article original →
Ces chiffres montrent que l'assistance par IA est déjà installée dans le processus de développement du projet open source le plus critique du monde. Les candidates 6 et 7 du noyau 7.3 corrigent des centaines de bugs, alors qu'elles n'en traitent traditionnellement que quelques-uns à ce stade : cette « nouvelle normalité » suggère que les outils automatiques détectent et corrigent bien plus de défauts qu'avant. L'enjeu concerne aussi les mainteneurs, dont le temps de relecture est limité. Selon Torvalds, le problème ne vient pas des modèles mais d'utilisateurs, souvent de nouveaux contributeurs, qui ne savent ni s'en servir ni comment fonctionne le noyau. Il demande que leurs contributions reçoivent une faible priorité et que la communauté cesse de chercher à faciliter la contribution. Plusieurs développeurs ont indiqué avoir essayé de les encadrer, presque toujours en vain, faute d'écoute.
Cette position s'inscrit dans une crispation plus large du monde du libre face au « slop », ces contenus générés à la hâte et de faible qualité. L'équipe de FFmpeg avait déjà dénoncé les rapports de bugs produits sans discernement par des LLM. Pour certains, le code généré trahit l'esprit du libre, pour d'autres il ne pose aucun problème. Torvalds tranche en déplaçant la question de l'outil vers la responsabilité de l'humain qui signe le correctif. À Prague, les mainteneurs ont convenu que l'étiquette « Assisted-by » était désormais obsolète, ce qui en réduit l'intérêt puisque l'assistance devient la norme. Le développeur Laurent Pinchart s'y est toutefois opposé, ce qui relance la discussion, et Torvalds s'est de nouveau fâché. La suite dira si la communauté maintient ce marquage ou s'oriente vers une exigence centrée sur la compétence et la responsabilité des contributeurs.
Le noyau Linux étant utilisé par de nombreuses administrations et entreprises françaises et européennes, sa politique sur le code généré par IA influence indirectement leurs chaînes d'approvisionnement logicielles.