La justice autorise Trump à sanctionner Anthropic pour son refus d'activer certaines fonctions de Claude
Une cour d'appel fédérale américaine a validé, le 26 septembre 2026, la décision de l'administration Trump de placer sur liste noire des technologies d'Anthropic pour son refus d'activer certaines fonctionnalités d'intelligence artificielle militaire. Dans un arrêt rendu à 2 voix contre 1 par la Cour d'appel du circuit du District de Columbia, les juges ont estimé que le gouvernement américain avait le pouvoir de blacklister Anthropic même en l'absence d'intention malveillante de l'entreprise. Selon la décision, l'affaire "soulève des questions extrêmement difficiles sur les usages militaires appropriés d'une technologie nouvelle presque inimaginablement puissante". Le tribunal a débouté les recours d'Anthropic, jugeant que le secrétaire à la Défense Pete Hegseth n'avait outrepassé aucune limite de son autorité au titre du Supply Chain Security Act ni de la Constitution. Cette même cour avait déjà rejeté en avril une demande de sursis d'urgence formulée par Anthropic.
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Cette décision a une portée qui dépasse largement le cas d'Anthropic : elle confirme que l'exécutif américain dispose d'une large latitude pour contraindre les fournisseurs d'IA à adapter leurs modèles aux besoins militaires, sous peine d'exclusion des chaînes d'approvisionnement fédérales. Pour l'industrie technologique, le signal est clair : refuser de configurer un système d'IA selon les exigences du Pentagone peut désormais entraîner des sanctions commerciales validées par la justice, ce qui pourrait pousser d'autres entreprises d'IA à revoir leurs politiques d'usage militaire par crainte de représailles similaires. Pour les utilisateurs et clients de Claude, cela soulève des questions sur l'indépendance des garde-fous éthiques que l'entreprise a toujours mis en avant.
Le litige oppose deux visions du risque : Washington redoute des modèles trop bridés qui s'arrêteraient brutalement en pleine opération militaire critique, tandis qu'Anthropic met en garde contre des IA sans contraintes susceptibles d'halluciner des cibles inappropriées pour un usage de force létale. Les juges ont explicitement renvoyé cet arbitrage à Trump et Hegseth, refusant de trancher eux-mêmes la question technique et éthique. Cette affaire s'inscrit dans un contexte plus large de tensions entre les grandes entreprises d'IA, connues pour leurs positions prudentes sur l'usage militaire de leurs modèles, et une administration cherchant à intégrer rapidement l'IA générative dans ses capacités de défense. Anthropic pourrait encore chercher à porter l'affaire devant la Cour suprême.
Cette décision de justice américaine n'a pas d'effet juridique direct en France ou dans l'UE, mais pourrait nourrir le débat européen sur l'exclusion des usages militaires du champ de l'AI Act.