À l’ONU, les patrons de l’IA prennent place à la table des États, mais qui écrira les règles ?
Le 23 septembre 2026, le Conseil de sécurité des Nations unies a organisé une séance consacrée aux risques de l'intelligence artificielle, réunissant les dirigeants d'OpenAI, d'Anthropic et de Hugging Face face aux représentants des États membres. Plusieurs pays européens ont profité de cette tribune pour plaider en faveur d'un encadrement public renforcé de ces technologies, insistant sur la nécessité de soumettre les grands modèles d'IA à une supervision étatique plutôt qu'à une simple autorégulation des entreprises. Or, parmi les experts conviés à exposer leur analyse devant le Conseil, aucune entreprise européenne développant des modèles comparables à ceux d'OpenAI ou d'Anthropic n'a été invitée, pas plus qu'une institution de l'Union européenne.
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Cette absence pose une question de fond sur la gouvernance mondiale de l'IA : les acteurs qui façonnent aujourd'hui les règles du jeu, à l'ONU comme ailleurs, sont presque exclusivement des entreprises américaines, malgré les discours européens sur la souveraineté numérique. Pour l'industrie, ce déséquilibre illustre le risque que les futurs standards internationaux de sécurité de l'IA soient écrits par les mêmes groupes qui vendent ces technologies, sans contrepoids venu d'acteurs publics ou d'entreprises non américaines. Pour les citoyens et les régulateurs, cela interroge la légitimité d'un cadre normatif construit sans représentation équilibrée des différentes puissances technologiques.
Cet épisode s'inscrit dans une compétition plus large entre grandes puissances et grands groupes technologiques pour définir les normes de gouvernance de l'IA, alors que l'Union européenne peine à faire émerger des champions industriels capables de rivaliser avec les géants américains sur la scène diplomatique internationale.
Aucune entreprise ni institution européenne n'a été invitée à s'exprimer devant le Conseil de sécurité de l'ONU, illustrant l'absence de poids diplomatique de l'UE dans la gouvernance mondiale de l'IA malgré son discours sur la souveraineté numérique.