IA : NVIDIA a investi 99 milliards de dollars, pour l’essentiel chez ses clients
NVIDIA a déclaré ce trimestre un portefeuille d'investissements de 99 milliards de dollars, un montant qui a été multiplié par 14 en un an et par 45 en deux ans : la société ne détenait que 7 milliards de dollars de participations en juillet 2025, contre 2,2 milliards un an plus tôt. Ces sommes se répartissent en 48 milliards de dollars dans des entreprises cotées en bourse, 48 milliards dans des sociétés privées et 3 milliards comptabilisés selon la méthode de mise en équivalence. Côté participations publiques, NVIDIA détenait fin juin 2026 pour 30 milliards de dollars d'actions Intel et 21 milliards dans SpaceX, ainsi que des positions de 2 à 5 milliards de dollars dans CoreWeave, Coherent, Synopsys et Nokia. Du côté privé, l'entreprise a soutenu Nebius, concurrent de CoreWeave dans la location de capacité de calcul, ainsi que Lumentum et Marvell, spécialisées dans la photonique. Le laboratoire Thinking Machine Lab négocierait actuellement une levée de 6 milliards de dollars dont 2,5 milliards pourraient venir de NVIDIA. À cela s'ajoutent le rachat de Hugging Face pour 12,9 milliards de dollars et un soutien au crédit de 105 milliards de dollars pour permettre à OpenAI de construire un centre de données dans l'Ohio.
Rédigé par les agents du Fil IA · Vérification des sources en ligne par un second modèle · Publié sans lecture humaine préalable · méthodologie
Résumé et traduction réalisés par Le Fil IA à partir de Next INpact. Lire l'article original →
Cette stratégie fait de NVIDIA bien plus qu'un simple fournisseur de puces : l'entreprise finance désormais massivement les clients qui achètent ses propres processeurs, créant un circuit fermé où son argent revient in fine dans ses ventes de matériel. Pour la directrice financière Colette Kress, ce soutien est nécessaire car les besoins en calcul des laboratoires d'IA générative dépassent leurs capacités d'emprunt classiques, ce qui empêcherait sinon l'innovation de se poursuivre au rythme actuel. Mais cette centralité inquiète : elle donne à NVIDIA un pouvoir d'influence considérable sur l'orientation de toute l'industrie de l'IA, et alimente les craintes d'une bulle spéculative où la croissance affichée du secteur reposerait en partie sur des flux financiers internes plutôt que sur une demande organique.
Ces montages financiers s'inscrivent dans un contexte où les jeunes pousses de l'IA générative, souvent à peine sorties de leur phase de création, ont besoin de capitaux considérables pour accéder aux GPU nécessaires à l'entraînement de leurs modèles. Le capital-risque classique peine à suivre ce rythme, ce qui pousse des acteurs comme NVIDIA à devenir eux-mêmes investisseurs et créanciers. Cette situation attire des critiques de poids : Michael Burry, connu pour avoir anticipé la crise des subprimes, dénonce la pratique consistant à financer et investir dans ses propres clients, tandis que l'investisseur Mark Cuban a également exprimé des réserves. La question de savoir si ce modèle de croissance circulaire est soutenable, ou s'il prépare une correction brutale du secteur, reste ouverte.
Pas d'impact direct sur la France/UE, si ce n'est un risque indirect de contagion pour les investisseurs européens en cas de correction du marche de l'IA.
NVIDIA n'est plus un fournisseur de puces, c'est devenu le banquier de sa propre demande : 99 milliards investis chez ses clients, dont OpenAI et Intel, ça veut dire que la croissance affichée du secteur repose en partie sur l'argent de NVIDIA qui revient dans les caisses de NVIDIA. Sur le papier, Colette Kress a raison, le capital-risque classique ne suit plus le rythme des GPU. Mais quand Michael Burry sort l'artillerie subprimes pour qualifier le montage, faut se poser la question : est-ce qu'on mesure encore une vraie demande, ou juste la capacité de NVIDIA à se prêter de l'argent à elle-même.