Avant son lancement officiel, DLSS 5 apparaît dans la nature
Avant même son lancement officiel annoncé pour l'automne, la technologie DLSS 5 de NVIDIA a été repérée dans un jeu vidéo commercialisé. Une bibliothèque nommée nvngx_dlssnr.dll a été découverte dans NBA 2K27, disponible en accès anticipé sur PC depuis le 26 août chez EA. Ce fichier, identifié par le développeur Renan Maniero puis analysé par la communauté de moddeurs RenoDX, correspondrait à une version préliminaire du composant logiciel nécessaire à l'activation du rendu neuronal de DLSS 5. Des moddeurs ont déjà réussi à l'injecter dans d'autres jeux, comme Control et Cyberpunk 2077, avec des effets visibles sur le rendu des personnages : ombres, peau et cheveux. La bibliothèque embarque sept curseurs permettant de régler des paramètres tels que le style, l'intensité, le ton et le niveau de préservation des détails. La technologie ne fonctionne pour l'instant que sur les cartes graphiques Blackwell, c'est à dire les GeForce RTX de la série 50xx, conformément à ce que NVIDIA avait annoncé lors de la présentation officielle en mars dernier.
Résumé et traduction réalisés par Le Fil IA à partir de Next INpact. Lire l'article original →
Cette apparition anticipée relance une controverse née au printemps, quand NVIDIA avait présenté DLSS 5 comme un outil capable de faire basculer les jeux vidéo dans le photoréalisme. De nombreux joueurs y avaient vu un simple filtre de beauté généré par IA, susceptible d'altérer l'intention artistique originale des développeurs plutôt que de simplement améliorer la fluidité ou la netteté de l'image, comme le faisaient les versions précédentes du DLSS. Le directeur général de NVIDIA, Jensen Huang, avait dû monter au créneau pour défendre la technologie, affirmant d'abord que les critiques avaient tort avant de dire comprendre la polémique tout en maintenant le calendrier de sortie. L'enjeu dépasse le simple confort visuel : pour les studios comme pour les joueurs équipés de cartes RTX 50, il s'agit de savoir si l'IA générative va s'imposer comme un standard de rendu graphique sans dénaturer le travail des artistes.
Le coût en performances reste un point de friction majeur : selon les premiers tests non officiels, activer DLSS 5 ferait chuter le framerate d'environ moitié. Lors de sa démonstration en mars, NVIDIA utilisait des machines équipées de deux cartes RTX 5090, mais l'entreprise affirme avoir depuis optimisé la technologie pour fonctionner sur un seul GPU. Au SIGGRAPH, le rendez-vous annuel des professionnels du rendu graphique, NVIDIA a détaillé comment l'image produite par le moteur du jeu sert d'ancrage au modèle neuronal, dans le but affiché de préserver le style voulu par les créateurs plutôt que de l'imposer après coup.
Pas d'impact direct sur la France/UE
DLSS 5 qui fuite dans NBA 2K27 avant même sa sortie, ça confirme un truc simple : NVIDIA vend du photoréalisme, mais pour l'instant c'est un filtre qui coûte la moitié du framerate et qui tourne sur une seule génération de cartes. La vraie bataille n'est pas technique, elle est éditoriale, savoir si le rendu neuronal impose un style ou respecte l'intention des artistes, et pour l'instant seuls les moddeurs testent vraiment la réponse. Jensen Huang peut bien changer de discours trois fois, la question qui compte c'est celle que personne ne pose encore : qui décide du style visuel d'un jeu, le studio ou le modèle de NVIDIA ?